Spiramycine + métronidazole

Association macrolide (spiramycine) + nitro-imidazolé (métronidazole) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Spiramycine + métronidazole, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Association indiquée dans les infections de la sphère bucco-dentaire (abcès, cellulite, parodontite, péricoronarite, infection après soin ou avulsion). Ce n’est plus la référence : depuis la recommandation HAS de septembre 2026, l’amoxicilline seule est l’antibiotique de première intention en pratique bucco-dentaire, et une bithérapie d’emblée est réservée à des situations exceptionnelles (ostéite, sinusite maxillaire d’origine dentaire, certaines parodontites sévères, plaie très souillée ou morsure). L’antibiotique vient toujours en complément du geste du dentiste ; une douleur dentaire, le plus souvent inflammatoire, n’en justifie pas à elle seule. L’intérêt de l’association vient du couple de spectres : la spiramycine (macrolide) couvre une partie des germes aérobies de la flore buccale, le métronidazole (nitro-imidazolé) cible les anaérobies, très présents en bouche. À ne pas confondre avec le métronidazole seul, indiqué dans d’autres contextes (infections à anaérobies, gynécologiques, digestives, parasitoses).

Posologie

  • Adulte : la posologie dépend du dosage. Forme à 1,5 M UI/250 mg : le plus souvent 2 à 3 comprimés par jour, jusqu’à 4 dans les formes sévères. Forme à 750 000 UI/125 mg : 4 à 6 comprimés par jour, jusqu’à 8 dans les formes sévères. Toujours en 2 à 3 prises, au cours des repas.
  • Enfant (à partir de 6 ans) : uniquement la forme à 750 000 UI/125 mg, 2 comprimés par jour de 6 à 10 ans et 3 comprimés par jour de 10 à 15 ans ; la forme à 1,5 M UI/250 mg est réservée aux 15 ans et plus.
  • Modalités de prise : pendant les repas, avec un grand verre d’eau, sans croquer. Aller au bout de la durée prescrite, en général quelques jours.
  • Se référer au RCP de la spécialité délivrée pour le dosage exact et l’adaptation chez l’enfant ou en cas d’insuffisance hépatique.
Réflexe sécurité

Effet antabuse du métronidazole : zéro alcool pendant tout le traitement et au moins 48 h après la dernière prise. Sinon, réaction désagréable (bouffées de chaleur, rougeur du visage, nausées, vomissements, palpitations, vertiges). À dire systématiquement au comptoir, et penser aussi à l’alcool caché (sirops, certaines préparations, vin de cuisine).

Interactions

  • Médicaments torsadogènes (spiramycine) : association contre-indiquée avec l’hydroxyzine, la dompéridone, le citalopram, l’escitalopram, la méquitazine, l’amiodarone, le sotalol, la moxifloxacine et quelques autres antiarythmiques ; déconseillée avec les neuroleptiques torsadogènes (cyamémazine, halopéridol, amisulpride, tiapride…), la méthadone, l’hydroxychloroquine et le cotrimoxazole. Ces traitements sont fréquents : on vérifie le dossier avant chaque délivrance et on appelle le prescripteur en cas d’association.
  • Alcool : effet antabuse, l’interaction la plus parlante au comptoir. On le répète à chaque délivrance.
  • Anticoagulants oraux (AVK, type warfarine) : le métronidazole augmente leur effet et le risque de saignement. Précaution d’emploi : contrôles d’INR renforcés et adaptation éventuelle de la dose par le prescripteur.
  • Lithium : risque de majoration de la lithémie et de toxicité. Association à surveiller de près.
  • Disulfirame : risque de confusion et de troubles psychiques. Association déconseillée, ne pas enchaîner les deux.
  • Busulfan : le métronidazole augmente fortement l’exposition au busulfan et sa toxicité. Association déconseillée chez un patient traité par busulfan.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : l’utilisation peut être envisagée si elle est justifiée. Les données sur le métronidazole et la spiramycine sont rassurantes, sans signal malformatif particulier. En cas de doute, vérifier la fiche du CRAT et le RCP, et renvoyer au prescripteur.
  • Allaitement : les deux substances passent dans le lait. Le RCP de l’association recommande la prudence et l’évite généralement ; décision au cas par cas avec le médecin, en surveillant le nourrisson. Renvoyer au CRAT pour la conduite à tenir.

Conseils de comptoir

  • L’alcool, on en parle d’office, même si le patient n’a rien demandé : c’est le conseil qui peut éviter une mauvaise soirée et un appel paniqué.
  • Prévenir que les urines peuvent prendre une teinte brun-rouge plus foncée : c’est dû au métronidazole, c’est transitoire et sans gravité, inutile de s’inquiéter.
  • Tolérance digestive : nausées, goût métallique dans la bouche, parfois langue chargée. Prendre les comprimés pendant les repas limite la gêne.
  • Diarrhées possibles comme avec beaucoup d’antibiotiques : signaler si elles sont sévères ou persistantes.
  • Prendre le traitement sur toute la durée prescrite, désormais souvent courte, et recontacter le dentiste en l’absence d’amélioration à 48-72 h. Et rappeler que l’antibiotique ne remplace pas le soin : le rendez-vous chez le dentiste reste indispensable.
  • Déficit en G6PD connu au dossier : la spiramycine expose à une hémolyse, on prévient le prescripteur avant de délivrer. Signaler sans attendre des vertiges, une confusion, une démarche instable, des fourmillements ou un changement brutal du comportement : ce sont des effets neurologiques rares du métronidazole, qui imposent l’arrêt et un avis, et contre-indiquent la conduite.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient récupère son traitement pour un abcès dentaire et te glisse qu'il a un repas de famille bien arrosé ce week-end. Tu fais quoi ?
C'est le moment clé. Tu expliques l'effet antabuse du métronidazole : avec l'alcool, ça peut donner bouffées de chaleur, rougeur, nausées, vomissements, palpitations. La consigne, zéro alcool pendant tout le traitement et au moins 48 h après le dernier comprimé. Tu l'aides à se projeter sur les dates : mieux vaut anticiper que gâcher le repas ou couper le traitement.

Mémo

Pour retenir

Le métronidazole, c’est la molécule des 3 A : Alcool (effet antabuse, jamais d’alcool), AVK (saignement, surveiller l’INR), Anaérobies (sa cible, d’où la place en bouche). Et l’antibiotique ne soigne pas la dent : il calme l’infection en attendant le geste du dentiste.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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