Hydroxychloroquine

Antipaludéen de synthèse, immunomodulateur · Liste II · Voie orale
Boîte illustrative de Hydroxychloroquine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
Ta maîtriseSur cette molécule : à découvrir

L'essentiel

Traitement de fond utilisé surtout en rhumatologie et en médecine interne : lupus érythémateux (systémique et cutané) et polyarthrite rhumatoïde, plus rarement dans d’autres maladies auto-immunes. Historiquement antipaludéen, son action ici est immunomodulatrice, lente : le bénéfice s’installe sur plusieurs semaines à plusieurs mois. Au comptoir, c’est un traitement au long cours dont l’enjeu n’est pas l’effet immédiat mais l’observance et la surveillance ophtalmologique.

Posologie

  • Adulte : traitement d’entretien le plus souvent autour de 200 à 400 mg par jour, en 1 ou 2 prises. Pour limiter le risque oculaire, le RCP raisonne en mg/kg de poids idéal, et non de poids réel chez la personne en surpoids : une dose inférieure à 6,5 mg/kg/jour est considérée à faible risque.
  • Prise au cours d’un repas : améliore la tolérance digestive et limite les nausées.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : prudence et adaptation possible, l’élimination étant prolongée ; se référer au RCP et à l’avis du prescripteur.
  • Traitement de fond : on ne l’arrête pas de sa propre initiative, même en l’absence d’amélioration ressentie au début.
Réflexe sécurité

Le risque qui structure tout le suivi est la rétinopathie, toxicité oculaire cumulative et potentiellement irréversible, dont le risque augmente avec la dose et la durée du traitement. Un bilan ophtalmologique de référence est réalisé en début de traitement, puis une surveillance régulière est organisée. Au comptoir : encourager le respect de ces contrôles et orienter vers un avis en cas de trouble visuel (baisse de la vision, gêne à la lecture, perception des couleurs modifiée).

Interactions

  • Médicaments torsadogènes : association contre-indiquée avec l’hydroxyzine, la dompéridone, le citalopram, l’escitalopram et la pipéraquine (risque de torsades de pointes). Avec les autres médicaments qui allongent l’intervalle QT (certains antiarythmiques, antipsychotiques, antidépresseurs tricycliques, macrolides comme l’azithromycine, fluoroquinolones), l’association est déconseillée et se discute avec le prescripteur.
  • Autres immunosuppresseurs (méthotrexate, corticoïdes) : vigilance accrue lors d’associations en maladie auto-immune, selon le suivi biologique et le plan de surveillance mis en place par le prescripteur.
  • Antidiabétiques : l’hydroxychloroquine peut majorer l’effet hypoglycémiant ; à garder en tête chez un patient traité pour un diabète.
  • Antiacides : peuvent réduire l’absorption ; espacer les prises est une mesure simple à rappeler.
  • Toute association se valide sur le dossier et, au moindre doute, auprès du prescripteur : ce n’est pas une molécule anodine.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : une légère augmentation du risque de malformations a été observée après exposition au premier trimestre, surtout à 400 mg par jour ou plus. Le RCP réserve donc l’utilisation aux situations où le bénéfice l’emporte, à la dose efficace la plus faible ; dans le lupus, ce maintien est souvent jugé nécessaire par le spécialiste. Toute décision relève du prescripteur ; ne jamais conseiller un arrêt au comptoir.
  • Allaitement : contre-indiqué selon le RCP (passage dans le lait d’environ 2 % de la dose maternelle). Certaines sources spécialisées ont une position plus nuancée : la décision revient au prescripteur, on ne tranche pas au comptoir et on oriente vers lui ou vers le CRAT.

Conseils de comptoir

  • Insister sur la régularité : c’est un traitement de fond, l’effet est progressif et l’arrêt fait courir un risque de rechute de la maladie.
  • Rappeler l’importance du suivi ophtalmologique et inviter à ne pas le repousser : c’est la clé de la sécurité au long cours.
  • Prise pendant un repas pour limiter les troubles digestifs, fréquents en début de traitement et souvent transitoires.
  • Conservation hors de portée des enfants : un faible nombre de comprimés peut être dangereux chez le tout-petit, à signaler aux familles.
  • Devant tout signe inhabituel, orienter vers un avis médical plutôt que de banaliser : trouble visuel, malaise évoquant une hypoglycémie (possible même sans traitement du diabète), éruption cutanée étendue, changement d’humeur ou idées noires, surtout au cours du premier mois de traitement.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente sous hydroxychloroquine pour un lupus depuis trois mois te dit qu'elle ne sent aucune différence et pense arrêter. Tu réponds quoi ?
On ne valide surtout pas un arrêt spontané. C'est un traitement de fond : l'effet s'installe lentement, sur plusieurs semaines à plusieurs mois, et le bénéfice est aussi celui d'éviter les poussées qu'on ne « ressent » pas au quotidien. Dans le lupus en particulier, son maintien est souvent recommandé. Le bon réflexe : réexpliquer la temporalité du traitement, encourager la poursuite et l'observance, et renvoyer toute question d'arrêt vers le prescripteur.

Mémo

Pour retenir

Trois mots pour l’hydroxychloroquine : fond, yeux, patience. Traitement de fond qu’on ne lâche pas, surveillance des yeux (rétine) qui prime sur tout, et patience car l’effet met des semaines à venir.

À voir aussi

Antirhumatismaux de fond (DMARD synthétiques) :

Et dans la même aire (Rhumato) :

Toutes les fiches Rhumato →

Ta maîtriseMaintenant que tu as lu la fiche : à découvrir

Références bibliographiques

Consulter le RCP (nouvel onglet)
Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

Cette fiche t’a été utile ?

Retour anonyme, en un clic.