Adalimumab
L'essentiel
Biothérapie de fond ciblant le TNF alpha, médiateur clé de l’inflammation. Indiquée dans plusieurs maladies inflammatoires chroniques quand les traitements de première ligne ne suffisent plus : polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique, spondyloarthrite axiale, mais aussi psoriasis en plaques, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) et uvéites. C’est un anticorps monoclonal administré en injection sous-cutanée, le plus souvent à domicile par le patient lui-même (stylo ou seringue préremplie). Initiation hospitalière ou spécialisée ; au comptoir, on est surtout sur le renouvellement, l’accompagnement et la chaîne du froid.
Posologie
- Adulte (rhumatologie) : schéma usuel d’une injection sous-cutanée toutes les 2 semaines ; la dose et le rythme exacts dépendent de l’indication et de la réponse, toujours selon le RCP et la prescription du spécialiste.
- Autres indications : les schémas (dose de charge initiale, intervalle) varient selon la pathologie (dermatologie, gastro-entérologie, pédiatrie). Ne jamais transposer un schéma d’une indication à une autre.
- Enfant : certaines indications pédiatriques existent, avec une posologie rapportée au poids. Réservé au prescripteur spécialisé.
- Modalités : sortir le stylo ou la seringue du réfrigérateur 15 à 30 minutes avant l’injection pour le ramener à température ambiante (moins douloureux), ne jamais réchauffer autrement. Rotation des sites d’injection (cuisse, abdomen). Respecter la prescription pour l’intervalle entre deux injections.
Immunosuppresseur : le risque infectieux domine. Contre-indiqué en cas d’infection active, notamment tuberculose (un dépistage est obligatoire avant l’initiation). Devant toute fièvre, toux persistante ou infection qui traîne sous adalimumab, on oriente vers le médecin sans banaliser. Pas de vaccin vivant pendant le traitement.
Interactions
- Autres biothérapies / immunosuppresseurs puissants (anakinra, abatacept…) : association déconseillée, risque infectieux cumulé.
- Vaccins vivants atténués (fièvre jaune, ROR, varicelle, BCG…) : contre-indiqués pendant le traitement, risque de maladie vaccinale. Les vaccins inactivés (dont grippe et pneumocoque, recommandés) restent possibles.
- Méthotrexate : souvent associé volontairement en rhumatologie (il réduit l’immunogénicité de l’adalimumab) ; ce n’est pas une interaction à bloquer mais une co-prescription attendue.
- Anti-TNF entre eux : jamais deux anti-TNF en même temps. Bien repérer dans le dossier si le patient change de biothérapie (relais), pas de cumul.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : décision spécialisée au cas par cas, bénéfice/risque évalué par l’équipe qui suit la maladie inflammatoire. L’adalimumab traverse le placenta surtout au 3e trimestre, ce qui peut conduire à décaler certains vaccins vivants du nourrisson : on renvoie systématiquement au prescripteur, on ne tranche pas au comptoir.
- Allaitement : le passage dans le lait est très faible et l’absorption digestive par le nourrisson considérée comme négligeable ; l’allaitement est généralement jugé compatible, toujours sous validation de l’équipe spécialisée.
Conseils de comptoir
- Chaîne du froid : conservation entre +2 et +8 °C, jamais de congélation (un stylo congelé est à jeter). Transport en pochette isotherme à la délivrance, et on le rappelle au patient.
- Geste d’injection : rotation des points de piqûre, sortir le dispositif à l’avance pour limiter la douleur. Une rougeur ou une réaction locale transitoire au point d’injection est fréquente et bénigne ; on rassure tout en restant attentif.
- Surveillance partagée avec le prescripteur (bilan avant initiation, dépistage tuberculose et hépatites, suivi régulier) : l’officine relaie le message, ne se substitue pas au suivi spécialisé.
- Signaux à faire remonter sans tarder : fièvre, infection qui ne passe pas, symptômes neurologiques inhabituels, signes cutanés étendus. On écoute, on n’alarme pas, on oriente.
- Élimination du matériel : collecteur DASRI pour les aiguilles et dispositifs usagés, remis et repris en officine.
Teste-toi
Mémo
Trois mots clés pour l’adalimumab au comptoir : FROID (chaîne du froid stricte, jamais congelé), INFECTION (immunosuppresseur, dépistage tuberculose avant, fièvre = on oriente) et VIVANT (pas de vaccin vivant). Si l’un des trois s’allume dans la conversation, on lève le nez du comptoir.
À voir aussi
Anti-TNF alpha :
Et dans la même aire (Rhumato) :
Références bibliographiques
- RCP Adalimumab, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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