Citalopram

Antidépresseur ISRS (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Citalopram, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Antidépresseur de la famille des ISRS, indiqué dans les épisodes dépressifs majeurs et certains troubles anxieux (notamment le trouble panique). C’est l’un des ISRS les plus prescrits en ville, avec un profil de tolérance globalement maniable. Son énantiomère actif, l’escitalopram, est commercialisé séparément : à dose équivalente, il faut environ deux fois plus de citalopram que d’escitalopram. L’effet sur l’humeur ne s’installe qu’après deux à quatre semaines, un point clé à expliquer au comptoir.

Posologie

  • Adulte : instauration usuelle à 20 mg/jour en une prise, dose pouvant être augmentée jusqu’à un maximum de 40 mg/jour selon la réponse et la tolérance.
  • Sujet âgé (plus de 65 ans) : dose maximale réduite à 20 mg/jour (sensibilité accrue, risque cardiaque et hyponatrémie).
  • Insuffisance hépatique : dose maximale recommandée 20 mg/jour ; prudence et adaptation selon le terrain.
  • Modalités de prise : une prise par jour, à heure régulière, indifféremment au cours ou en dehors des repas ; gouttes ou comprimés selon la forme délivrée.
  • Arrêt : jamais brutal, toujours en diminution progressive sur plusieurs semaines pour limiter le syndrome de sevrage.
Réflexe sécurité

Le citalopram allonge l’intervalle QT de façon dose-dépendante : la dose maximale est plafonnée à 40 mg/jour chez l’adulte et à 20 mg/jour après 65 ans ou en cas d’insuffisance hépatique. Vigilance renforcée sur les associations à d’autres médicaments allongeant le QT et sur les terrains à risque (hypokaliémie, hypomagnésémie, bradycardie, cardiopathie). Une posologie au-delà de ces seuils sur l’ordonnance justifie un appel au prescripteur.

Interactions

  • IMAO : association contre-indiquée, risque de syndrome sérotoninergique potentiellement grave ; respecter un délai d’arrêt suffisant entre les deux traitements (se référer au RCP).
  • Autres sérotoninergiques (autres antidépresseurs, tramadol, triptans, lithium, millepertuis, linézolide) : risque cumulé de syndrome sérotoninergique, à repérer dès la délivrance.
  • Médicaments allongeant le QT (certains antiarythmiques, neuroleptiques, macrolides, méthadone) : majoration du risque de trouble du rythme.
  • Inhibiteurs du CYP2C19 (oméprazole, ésoméprazole, cimétidine) : augmentation des concentrations de citalopram, donc du risque lié au QT ; prudence à la co-délivrance, d’autant que les IPP sont très souvent associés.
  • AINS, aspirine, anticoagulants et antiagrégants : risque hémorragique accru, notamment digestif (les ISRS fragilisent l’hémostase plaquettaire).

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : ne pas arrêter un traitement efficace sans avis médical ; la décision se prend au cas par cas avec le prescripteur. Une exposition en fin de grossesse peut entraîner des signes transitoires d’adaptation chez le nouveau-né. Toujours se référer au CRAT et au RCP.
  • Allaitement : passage dans le lait en faible quantité ; possible selon la situation et l’avis médical, en surveillant le nourrisson (somnolence, prise alimentaire). Renvoyer vers le prescripteur ou le CRAT en cas de doute.

Conseils de comptoir

  • Prévenir que l’effet sur l’humeur met deux à quatre semaines à s’installer : c’est la phase où l’on abandonne le plus, alors qu’il faut tenir.
  • Les premiers jours peuvent s’accompagner de nausées, de troubles du sommeil ou d’une nervosité, souvent transitoires ; en parler plutôt que d’arrêter seul.
  • Ne jamais stopper brutalement : un arrêt non encadré expose à un syndrome de sevrage (vertiges, sensations de décharges, troubles de l’humeur). Le sevrage se fait par paliers décroissants.
  • Surveiller, surtout en début de traitement et chez le sujet jeune, toute aggravation de l’humeur ou idée noire, et orienter sans attendre vers le médecin.
  • Chez la personne âgée, penser à l’hyponatrémie (confusion, fatigue inhabituelle, chutes) : un signal à ne pas négliger.
  • Limiter l’alcool, qui majore la somnolence et n’aide en rien sur l’humeur.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente de 72 ans arrive avec une ordonnance de citalopram 40 mg par jour. Tu fais quoi ?
Après 65 ans, la dose maximale recommandée du citalopram est de 20 mg/jour, en raison du risque dose-dépendant d'allongement du QT et d'une sensibilité accrue. Un 40 mg sur l'ordonnance d'une personne de cet âge mérite un appel au prescripteur pour confirmer l'intention et tracer l'intervention. On ne dramatise pas devant la patiente, mais on ne délivre pas un surdosage sans vérifier.

Mémo

Pour retenir

Trois chiffres pour le citalopram : 40 (dose max adulte), 20 (dose max après 65 ans ou foie fragile), à cause du QT. Et un cousin à ne pas confondre : l’escitalopram est l’énantiomère actif du citalopram, environ deux fois plus puissant à dose égale.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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