Paroxétine

Antidépresseur ISRS · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Paroxétine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS), indiqué dans les épisodes dépressifs majeurs et plusieurs troubles anxieux : trouble panique, trouble anxiété sociale, anxiété généralisée, trouble obsessionnel compulsif et état de stress post-traumatique. ISRS efficace, mais souvent placé après d’autres molécules de la classe en pratique, car c’est l’un de ceux dont l’arrêt est le plus délicat (syndrome de sevrage marqué) et l’un des plus anticholinergiques.

Posologie

  • Adulte (dépression) : le plus souvent 20 mg/jour en une prise, à ajuster par paliers selon la réponse, sans dépasser la dose maximale du RCP. Les troubles anxieux peuvent démarrer plus bas et viser des doses parfois plus élevées.
  • Modalités de prise : une prise par jour, plutôt le matin, au cours d’un repas, à heure régulière. Avaler le comprimé sans le croquer.
  • Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique sévère : doses réduites, titration prudente.
  • Délai d’action : le bénéfice sur l’humeur s’installe en 2 à 4 semaines ; on ne juge pas l’efficacité sur les premiers jours.
  • Arrêt : jamais brutal. Diminution très progressive sur plusieurs semaines pour limiter le syndrome de sevrage.
Réflexe sécurité

Ne jamais arrêter brutalement. La paroxétine est l’ISRS qui expose le plus au syndrome de sevrage (pas de métabolite actif pour amortir la baisse) : un arrêt sec donne sensations de décharges électriques, vertiges, troubles du sommeil, irritabilité, symptômes pseudo-grippaux. Toute interruption se fait par décroissance lente et encadrée. Surveiller aussi le risque suicidaire en début de traitement et chez les moins de 25 ans.

Interactions

  • IMAO : association contre-indiquée. Respecter un délai entre l’arrêt de l’un et l’introduction de l’autre, sous peine de syndrome sérotoninergique. Même vigilance avec le linézolide et le bleu de méthylène (propriétés IMAO).
  • Autres sérotoninergiques (tramadol, triptans, lithium, millepertuis, autres antidépresseurs) : risque de syndrome sérotoninergique cumulé (agitation, fièvre, tremblements, troubles digestifs). Le millepertuis en automédication est un piège classique.
  • Tamoxifène : la paroxétine inhibe fortement le CYP2D6 et peut réduire l’efficacité du tamoxifène ; association à éviter, à signaler au prescripteur.
  • Médicaments majorant le risque hémorragique (AINS, antiagrégants, anticoagulants) : les ISRS augmentent le risque de saignement, notamment digestif. Vigilance renforcée.
  • Alcool : à déconseiller pendant le traitement.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter, surtout au premier trimestre (signal de malformations cardiaques décrit pour la paroxétine) et en fin de grossesse (syndrome d’adaptation et risque d’hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né). Ne jamais arrêter seule un antidépresseur en cours de grossesse : toute décision se prend avec le médecin, en pesant bénéfice et risque. Renvoyer vers le prescripteur ou le CRAT.
  • Allaitement : passage dans le lait en faible quantité ; un usage est possible au cas par cas selon l’avis médical, avec surveillance du nourrisson (somnolence, prise alimentaire). Décision individualisée, jamais au comptoir seul.

Conseils de comptoir

  • Rassurer sur le délai : l’effet sur l’humeur met 2 à 4 semaines à s’installer. Beaucoup d’arrêts précoces viennent de cette attente mal expliquée.
  • Prévenir des effets des premiers jours, souvent transitoires : nausées, somnolence ou au contraire nervosité, bouche sèche, troubles du sommeil. Ils s’atténuent en général après une à deux semaines.
  • Sur la durée, des troubles sexuels et une prise de poids sont fréquents avec les ISRS : en parler ouvertement évite des arrêts cachés. Ne jamais arrêter de soi-même, en reparler au médecin.
  • Marteler la règle de l’arrêt progressif : c’est la paroxétine qui donne le plus de sensations de sevrage si on la stoppe d’un coup.
  • Si renouvellement irrégulier ou rupture de prise repérée, signaler : un trou dans la prise peut déclencher des symptômes de sevrage pris à tort pour une rechute.
  • Repère pédagogique pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente sous paroxétine depuis trois jours te dit : « Ça ne marche pas du tout, je me sens même plus nerveuse, j'arrête. » Que réponds-tu ?
Deux messages. D'abord, c'est normal que l'effet sur l'humeur ne soit pas là : il faut compter 2 à 4 semaines, trois jours c'est trop tôt pour juger. Ensuite, la nervosité des premiers jours est un effet connu qui s'estompe souvent en une à deux semaines. Surtout, on n'arrête pas seule : un arrêt brutal de paroxétine peut déclencher un syndrome de sevrage désagréable. On l'encourage à tenir, à noter ce qu'elle ressent, et à en reparler au médecin plutôt que de stopper. Et on garde en tête la surveillance du risque suicidaire en début de traitement.

Mémo

Pour retenir

Parmi les ISRS, la paroxétine est la championne du sevrage : pas de métabolite actif, effet anticholinergique marqué, descente toujours en pente douce. Et un trio à surveiller, IMAO (contre-indiqué), sérotoninergiques (tramadol et compagnie) et tamoxifène (efficacité diminuée).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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