Vortioxétine

Antidépresseur multimodal (action sérotoninergique) · Liste I · Voie orale
Délivrance
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L'essentiel

Antidépresseur indiqué dans les épisodes dépressifs caractérisés (majeurs) de l’adulte. Sa particularité est un mécanisme dit multimodal : action sur le transporteur de la sérotonine et sur plusieurs récepteurs sérotoninergiques. En pratique, ce n’est pas un antidépresseur de toute première intention : il trouve sa place quand un premier traitement, souvent un ISRS, n’a pas suffi ou a été mal toléré. Comme pour tout antidépresseur, l’effet sur l’humeur demande plusieurs semaines pour s’installer.

Posologie

  • Adulte : en une prise quotidienne unique, à dose initiale usuelle modeste, puis ajustement par le prescripteur selon la réponse et la tolérance, dans la fourchette autorisée par le RCP. Pas de schéma chiffré à improviser au comptoir : suivre l’ordonnance.
  • Prise : en une fois, à heure régulière, avec ou sans aliments. Avaler le comprimé avec un verre d’eau.
  • Sujet âgé : prudence, le prescripteur démarre en général au plus bas et augmente avec précaution.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : pas d’adaptation systématique aux stades légers à modérés ; rester prudent et se référer au RCP. En cas d’atteinte sévère, prudence renforcée, l’usage en insuffisance hépatique sévère étant déconseillé faute de données suffisantes.
  • Arrêt : contrairement à beaucoup d’antidépresseurs, l’arrêt programmé peut souvent se faire sans paliers très progressifs (demi-vie longue, symptômes de sevrage rares et le plus souvent légers), mais c’est au prescripteur de l’organiser, jamais une initiative du patient et jamais un arrêt brutal décidé seul.
Réflexe sécurité

Risque de syndrome sérotoninergique en cas d’association à d’autres médicaments sérotoninergiques, et contre-indication avec les IMAO (respecter le délai de sevrage entre les deux). Penser aussi au millepertuis et au tramadol. Devant agitation, confusion, fièvre, sueurs, tremblements ou diarrhée après une nouvelle association, on alerte : ces signes peuvent évoquer un syndrome sérotoninergique.

Interactions

  • IMAO : association contre-indiquée (risque de syndrome sérotoninergique grave) ; respecter le délai de sevrage de part et d’autre.
  • Autres sérotoninergiques : tramadol, triptans, lithium, autres antidépresseurs, millepertuis : addition d’effets sérotoninergiques, vigilance et avis prescripteur.
  • Médicaments augmentant le risque hémorragique : AINS, antiagrégants, anticoagulants : comme avec les antidépresseurs sérotoninergiques, le risque de saignement peut être majoré.
  • Inhibiteurs puissants du CYP2D6 : la vortioxétine est métabolisée notamment par le CYP2D6 ; un inhibiteur puissant (par exemple bupropion, fluoxétine, paroxétine) augmente son exposition et conduit souvent le prescripteur à réduire la dose. Le millepertuis, à l’inverse, est inducteur enzymatique.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : données limitées sur cette molécule récente ; le traitement n’est pas arrêté sur un coup de tête car une dépression non traitée comporte aussi des risques. La décision se prend toujours avec le médecin, en évaluant le rapport bénéfice/risque. Se référer au RCP et aux ressources spécialisées (CRAT).
  • Allaitement : données insuffisantes pour conclure ; le choix (poursuite, molécule mieux documentée, ou abstention) revient au prescripteur. Ne pas trancher au comptoir, orienter vers un avis médical.

Conseils de comptoir

  • Rassurer sur le délai d’action : l’effet sur l’humeur met plusieurs semaines à s’installer, il ne faut pas conclure trop vite à un échec ni arrêter de soi-même.
  • Tolérance : les nausées sont l’effet le plus souvent rapporté, surtout en début de traitement et plutôt transitoires ; prendre le comprimé avec un peu de nourriture peut aider, signaler si elles persistent.
  • Ne jamais arrêter brutalement sans en parler au médecin, même si le patient se sent mieux.
  • Comme avec tout antidépresseur, surveiller en début de traitement ou lors d’un changement de dose une éventuelle majoration de l’anxiété ou des idées noires, en particulier chez l’adulte jeune : tout signe inquiétant justifie un recours rapide.
  • Comme avec les autres sérotoninergiques, garder en tête le risque d’hyponatrémie, surtout chez le sujet âgé ou sous diurétique : confusion, somnolence ou malaise inhabituels en début de traitement justifient un avis médical.
  • Repère PGR : devant une nouvelle association sérotoninergique, avoir le syndrome sérotoninergique en tête et orienter au moindre doute.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente sort de consultation avec une ordonnance de vortioxétine. Elle te dit : « le médecin m'a dit que ça agissait sur le moral, mais ça fait trois jours et je ne sens rien, ça ne marche pas ? » Tu lui réponds quoi ?
On rassure et on explique : comme tous les antidépresseurs, la vortioxétine ne fait pas effet sur l'humeur en quelques jours, il faut compter plusieurs semaines pour juger du bénéfice. Trois jours, c'est beaucoup trop tôt pour parler d'échec. On insiste sur l'importance de poursuivre régulièrement, de ne pas arrêter de soi-même, et de garder le contact avec le médecin pour le suivi. On en profite pour prévenir des nausées possibles au début, souvent passagères.

Mémo

Pour retenir

Vortioxétine = antidépresseur multimodal, souvent en deuxième intention. Deux réflexes au comptoir : la patience (plusieurs semaines avant l’effet, nausées du début passagères) et la sérotonine (IMAO contre-indiqués, attention tramadol, triptans et millepertuis : syndrome sérotoninergique).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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