Azithromycine
L'essentiel
Macrolide à demi-vie longue, utilisé sur des durées courtes. Indications principales : certaines infections respiratoires basses et ORL (souvent en alternative chez l’allergique aux pénicillines), et les infections génitales à Chlamydia (urétrites, cervicites), où la prise unique reste une option commode. Sa place est surtout celle d’une alternative : la pression de résistance des macrolides invite à la réserver aux situations où elle est vraiment justifiée. À noter pour l’infection à Chlamydia, les recommandations françaises en vigueur tendent à privilégier la doxycycline en première intention, l’azithromycine restant une option, par exemple en cas de problème d’observance ou de contre-indication.
Posologie
- Adulte : selon l’indication, le plus souvent une cure courte (par exemple 500 mg/jour pendant 3 jours) ou une dose unique dans l’infection génitale à Chlamydia (1 g en une prise). Se reporter au RCP et aux recommandations pour l’indication précise.
- Enfant : dose rapportée au poids, sur quelques jours selon l’infection. Suspension buvable reconstituée, dosée en kilogrammes de poids et jamais en âge.
- Insuffisance hépatique : prudence, l’élimination est surtout biliaire ; se reporter au RCP en cas d’atteinte sévère.
- Modalités : prise possible pendant ou en dehors des repas selon la forme. Du fait de la demi-vie longue, l’effet se prolonge plusieurs jours après la dernière prise.
Comme les autres macrolides, l’azithromycine peut allonger l’intervalle QT et favoriser des troubles du rythme. Vigilance renforcée en cas d’antécédent de QT long, d’hypokaliémie, de bradycardie ou d’association à d’autres médicaments qui allongent le QT. Devant ce terrain, on lève le nez du comptoir et on sécurise avec le prescripteur.
Interactions
- Médicaments allongeant le QT : certains antiarythmiques, neuroleptiques, autres antibiotiques. L’addition des effets majore le risque rythmique : à repérer dans le dossier.
- Colchicine : les macrolides peuvent majorer l’exposition à la colchicine et sa toxicité ; le signal figure dans les référentiels pour la classe. Le risque est moindre avec l’azithromycine qu’avec les macrolides inhibiteurs puissants, mais l’association reste à surveiller, surtout en cas d’insuffisance rénale ou hépatique.
- Anticoagulants oraux (AVK) : surveillance de l’INR comme avec la plupart des antibiotiques.
- Antiacides à base d’aluminium ou de magnésium : ils peuvent réduire l’absorption de l’azithromycine ; espacer les prises (par exemple l’antibiotique 1 h avant ou 2 h après l’antiacide). Vérifier la notice du produit délivré.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : peut être utilisée si une antibiothérapie par macrolide est justifiée, notamment dans l’infection à Chlamydia. Décision au cas par cas avec le prescripteur ; se reporter aux données et au RCP en vigueur.
- Allaitement : passage dans le lait. Compatible le plus souvent sur des cures courtes ; surveiller chez le nourrisson une diarrhée ou un muguet, et signaler tout signe inhabituel.
Conseils de comptoir
- Aller au bout du schéma prescrit, même court : en dose unique, la prise se fait en une fois, et l’effet se prolonge ensuite grâce à la demi-vie longue.
- Troubles digestifs fréquents (nausées, diarrhées, douleurs abdominales) : le plus souvent bénins, à signaler s’ils sont sévères ou persistants.
- Dans l’infection à Chlamydia, rappeler en confiance l’intérêt de traiter le ou les partenaires, de dépister les autres infections sexuellement transmissibles et d’éviter les rapports non protégés le temps de la prise en charge (au moins 7 jours après une dose unique) : c’est souvent là que le comptoir fait la différence.
- Suspension buvable : bien agiter avant chaque prise, doser en kilogrammes de poids, respecter la conservation indiquée après reconstitution.
- Ne pas banaliser un antibiotique : l’azithromycine reste une alternative, pas un réflexe pour toute toux ou tout rhume, qui sont le plus souvent viraux.
Teste-toi
Mémo
L’azithromycine, c’est le macrolide court mais long : cure courte (3 jours, ou 1 g en dose unique pour la Chlamydia), mais demi-vie longue qui prolonge l’effet. Et comme tout macrolide, on garde un oeil sur le QT.
À voir aussi
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Références bibliographiques
- RCP Azithromycine, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- HAS, Choix et durées d'antibiothérapies préconisées dans les infections bactériennes courantes Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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