Aciclovir
L'essentiel
Antiviral actif sur les virus du groupe herpès : herpès labial et génital (HSV-1 et HSV-2), zona et varicelle (VZV). Il bloque la réplication virale mais n’éradique pas le virus, qui reste latent : on traite les poussées, on ne « guérit » pas le porteur. Existe en comprimés, en suspension buvable, en forme injectable (réservée à l’hôpital pour les formes graves) et en crème pour l’herpès labial. La précocité du traitement conditionne son efficacité : plus on commence tôt, mieux ça marche.
Posologie
- Adulte : posologie et nombre de prises variables selon l’indication (herpès, zona, terrain immunodéprimé). L’aciclovir oral se prend en plusieurs prises réparties sur la journée, sur quelques jours ; pour le zona, le schéma usuel comporte plusieurs prises quotidiennes rapprochées. Se référer au RCP et à l’ordonnance pour la dose exacte.
- Zona : le bénéfice maximal s’obtient si le traitement est débuté dans les tout premiers jours de l’éruption, idéalement dans les 72 heures.
- Enfant : dosage rapporté au poids, varicelle de l’enfant à risque notamment ; suivre la prescription.
- Insuffisance rénale et sujet âgé : adaptation de la dose et/ou espacement des prises selon la fonction rénale.
- Forme locale (crème herpès labial) : application dès les premiers signes (picotement, tension), plusieurs fois par jour, sur une durée courte.
- Modalités de prise : bien s’hydrater pendant toute la durée du traitement ; prise possible pendant ou en dehors des repas.
Risque rénal par cristallisation de l’aciclovir dans les tubules, majoré en cas de déshydratation, de fortes doses et chez le sujet âgé ou l’insuffisant rénal. Le réflexe : faire boire abondamment pendant tout le traitement et s’assurer que la posologie a été adaptée à la fonction rénale. Des troubles neurologiques (confusion, hallucinations) peuvent aussi survenir en cas de surdosage, surtout sur rein altéré.
Interactions
- Hydratation : ce n’est pas une interaction médicamenteuse au sens strict, mais le co-facteur de risque numéro un. Une déshydratation (canicule, diarrhée, fièvre, personne âgée qui boit peu) augmente le risque rénal : à anticiper au comptoir.
- Néphrotoxiques associés (ciclosporine, tacrolimus, aminosides, AINS, produits de contraste iodés) : l’association à d’autres médicaments agressifs pour le rein peut majorer le risque rénal ; vigilance sur le terrain fragile.
- Probénécide (et cimétidine) : ralentissent l’élimination rénale de l’aciclovir et augmentent son exposition. Pas d’adaptation systématique de dose du fait de la marge thérapeutique large, mais prudence chez le sujet âgé ou l’insuffisant rénal.
- Théophylline : l’aciclovir peut augmenter son exposition ; surveiller les signes de surdosage en théophylline si l’association est maintenue.
- Fonction rénale globale : tout ce qui réduit la clairance (médicament, déshydratation, âge) déplace l’aciclovir vers la zone de toxicité, d’où l’importance de l’adaptation de dose.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : l’aciclovir peut être utilisé pendant la grossesse quel que soit le terme lorsqu’un traitement est justifié ; c’est l’antiviral anti-herpétique le mieux documenté dans cette situation. Décision et choix relèvent du prescripteur.
- Allaitement : compatible. Passage dans le lait, mais l’aciclovir est utilisé chez le nouveau-né et l’allaitement reste possible ; en cas de doute, renvoyer vers le prescripteur.
Conseils de comptoir
- Commencer le plus tôt possible : sur le zona comme sur l’herpès, chaque heure compte, le traitement agit sur le virus en train de se répliquer, pas sur les lésions déjà installées.
- Faire boire abondamment pendant toute la durée du traitement : c’est le geste de prévention rénale le plus simple, à marteler chez la personne âgée et par temps chaud.
- Aller au bout de la durée prescrite, même si les lésions s’améliorent vite.
- La tolérance orale est globalement bonne : nausées, maux de tête ou troubles digestifs légers sont les effets les plus fréquents et passagers.
- Herpès labial avec la crème : appliquer dès les premiers picotements, se laver les mains avant et après, ne pas partager serviette ni baume à lèvres pour limiter la contagion.
- Rappeler que le traitement calme la poussée mais n’élimine pas le virus : des récidives restent possibles, ce n’est pas un échec du médicament.
Teste-toi
Mémo
Trois réflexes pour l’aciclovir : Tôt (commencer vite, sinon ça perd son intérêt), de l’eau (hydrater pour protéger le rein) et le rein (adapter la dose chez l’âgé et l’insuffisant rénal). Tôt, eau, rein : la justesse tient dans ces trois mots.
À voir aussi
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Et dans la même aire (Infectio) :
Références bibliographiques
- RCP Aciclovir, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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