Sotalol

Bêtabloquant non cardiosélectif à propriétés antiarythmiques de classe III · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Sotalol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Le sotalol n’est pas un bêtabloquant comme les autres : en plus de bloquer les récepteurs bêta, il a une action antiarythmique de classe III (allongement de la repolarisation). Il est prescrit dans la prévention des récidives de certains troubles du rythme, en particulier les arythmies supraventriculaires (fibrillation et flutter auriculaires) et certaines arythmies ventriculaires. On le trouve donc chez des patients dont le cœur « part en vrille », pas chez le simple hypertendu : sa place est celle d’un antiarythmique, instauré et suivi par le cardiologue.

Posologie

  • Adulte : traitement progressif, débuté à faible dose puis adapté par paliers sous surveillance, le plus souvent en 2 prises par jour. La dose d’entretien usuelle se situe le plus souvent entre 160 et 320 mg/jour, mais la posologie exacte est individualisée par le cardiologue selon l’indication, la réponse et l’ECG : se référer à l’ordonnance et au RCP.
  • Instauration et hausses de dose : classiquement encadrées par une surveillance ECG (mesure du QT) et un contrôle de la kaliémie, parfois en milieu hospitalier.
  • Insuffisance rénale : élimination essentiellement rénale, espacement des prises et réduction de dose nécessaires ; chez l’insuffisant rénal, le risque de surdosage et d’allongement du QT augmente, et le sotalol est contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale sévère.
  • Modalités de prise : à heures régulières, sans jamais arrêter brutalement. Un arrêt brusque expose à un effet rebond (poussée tensionnelle, troubles du rythme, voire ischémie).
Réflexe sécurité

Le danger maître du sotalol, c’est l’allongement de l’intervalle QT et le risque de torsades de pointes (trouble du rythme grave). Ce risque est dose-dépendant et majoré par l’hypokaliémie, l’hypomagnésémie, la bradycardie et l’insuffisance rénale. Réflexe au comptoir : repérer toute autre molécule qui allonge le QT sur l’ordonnance et toute association qui fait baisser le potassium.

Interactions

  • Autres médicaments allongeant le QT : certains antiarythmiques (dont l’amiodarone), des antipsychotiques, des macrolides, des fluoroquinolones, la dompéridone, l’hydroxyzine, l’escitalopram, etc. L’addition des effets sur le QT majore le risque de torsades de pointes : certaines de ces associations sont contre-indiquées ou déconseillées, à évaluer systématiquement.
  • Hypokaliémiants : diurétiques de l’anse et thiazidiques, corticoïdes, laxatifs stimulants. En faisant baisser le potassium, ils rendent le cœur plus vulnérable aux torsades.
  • Bradycardisants : autres bêtabloquants, vérapamil, diltiazem, digoxine. Risque additionnel de bradycardie et de troubles de conduction.
  • Antidiabétiques : comme tout bêtabloquant, le sotalol peut masquer les signes adrénergiques d’une hypoglycémie (tremblements, tachycardie), sauf la sueur.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à n’utiliser que si le bénéfice le justifie et sous contrôle spécialisé. Comme les bêtabloquants, le sotalol traverse le placenta et peut retentir sur le nouveau-né (bradycardie, hypoglycémie) : une surveillance néonatale est prévue en fin de grossesse. Se référer au RCP et à l’avis du prescripteur.
  • Allaitement : le sotalol passe dans le lait maternel. La décision relève du médecin ; en cas d’allaitement, surveiller chez le nourrisson des signes de bêta-blocage (somnolence, mauvaise prise des tétées, bradycardie).

Conseils de comptoir

  • Ne jamais arrêter ni sauter brutalement le traitement : l’arrêt se fait toujours progressivement, sur décision médicale, pour éviter l’effet rebond.
  • Encourager le suivi : ECG et bilan biologique (kaliémie, fonction rénale) font partie du traitement, ce ne sont pas des examens accessoires.
  • Signes qui doivent amener à consulter sans attendre : malaises, palpitations inhabituelles, vertiges, syncope. Ce sont les signaux d’alerte d’un trouble du rythme.
  • Comme bêtabloquant non cardiosélectif, le sotalol est contre-indiqué en cas d’asthme et de bronchopneumopathie chronique obstructive : un patient qui te signale un asthme mérite qu’on s’en assure auprès du prescripteur. Tolérance par ailleurs typique des bêtabloquants : fatigue, refroidissement des extrémités, ralentissement du pouls.
  • Avant de délivrer un médicament conseil ou une nouvelle ordonnance, garder en tête le réflexe QT et potassium : un simple antiémétique ou un antibiotique peut entrer en interaction.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente sous sotalol arrive avec une ordonnance de fin de semaine : un macrolide pour une infection ORL. Quel est ton réflexe ?
Le réflexe QT s'allume tout de suite. Certains macrolides allongent eux aussi l'intervalle QT ; combinés au sotalol, ils majorent le risque de torsades de pointes. On ne bloque pas par principe, mais on vérifie le choix avec le prescripteur, on s'assure qu'il connaît le traitement de fond, et on trace l'intervention. C'est typiquement la situation où l'analyse pharmaceutique évite un accident rythmique.

Mémo

Pour retenir

Le sotalol, c’est deux casquettes : un bêtabloquant ET un antiarythmique de classe III. Sa hantise tient en trois lettres et une lettre : QT et K (potassium). Tout ce qui allonge le QT ou abaisse le potassium réveille le risque de torsades. Et comme tout bêtabloquant : on ne l’arrête jamais d’un coup, et on garde en tête sa contre-indication dans l’asthme.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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