Bisoprolol
L'essentiel
Bêtabloquant cardiosélectif utilisé dans l’hypertension artérielle, la maladie coronarienne (angor) et, à part, dans l’insuffisance cardiaque chronique stable où il fait partie des bêtabloquants ayant démontré un bénéfice. Sa relative sélectivité bêta-1 le rend mieux toléré sur le plan bronchique que les bêtabloquants non sélectifs, sans la faire disparaître. Dans l’insuffisance cardiaque, il s’instaure à très faible dose puis se titre progressivement vers la dose cible, sous surveillance.
Posologie
- Hypertension et angor (adulte) : le plus souvent une prise par jour, dose initiale modérée puis ajustée selon la réponse tensionnelle et la fréquence cardiaque.
- Insuffisance cardiaque chronique : instauration à très faible dose, augmentation très progressive par paliers sous surveillance médicale, jusqu’à une dose cible si elle est tolérée. Ne jamais démarrer ce schéma soi-même.
- Insuffisance rénale ou hépatique sévère : prudence et adaptation possible de la dose ; se référer au RCP.
- Modalités : une prise quotidienne, le matin, à heure régulière, avec ou sans aliment.
Ne jamais arrêter brutalement un bêtabloquant : l’arrêt sec expose à un effet rebond (poussée tensionnelle, aggravation d’un angor, troubles du rythme), surtout chez le coronarien. En cas de souhait d’arrêt, on diminue progressivement, et toujours sur décision médicale.
Interactions
- Autres ralentisseurs du rythme (vérapamil, diltiazem, digoxine, certains antiarythmiques) : risque de bradycardie et de troubles de la conduction qui s’additionnent.
- Antidiabétiques : le bêtabloquant peut masquer les signes d’une hypoglycémie ; à signaler au patient diabétique.
- AINS : diminution possible de l’effet antihypertenseur et risque rénal en association.
- Autres antihypertenseurs et certains psychotropes : majoration de l’effet hypotenseur, attention à l’hypotension orthostatique.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : à n’utiliser que si nécessaire et sur décision médicale ; une surveillance du nouveau-né est recommandée en fin de grossesse (risque de bradycardie et d’hypoglycémie néonatales). On ne tranche pas au comptoir, on oriente vers le médecin.
- Allaitement : données limitées ; l’avis médical prime pour décider de la poursuite du traitement ou de l’allaitement. Surveiller le nourrisson en cas de maintien.
Conseils de comptoir
- Insister sur la régularité : une prise par jour, à heure fixe, sans sauter de jour ni arrêter de sa propre initiative.
- Effets fréquents en début de traitement : fatigue, frilosité des extrémités, vertiges, parfois ralentissement du pouls ; ils s’atténuent souvent et ne justifient pas un arrêt brutal.
- En cas de fatigue importante, d’essoufflement nouveau, de pouls très lent ou de malaises, conseiller de revoir le médecin sans interrompre seul.
- Terrain respiratoire : un asthme sévère ou non contrôlé reste une contre-indication, et la BPCO impose la prudence. Signaler toute gêne respiratoire au prescripteur. Le patient diabétique, lui, doit savoir que les signaux d’alerte d’une hypoglycémie peuvent être atténués.
Teste-toi
Mémo
Trois réflexes bisoprolol : jamais d’arrêt brutal (rebond), il masque l’hypoglycémie chez le diabétique, prudence chez l’asthmatique (cardiosélectif mais pas sélectif à 100 %, et CI si asthme sévère). Et dans l’insuffisance cardiaque : on titre tout doucement, on ne démarre jamais à pleine dose.
À voir aussi
Références bibliographiques
- RCP Bisoprolol, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- HAS, Prise en charge de l'hypertension artérielle de l'adulte (fiche mémo) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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