Métoprolol

Bêtabloquant cardiosélectif (bêta-1) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Métoprolol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Bêtabloquant cardiosélectif (préférentiellement bêta-1) utilisé dans l’hypertension artérielle, l’angor, le post-infarctus, certains troubles du rythme et, à doses progressives, l’insuffisance cardiaque chronique stable. Il ralentit la fréquence cardiaque et diminue le travail du cœur. Existe en forme à libération immédiate et à libération prolongée, deux schémas de prise à ne pas confondre.

Posologie

  • Adulte : la dose dépend de l’indication et de la forme. La forme à libération prolongée se prend en général en une prise par jour, la forme à libération immédiate plutôt en deux prises. Suivre exactement le dosage et le rythme de l’ordonnance.
  • Insuffisance cardiaque : initiation à très faible dose puis augmentation progressive par paliers, sous surveillance médicale. Ne jamais accélérer la titration de sa propre initiative.
  • Insuffisance hépatique : le métoprolol étant fortement métabolisé par le foie, une adaptation peut être nécessaire ; se référer au RCP et au prescripteur.
  • Modalités de prise : avaler le comprimé avec un peu d’eau, à heure régulière. Ne pas écraser ni couper une forme à libération prolongée sans avoir vérifié que la sécabilité est prévue par le RCP du produit délivré.
Réflexe sécurité

Ne jamais arrêter brutalement un bêtabloquant. L’arrêt soudain expose à un effet rebond : poussée tensionnelle, accélération du rythme, aggravation d’un angor, voire accident cardiaque. Si un patient veut stopper, on renvoie systématiquement vers le médecin pour une diminution progressive.

Interactions

  • Inhibiteurs calciques bradycardisants (vérapamil, diltiazem) : association délicate, majoration du risque de bradycardie et de troubles de la conduction. À signaler si les deux sont au dossier.
  • Autres bradycardisants (digoxine, amiodarone, certains antiarythmiques) : effet additif sur la fréquence et la conduction cardiaque, vigilance renforcée.
  • Antidiabétiques : le bêtabloquant peut masquer les signes d’alerte d’une hypoglycémie (notamment les palpitations et tremblements), à expliquer au patient diabétique.
  • AINS : peuvent réduire l’effet antihypertenseur ; à garder en tête lors d’une demande d’antalgique en automédication.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : un bêtabloquant peut être maintenu pendant la grossesse si l’indication le justifie, sous suivi spécialisé ; une surveillance du nouveau-né est prévue en fin de grossesse (risque de bradycardie et d’hypoglycémie néonatales). Décision médicale, jamais d’arrêt spontané.
  • Allaitement : passage dans le lait en faible quantité ; la conduite à tenir relève de l’avis médical, avec surveillance du nourrisson. Se référer au RCP du produit délivré.

Conseils de comptoir

  • Prendre le traitement tous les jours à la même heure, même en se sentant bien : c’est un traitement de fond, pas un traitement à la demande.
  • Ne jamais interrompre seul, même quelques jours : prévenir avant toute interruption (voyage, oubli de renouvellement) et anticiper le renouvellement de l’ordonnance.
  • Tolérance : fatigue, refroidissement des extrémités, vertiges au lever ou ralentissement du pouls sont possibles, surtout en début de traitement ; signaler si c’est gênant ou persistant plutôt que d’arrêter.
  • Antécédents respiratoires : la cardiosélectivité du métoprolol est relative et s’atténue à forte dose. Devant un asthme ou une bronchopneumopathie connue, c’est un point qui relève du médecin ; au comptoir, on reste attentif à toute gêne respiratoire signalée.
  • Patient diabétique : rappeler que le médicament peut atténuer la perception d’une hypoglycémie ; redoubler d’attention sur la surveillance glycémique.
  • Distinguer la forme à libération immédiate de la forme à libération prolongée : ce n’est pas le même nombre de prises par jour, bien valider le schéma sur l’ordonnance.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous métoprolol depuis deux ans te dit : « je me sens bien, j'arrête, ça ne sert plus à rien ». Tu réponds quoi ?
On ne valide surtout pas l'arrêt. Stopper brutalement un bêtabloquant expose à un effet rebond : poussée de tension, accélération du cœur, risque d'aggravation cardiaque. On explique que c'est un traitement de fond qui agit justement parce qu'il est pris en continu, et on renvoie vers le médecin : s'il faut l'arrêter un jour, ce sera par diminution progressive et encadrée.

Mémo

Pour retenir

Le suffixe -olol signe le bêtabloquant. Et la règle d’or tient en trois mots : on n’arrête jamais du jour au lendemain. Effet rebond garanti, on passe par le médecin.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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