Nébivolol

Bêtabloquant cardiosélectif (bêta-1) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Nébivolol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Bêtabloquant cardiosélectif utilisé principalement dans l’hypertension artérielle et, chez le sujet âgé, dans l’insuffisance cardiaque chronique stable en complément du traitement de référence. Sa particularité par rapport aux autres bêtabloquants : une action vasodilatatrice attribuée à une libération de monoxyde d’azote (NO). Comme tous les -olol, il ralentit la fréquence cardiaque et abaisse la pression artérielle.

Posologie

  • Hypertension (adulte) : le plus souvent 5 mg/jour en une prise, à heure fixe, dose à ajuster par le prescripteur.
  • Insuffisance cardiaque du sujet âgé : initiation à très faible dose puis titration très progressive, par paliers espacés et sous surveillance médicale. On ne démarre jamais à pleine dose, et jamais sur une insuffisance cardiaque décompensée.
  • Insuffisance rénale : prudence et adaptation, surtout en initiation dans l’insuffisance cardiaque.
  • Sujet âgé : débuter bas, augmenter lentement.
  • Prise indifférente par rapport aux repas, à une heure régulière.
Réflexe sécurité

Ne jamais arrêter brutalement un bêtabloquant : l’arrêt brusque expose à un effet rebond (poussée tensionnelle, tachycardie, aggravation d’un angor, risque de trouble du rythme). En cas de souhait d’arrêt, on diminue par paliers, sur avis médical. À rappeler à chaque renouvellement, surtout si le patient évoque une rupture de stock ou l’envie de stopper.

Interactions

  • Inhibiteurs calciques bradycardisants (vérapamil, diltiazem) : addition des effets sur la conduction et la fréquence, risque de bradycardie et de troubles de conduction. Association à encadrer.
  • Autres bradycardisants (digoxine, amiodarone, autre bêtabloquant, certains antiarythmiques) : majoration du ralentissement cardiaque.
  • Antihypertenseurs et molécules hypotensives : addition d’effet, risque d’hypotension, prudence en cas de cumul.
  • Diabète : un bêtabloquant peut masquer certains signes d’hypoglycémie (notamment les palpitations) ; la sueur reste un repère utile à expliquer au patient.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à n’utiliser que si nécessaire et sur décision médicale ; les bêtabloquants pris en fin de grossesse peuvent retentir sur le nouveau-né (bradycardie, hypoglycémie), justifiant une surveillance néonatale. Se référer au RCP et aux recommandations en vigueur.
  • Allaitement : données limitées pour le nébivolol ; décision au cas par cas avec le médecin. En cas d’allaitement, surveiller le nourrisson (signes de bradycardie, somnolence, difficultés alimentaires).

Conseils de comptoir

  • Prendre le comprimé chaque jour à la même heure ; en cas d’oubli, ne pas doubler la dose suivante.
  • Effets fréquents en début de traitement : fatigue, sensations vertigineuses, maux de tête, extrémités froides. Souvent transitoires ; signaler s’ils persistent ou gênent.
  • Se lever doucement (hypotension orthostatique possible), surtout au début ou chez la personne âgée.
  • Antécédent d’asthme ou de bronchospasme : à signaler systématiquement, car c’est une contre-indication des bêtabloquants. Même cardiosélectif, le nébivolol n’efface pas ce risque ; toute gêne respiratoire nouvelle se signale sans attendre.
  • Cœur très lent, malaises, vertiges marqués : un bêtabloquant ne convient pas sur une bradycardie sévère, certains troubles de conduction ou une insuffisance cardiaque décompensée ; au moindre signe, on échange avec le prescripteur.
  • Diabétique : expliquer que le traitement peut atténuer la perception des palpitations en cas d’hypoglycémie ; bien rester attentif aux autres signes (sueurs, faim, tremblements).
  • Ne jamais interrompre seul : si le patient veut arrêter, on l’oriente vers le médecin pour une décroissance progressive.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous nébivolol depuis des mois te dit : « J'ai l'impression que ça ne sert à rien, je vais arrêter pour voir. » Qu'est-ce que tu lui réponds ?
On ne valide surtout pas l'arrêt en autonomie. Un bêtabloquant ne se stoppe pas d'un coup : l'arrêt brutal expose à un effet rebond (remontée de tension, accélération du cœur, risque d'angor ou de trouble du rythme). On explique que c'est un traitement de fond, souvent silencieux justement parce qu'il fait son travail, et on l'oriente vers son médecin s'il souhaite changer quelque chose ; toute baisse se fait par paliers.

Mémo

Pour retenir

Le suffixe -olol signe le bêtabloquant : il ralentit le cœur et baisse la tension. Deux règles d’or au comptoir : on n’arrête jamais brutalement (effet rebond), et chez le diabétique il peut masquer les palpitations de l’hypo. Particularité du nébivolol : il vasodilate (via le NO). Et un terrain à ne pas oublier : l’asthme reste une contre-indication, même cardiosélectif.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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