Propranolol

Bêtabloquant non cardiosélectif · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Propranolol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Bêtabloquant historique, non cardiosélectif, aux indications très variées : hypertension artérielle, troubles du rythme, prévention de l’angor, mais aussi des usages qui débordent largement la cardiologie. C’est le bêtabloquant de référence en prévention de fond de la migraine, dans le tremblement essentiel, en appoint des manifestations cardiovasculaires de l’hyperthyroïdie, et parfois sur les manifestations physiques de l’anxiété. Au comptoir, son indication n’est donc pas toujours « le cœur » : c’est une molécule qu’on retrouve aussi bien chez le patient hypertendu que chez la personne migraineuse ou anxieuse.

Posologie

  • Adulte : la dose varie fortement selon l’indication. En prévention de la migraine, l’usage se situe généralement autour de 40 à 160 mg/jour en plusieurs prises ; en cardiologie, les fourchettes diffèrent. Toujours se référer à la posologie de l’ordonnance et au RCP.
  • Titration : on commence souvent à dose basse que l’on augmente progressivement, et on diminue de la même façon à l’arrêt. La posologie n’est jamais figée d’emblée.
  • Insuffisance hépatique : le propranolol est fortement métabolisé par le foie ; prudence et adaptation possible en cas d’atteinte hépatique.
  • Modalités de prise : à prendre régulièrement, à heures fixes, sans sauter de prise. Formes à libération prolongée éventuelles : ne pas écraser ni ouvrir sans vérifier.
Réflexe sécurité

Ne jamais arrêter brutalement un bêtabloquant. L’arrêt soudain expose à un effet rebond (poussée tensionnelle, accélération du rythme, risque d’aggravation d’un angor). L’arrêt se fait toujours de façon progressive et encadrée par le médecin. Et comme le propranolol n’est pas cardiosélectif, garder en tête le terrain respiratoire : l’asthme et la BPCO sévère sont des contre-indications ou de fortes réserves selon les cas.

Interactions

  • Asthme / bronchospasme : molécule non cardiosélective, elle peut déclencher ou aggraver un bronchospasme. L’asthme est une contre-indication classique ; devant un patient qui sort aussi un bronchodilatateur de secours (bêta-2 mimétique inhalé de courte durée), on lève le nez.
  • Diabète : le propranolol peut masquer les signes d’alerte de l’hypoglycémie (notamment les palpitations et les tremblements). Patient diabétique sous insuline ou sulfamide : information indispensable.
  • Vérapamil : l’association d’un bêtabloquant et de vérapamil par voie orale est contre-indiquée (risque de bradycardie sévère, de troubles de la conduction et de défaillance cardiaque). À ne surtout pas laisser passer.
  • Diltiazem et autres bradycardisants (amiodarone, digoxine) : association déconseillée ou à encadrer selon les cas, par majoration du risque de bradycardie et de troubles de la conduction. Vigilance et contrôle.
  • Autres antihypertenseurs : majoration des effets (hypotension) ; vigilance sur les associations.
  • AINS : peuvent réduire l’effet antihypertenseur des bêtabloquants.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : le propranolol peut être utilisé pendant la grossesse si nécessaire, mais sous suivi médical. Une surveillance du nouveau-né est recommandée en fin de grossesse (risque de bradycardie, d’hypoglycémie chez le nourrisson). Se conformer à l’avis du prescripteur et au RCP.
  • Allaitement : passage dans le lait en faible quantité ; un usage est possible sous surveillance du nourrisson. Vérifier au cas par cas et orienter vers le médecin en cas de doute.

Conseils de comptoir

  • Rappeler la règle d’or : on ne stoppe pas un bêtabloquant tout seul, même si « tout va bien ». L’arrêt se décide avec le médecin et se fait par paliers.
  • Effets fréquents en début de traitement : fatigue, refroidissement des extrémités (mains et pieds froids), parfois ralentissement du pouls. Souvent transitoires, à signaler s’ils gênent.
  • Quand l’indication est la migraine ou le tremblement, expliquer que le médicament agit en prévention de fond : il se prend tous les jours et n’est pas un traitement de la crise.
  • Chez le patient diabétique, prévenir que les signes habituels d’hypoglycémie peuvent être atténués : surveiller davantage sa glycémie. Les sueurs, elles, restent souvent perceptibles.
  • Demander si la personne est asthmatique avant tout conseil associé : c’est le terrain à risque numéro un avec cette molécule non cardiosélective.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente qui prend du propranolol pour ses migraines te dit qu'elle se sent mieux et qu'elle compte arrêter la boîte entamée « puisque ça marche ». Tu réponds quoi ?
On freine gentiment. Un bêtabloquant ne s'arrête jamais d'un coup, même quand on va bien : l'arrêt brutal expose à un effet rebond (poussée de tension, accélération du cœur). On lui explique que la décision d'arrêter, et surtout la façon de le faire par paliers, se prend avec son médecin. En prévention de migraine, l'arrêt se discute aussi en fonction de la fréquence des crises. Message simple : on continue et on en parle à la prochaine consultation.

Mémo

Pour retenir

Trois réflexes pour le propranolol : jamais d’arrêt brutal (effet rebond), attention au souffle (non cardiosélectif, donc l’asthme dit stop), il endort les alarmes du diabète (hypoglycémie masquée). Et ne jamais oublier qu’il sort souvent du cadre cardio : migraine, tremblement, trac.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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