Sildénafil

Inhibiteur de la PDE5 · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Sildénafil, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Inhibiteur de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5), surtout connu dans le traitement des troubles de l’érection : il prolonge l’action du monoxyde d’azote, ce qui favorise la vasodilatation des corps caverneux. Une stimulation sexuelle reste nécessaire pour que l’effet se manifeste, ce n’est pas un déclencheur automatique. À des dosages et sous des présentations différentes, la même molécule est aussi utilisée dans l’hypertension artérielle pulmonaire. En France, le sildénafil reste sur prescription (liste I), contrairement à ce qui se pratique dans certains pays.

Posologie

  • Trouble de l’érection (adulte) : une prise à la demande, environ 1 heure avant l’activité sexuelle, en partant en général de la dose intermédiaire puis en ajustant selon l’effet et la tolérance. Pas plus d’une prise par jour.
  • Effet des repas : un repas riche en graisses peut retarder le délai d’action ; à jeun, l’effet est souvent plus rapide.
  • Hypertension artérielle pulmonaire : schéma et présentation spécifiques, plusieurs prises par jour à horaires fixes ; ne pas transposer les repères de l’indication érectile.
  • Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique : prudence et adaptation possible de la dose, se référer au RCP.
Réflexe sécurité

Association aux dérivés nitrés (trinitrine, molsidomine et apparentés) et au riociguat = contre-indication absolue : risque de chute tensionnelle brutale et potentiellement grave. Le réflexe au comptoir : vérifier l’absence de nitré dans le dossier, y compris un spray de trinitrine pris « si besoin » pour l’angine de poitrine, et penser au popper (nitrite inhalé) en usage récréatif. Autres contre-indications de terrain : maladie cardiaque rendant l’activité sexuelle déconseillée, infarctus ou AVC récents, hypotension sévère, insuffisance hépatique sévère, antécédent de neuropathie optique ischémique antérieure (NOIAN).

Interactions

  • Dérivés nitrés et donneurs de NO : contre-indication absolue (trinitrine, molsidomine, nicorandil, poppers).
  • Stimulateurs de la guanylate cyclase (ex. riociguat) : association contre-indiquée, même mécanisme de vasodilatation additionnée.
  • Alphabloquants (tamsulosine et autres) : majoration du risque d’hypotension, surtout en début de traitement ; espacer les prises et y aller progressivement.
  • Inhibiteurs puissants du CYP3A4 (certains antifongiques azolés, certains antirétroviraux, macrolides) : augmentation des concentrations de sildénafil, adaptation à la baisse à prévoir.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : sans objet dans l’indication érectile (médicament masculin). Dans le contexte de l’hypertension artérielle pulmonaire, l’usage relève d’une décision spécialisée ; se reporter au RCP et à l’avis du prescripteur.
  • Allaitement : non concerné dans l’indication érectile. Pour les autres situations, suivre les données du RCP.

Conseils de comptoir

  • Rappeler qu’une stimulation sexuelle est nécessaire : le comprimé ne fait rien tout seul, ce qui évite la déception et le doublement de dose.
  • Effets fréquents et généralement bénins, liés à la vasodilatation : céphalées, bouffées de chaleur, congestion nasale, parfois troubles visuels passagers (perception des couleurs). Ils s’atténuent souvent avec l’habitude.
  • Orienter vers un avis médical sans attendre devant une érection prolongée et douloureuse de plusieurs heures (priapisme), une baisse brutale de la vision ou de l’audition : ce sont des signaux d’alerte.
  • Le trouble de l’érection peut révéler un terrain cardiovasculaire ou un diabète : encourager un bilan plutôt que l’automédication, et décourager l’achat sur Internet (contrefaçons fréquentes).
  • Une douleur thoracique survenant pendant le rapport ne doit jamais être « soulagée » par un dérivé nitré chez un patient sous sildénafil : c’est l’association interdite.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un homme sous traitement pour l'angine de poitrine vient avec une ordonnance de sildénafil pour des troubles de l'érection. Qu'est-ce qui doit t'alerter ?
Le réflexe immédiat : repérer un dérivé nitré dans le traitement de l'angor, qu'il soit pris en continu ou seulement « si besoin » sous forme de spray de trinitrine. L'association sildénafil + nitré est une contre-indication absolue, avec risque d'hypotension sévère. On ne délivre pas en l'état : on contacte le prescripteur pour clarifier le traitement cardiologique réel et tracer l'intervention. C'est exactement le rôle de l'analyse pharmaceutique.

Mémo

Pour retenir

Le piège mortel du sildénafil tient en deux lettres : NO. Tout ce qui donne du monoxyde d’azote (Nitrés : trinitrine, molsidomine, nicorandil, et les pOppers) s’additionne à son effet vasodilatateur et fait chuter la tension. Devant un PDE5, on chasse le nitré avant tout.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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