Trinitrine

Dérivé nitré · Vasodilatateur · Voies sublinguale, transdermique et injectable
Boîte illustrative de Trinitrine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Vasodilatateur de référence de la maladie coronarienne. En spray sublingual ou en comprimé à croquer, c’est le traitement de la crise d’angor : soulagement en quelques minutes de la douleur thoracique d’effort. Les formes à libération prolongée (dispositifs transdermiques, comprimés) servent au traitement de fond de l’angor stable. La trinitrine relâche le muscle lisse vasculaire, dilate surtout le réseau veineux (baisse de la précharge) et améliore l’oxygénation du myocarde. Au comptoir, le spray sublingual reste la forme la plus emblématique, à connaître parfaitement.

Posologie

  • Crise d’angor (spray sublingual) : 1 pulvérisation sous la langue, à renouveler une fois si besoin après quelques minutes. Si la douleur persiste malgré 2 ou 3 pulvérisations, appeler le 15 sans attendre : il peut s’agir d’un infarctus.
  • Prévention immédiate : une pulvérisation peut se prendre juste avant un effort connu pour déclencher la douleur.
  • Traitement de fond (formes transdermiques) : application quotidienne avec, le plus souvent, un intervalle libre de plusieurs heures dans la journée pour limiter l’échappement thérapeutique (tolérance aux nitrés). Respecter le schéma du prescripteur.
  • Modalités de prise : spray à utiliser de préférence assis ou allongé ; pulvériser sous la langue sans inhaler la dose, puis fermer la bouche. Se conformer au RCP pour les doses précises selon la spécialité.
Réflexe sécurité

Association formellement contre-indiquée avec les inhibiteurs de la PDE5 (sildénafil, tadalafil, vardénafil) et avec le riociguat : risque de chute tensionnelle brutale et potentiellement grave. Toujours poser la question des traitements de la dysfonction érectile, y compris ceux pris en automédication ou ponctuellement. Un délai d’au moins 24 heures est nécessaire entre le sildénafil et la trinitrine, et plus long encore avec le tadalafil (durée d’action prolongée) : se référer au RCP.

Interactions

  • Inhibiteurs de la PDE5 (sildénafil, tadalafil, vardénafil) : contre-indication absolue, risque d’hypotension sévère. Penser aussi à l’automédication.
  • Riociguat : contre-indiqué (potentialisation de l’effet vasodilatateur et hypotenseur).
  • Autres antihypertenseurs et vasodilatateurs : majoration de l’effet hypotenseur, surveiller la tension et les sensations de malaise.
  • Alcool : potentialise la vasodilatation et le risque d’hypotension.
  • Contre-indications liées au terrain : au-delà des interactions, la trinitrine est contre-indiquée notamment en cas d’état de choc, d’hypotension sévère et de certaines cardiopathies (cardiomyopathie obstructive, rétrécissement aortique serré). En cas de doute sur le profil du patient, se référer au RCP et au prescripteur.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à n’utiliser que si nécessaire et sur décision médicale, les données restant limitées. Renvoyer systématiquement au prescripteur et au RCP de la spécialité concernée.
  • Allaitement : données limitées ; l’usage se décide au cas par cas avec le médecin. En cas de doute, se référer au RCP et aux ressources de référence.

Conseils de comptoir

  • Expliquer le geste du spray : 1 pulvérisation sous la langue, sans inhaler la dose, bouche fermée ensuite, sans avaler. Idéalement assis, car une chute de tension peut donner un vertige.
  • Message clé à marteler : si la douleur ne cède pas après 2 à 3 pulvérisations espacées, on appelle le 15. La trinitrine soulage l’angor, elle ne traite pas l’infarctus.
  • Effets fréquents et bénins, surtout en début de traitement : maux de tête, bouffées de chaleur, sensation de vertige. Ils s’atténuent souvent et ne doivent pas faire arrêter un traitement de fond sans avis.
  • Le patient doit toujours avoir son spray sur lui ; vérifier la date de péremption et amorcer un spray neuf avant le premier usage (selon la notice).
  • Pour les formes transdermiques de fond : respecter l’intervalle libre prescrit dans la journée, sinon l’efficacité s’émousse (phénomène de tolérance).

Teste-toi

Question 1 / 3
Un homme de 62 ans vient renouveler son spray de trinitrine. En discutant, il glisse qu'il prend parfois un comprimé pour les rapports, acheté sur internet. Ton réflexe ?
C'est exactement la situation à risque. Les médicaments de la dysfonction érectile sont des inhibiteurs de la PDE5 (sildénafil et apparentés), formellement contre-indiqués avec la trinitrine : l'association peut provoquer une chute de tension grave. On explique calmement le danger, on insiste sur le fait qu'il ne faut jamais associer les deux, et on l'oriente vers son médecin pour faire le point. L'achat hors circuit officinal est un signal d'alerte supplémentaire à aborder sans le braquer.

Mémo

Pour retenir

Trinitrine et bleu de la dysfonction érectile ne font jamais bon ménage : nitré + PDE5 = tension qui s’effondre. Et le réflexe vital : douleur qui persiste après quelques pulvérisations, c’est le 15, pas une pulvérisation de plus.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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