Trimétazidine
L'essentiel
Antiangoreux dit métabolique : la trimétazidine n’agit ni sur la fréquence cardiaque, ni sur la tension, ni sur les coronaires. Elle optimise le métabolisme énergétique de la cellule cardiaque en situation d’ischémie. Sa place est limitée : traitement symptomatique d’appoint, en association, de l’angor stable insuffisamment contrôlé par les antiangoreux de première intention (bêtabloquants, inhibiteurs calciques, dérivés nitrés) ou en cas d’intolérance à ceux-ci. Depuis la réévaluation de 2012, c’est sa seule indication (les anciennes indications ORL et ophtalmo ont été retirées). Ce n’est jamais un traitement de la crise et ce n’est pas un traitement de première ligne.
Posologie
- Adulte : selon la forme délivrée, le plus souvent 35 mg deux fois par jour (forme à libération modifiée) ou 20 mg trois fois par jour (forme à libération immédiate), au cours des repas.
- Modalités de prise : à heures régulières, pendant les repas. La forme à libération modifiée s’avale entière, sans croquer ni écraser.
- Insuffisance rénale : contre-indiquée en cas d’atteinte sévère (clairance de la créatinine inférieure à 30 ml/min) ; en cas d’atteinte modérée, la dose est réduite. Se reporter au RCP de la spécialité.
- Sujet âgé : prudence et surveillance renforcée, l’exposition peut être augmentée (fonction rénale qui décline avec l’âge).
- Conditions de prescription : la primo-prescription est réservée aux cardiologues et réévaluée chaque année ; le renouvellement, lui, peut être assuré par tout médecin. Un réflexe à connaître au comptoir devant une première délivrance.
Syndrome parkinsonien et troubles du mouvement : la trimétazidine est contre-indiquée en cas de maladie de Parkinson et de symptômes parkinsoniens, et peut induire ou aggraver tremblements, rigidité, instabilité de la marche, syndrome des jambes sans repos. Devant l’apparition de ces signes (surtout chez un sujet âgé), on signale et on oriente vers le médecin : ces troubles régressent en général après l’arrêt du traitement.
Interactions
- Peu d’interactions pharmacocinétiques marquantes : la trimétazidine n’est pas un inducteur ou inhibiteur enzymatique majeur, ce qui explique sa réputation de molécule « facile à associer ». Le vrai sujet est ailleurs : la balance bénéfice-risque de l’indication elle-même.
- Autres médicaments parkinsonigènes : rester vigilant si le patient prend déjà des molécules pouvant donner des symptômes extrapyramidaux (certains neuroleptiques, antiémétiques antidopaminergiques), le risque de troubles du mouvement peut se cumuler.
- Insuffisance rénale et associations néphrotoxiques : toute baisse de la fonction rénale augmente l’exposition ; en tenir compte avec les traitements qui altèrent le rein.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : par prudence, la trimétazidine n’est pas recommandée pendant la grossesse, faute de données suffisantes. Devant une patiente enceinte ou un projet de grossesse, on renvoie au médecin pour réévaluer l’intérêt de ce traitement d’appoint.
- Allaitement : le passage dans le lait n’est pas documenté ; l’allaitement est déconseillé pendant le traitement. Là encore, décision médicale au cas par cas.
Conseils de comptoir
- Bien rappeler le rôle : la trimétazidine ne soulage pas une crise d’angor. En cas de douleur thoracique, c’est la trinitrine d’action rapide (si elle est prescrite) et, si la douleur persiste ou inquiète, l’appel au 15.
- Tolérance générale plutôt bonne : les effets les plus rapportés sont digestifs (nausées, gêne gastrique) et des sensations vertigineuses ou des céphalées, souvent en début de traitement.
- Surveiller les signes neurologiques, surtout chez la personne âgée : un tremblement nouveau, une démarche qui se modifie, des chutes inexpliquées doivent faire évoquer la molécule et alerter le médecin.
- C’est un traitement de fond : pas d’arrêt brutal de sa propre initiative, on en parle au prescripteur. Le cardiologue réévalue chaque année l’intérêt de le poursuivre (indication restreinte, à visée symptomatique).
- Repérer la fonction rénale : chez un patient âgé ou polymédiqué, une dégradation du rein peut justifier une réévaluation de la dose.
Teste-toi
Mémo
La trimétazidine, c’est le carburant, pas le frein ni l’accélérateur : elle aide le cœur à mieux utiliser son énergie sans toucher au rythme ni à la tension. Deux mots à graver : appoint (jamais en première ligne, jamais sur la crise) et Parkinson (contre-indication et signal d’alerte des troubles du mouvement).
À voir aussi
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Et dans la même aire (Cardio) :
Références bibliographiques
- RCP Trimétazidine, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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