Ulipristal

Modulateur sélectif des récepteurs de la progestérone (SPRM) · Contraception d'urgence · Voie orale
Délivrance
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L'essentiel

Contraception d’urgence par voie orale, en prise unique de 30 mg, jusqu’à 120 heures (5 jours) après un rapport non ou mal protégé. C’est la « pilule du lendemain » de seconde génération : un modulateur des récepteurs de la progestérone qui retarde ou bloque l’ovulation. Délivrance possible sans ordonnance et, depuis 2023, gratuite pour toutes en pharmacie ; pour les mineures, elle est aussi anonyme. À l’officine, ce n’est pas qu’une boîte qu’on tend : c’est un accueil discret, un repérage des situations à risque et le bon message de suivi.

Posologie

  • Adulte et adolescente : un comprimé à 30 mg en prise unique, le plus tôt possible et au plus tard 120 heures (5 jours) après le rapport à risque.
  • Moment de prise : à tout moment du cycle, à jeun ou non. Plus la prise est précoce, mieux c’est : l’efficacité diminue avec le temps écoulé.
  • Vomissements dans les 3 heures : reprendre un comprimé, le principe actif n’a pas eu le temps d’être absorbé.
  • Insuffisance hépatique sévère : utilisation non recommandée faute de données ; en cas de doute, renvoyer vers un avis médical.
  • Ce n’est pas une contraception régulière : une seule prise par cycle, à réserver à l’urgence.
Réflexe sécurité

Le délai prime : l’efficacité chute heure après heure, on délivre sans temporiser et on précise le compte à rebours de 120 h depuis le rapport. Et toujours le réflexe grossesse : si les règles suivantes ont plus de 7 jours de retard, sont anormales, ou en cas de signes de grossesse, orienter vers un test. Devant une douleur abdominale basse, penser à la grossesse extra-utérine.

Interactions

  • Inducteurs enzymatiques (rifampicine, certains antiépileptiques, millepertuis…) : diminution de l’efficacité de l’ulipristal, y compris dans les semaines suivant l’arrêt de l’inducteur. Dans ce cas, une contraception d’urgence non hormonale (dispositif intra-utérin au cuivre) est à envisager : orienter vers un médecin.
  • Contraception hormonale en cours ou reprise après : elles peuvent se gêner mutuellement. La contraception hormonale peut réduire l’effet de l’ulipristal ; inversement, l’ulipristal peut réduire l’effet de la pilule reprise ensuite. D’où la règle du préservatif en relais (voir conseils).
  • Lévonorgestrel (autre contraception d’urgence) : ne pas associer les deux molécules sur le même épisode. Le progestatif peut antagoniser l’ulipristal et réduire son efficacité.
  • Médicaments augmentant le pH gastrique (antiacides, anti-H2, IPP) : une réduction théorique de l’absorption a été décrite ; en pratique, prendre l’ulipristal à distance d’un antiacide et vérifier la notice du produit délivré.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : sans objet comme but, c’est un contraceptif. En cas de grossesse déjà débutée, l’ulipristal n’a pas d’indication et n’est pas une méthode abortive ; les données de tolérance sur une grossesse poursuivie restent limitées. Devant un retard de règles après la prise, faire un test.
  • Allaitement : passage dans le lait. La conduite recommandée est de suspendre l’allaitement pendant une semaine après la prise (tirer et jeter le lait pour entretenir la lactation). Vérifier la notice du produit délivré.

Conseils de comptoir

  • Plus tôt, mieux c’est : insister sur la prise immédiate plutôt que d’attendre. Le compte court depuis le rapport, pas depuis l’achat.
  • Ce n’est pas une protection pour les rapports suivants : tout nouveau rapport dans le cycle redevient à risque. Préservatif jusqu’aux règles suivantes.
  • Relais de la pilule : on peut commencer ou poursuivre une contraception hormonale, mais avec préservatif en plus jusqu’aux règles suivantes (se référer à la notice et à l’avis du prescripteur). L’ulipristal et la pilule peuvent se gêner mutuellement.
  • Effets fréquents et bénins : maux de tête, nausées, douleurs abdominales, règles parfois décalées de quelques jours. Rien d’inquiétant en soi.
  • Asthme sévère sous corticoïdes par voie orale : utilisation non recommandée (l’ulipristal module aussi les récepteurs des glucocorticoïdes). En cas de doute, orienter vers un avis médical.
  • Gratuité et confidentialité : depuis 2023, la contraception d’urgence est gratuite et sans ordonnance pour toutes en pharmacie ; pour les mineures, elle est en plus anonyme. Accueil discret, espace de confidentialité, et ouverture vers une contraception régulière et la prévention des IST si la personne le souhaite.
  • Ne pas confondre avec l’ulipristal 5 mg des fibromes utérins : autre dosage, autre indication, autre cadre de surveillance. Au comptoir, contraception d’urgence = 30 mg en dose unique.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente vous dit avoir eu un rapport non protégé « il y a 4 jours ». Trop tard pour l'ulipristal ?
Non. La fenêtre va jusqu'à 120 heures, soit 5 jours : à J4, on est encore dans les clous. On délivre sans dramatiser ni juger, en précisant que l'efficacité est meilleure tôt et qu'il faut prendre le comprimé sans attendre davantage. On rappelle aussi le réflexe suivi : test de grossesse si les règles tardent de plus d'une semaine.

Mémo

Pour retenir

5 jours, 1 comprimé, le plus tôt possible. Ulipristal = 30 mg en dose unique, fenêtre 120 h. Et trois relais à ne pas oublier : préservatif jusqu’aux règles, test si retard de plus d’une semaine, inducteurs enzymatiques qui peuvent tout faire échouer.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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