Lévonorgestrel (contraception d'urgence)
L'essentiel
Contraception d’urgence orale, à prendre le plus tôt possible après un rapport non ou mal protégé. Le lévonorgestrel agit surtout en retardant ou en bloquant l’ovulation : il n’est ni un médicament abortif ni une pilule du lendemain « qui interrompt une grossesse ». Plus la prise est précoce, plus elle est efficace. C’est une solution de rattrapage ponctuelle, jamais une méthode de contraception régulière. Délivrance possible sans ordonnance, gratuitement et de façon anonyme, pour toutes les femmes, mineures comme majeures.
Posologie
- Adulte et adolescente : un comprimé de 1,5 mg en prise unique, le plus tôt possible et au plus tard dans les 72 heures après le rapport à risque (délai de l’AMM du lévonorgestrel).
- Le plus tôt = le plus efficace : l’efficacité diminue avec le temps écoulé, d’où l’intérêt de ne pas attendre.
- Vomissements dans les 3 heures suivant la prise : reprendre un comprimé, la dose ayant pu ne pas être absorbée.
- Inducteurs enzymatiques dans les 4 dernières semaines (certains antiépileptiques, rifampicine, millepertuis, certains antirétroviraux) : efficacité réduite. Conduite recommandée : DIU au cuivre en priorité ; s’il est impossible ou refusé, le RCP prévoit de doubler la dose de lévonorgestrel (3 mg en une prise), sur avis médical. L’ulipristal n’est pas une bonne alternative ici car il est lui aussi affaibli par les inducteurs. Orienter vers le médecin.
- Prise indifférente par rapport aux repas, avec un verre d’eau.
Le lévonorgestrel ne protège pas contre les rapports suivants et son efficacité peut être réduite par les inducteurs enzymatiques (certains antiépileptiques, rifampicine, millepertuis, certains antirétroviraux). Un poids ou un IMC élevé pourrait aussi diminuer son efficacité, mais cette donnée n’est pas confirmée : on continue de le proposer quel que soit le poids, sans modifier la dose. En cas de prise d’un inducteur enzymatique dans les 4 dernières semaines, la conduite n’est pas l’ulipristal (lui aussi affaibli) mais le dispositif intra-utérin au cuivre en priorité ou, à défaut, une double dose de lévonorgestrel (3 mg) sur avis médical. Pour les autres situations à plus haut risque d’échec, évoquer une alternative (ulipristal ou, méthode la plus efficace, le DIU au cuivre posé rapidement) et orienter sans dramatiser. Toujours rappeler qu’aucune contraception d’urgence ne protège des IST.
Interactions
- Inducteurs enzymatiques (rifampicine, certains antiépileptiques, antirétroviraux) : diminution possible de l’efficacité contraceptive d’urgence.
- Millepertuis : inducteur enzymatique en automédication, souvent oublié à l’interrogatoire, à rechercher activement.
- Ulipristal (autre contraception d’urgence) : ne pas associer les deux le même cycle ; le lévonorgestrel, étant un progestatif, peut réduire l’effet de l’ulipristal s’il est pris peu avant ou peu après.
- Contraception hormonale en cours : le lévonorgestrel ne la remplace pas ; la pilule habituelle est poursuivie ou reprise sans délai, avec préservatif jusqu’aux prochaines règles.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : sans objet comme contraception une fois la grossesse débutée ; le lévonorgestrel n’interrompt pas et ne nuit pas à une grossesse déjà installée. Devant un retard de règles de plus de 5 à 7 jours après la prise, orienter vers un test de grossesse.
- Allaitement : utilisation possible ; passage dans le lait en faible quantité. Par prudence, certaines sources proposent de prendre la dose juste après une tétée et d’espacer la tétée suivante, selon la notice du produit délivré.
Conseils de comptoir
- Délivrance sans ordonnance, gratuite et anonyme, pour toutes les femmes (mineures comme majeures) : un accueil neutre et discret compte autant que le comprimé.
- Le repère « dans les 72 heures » ne veut pas dire « il reste du temps » : plus c’est tôt, mieux c’est, ne pas reporter à demain.
- Tolérance généralement bonne : nausées, fatigue, tensions mammaires, maux de tête possibles et transitoires ; les règles suivantes peuvent arriver avec quelques jours d’avance ou de retard.
- Si les règles ont plus de 5 à 7 jours de retard, ou en cas de saignements inhabituels, conseiller un test de grossesse et un avis médical.
- C’est le bon moment pour parler contraception régulière et préservatif : la contraception d’urgence reste un rattrapage ponctuel, pas une méthode.
- Toujours rappeler qu’elle ne protège pas des IST : proposer un dépistage si le rapport était à risque.
Teste-toi
Mémo
Trois réflexes : tôt (le plus vite possible, au plus tard dans les 72 h), pas une méthode (rattrapage ponctuel, on parle contraception régulière), pas un bouclier IST (proposer un dépistage). Et en cas d’inducteur enzymatique : DIU au cuivre en priorité ou, à défaut, lévonorgestrel 3 mg sur avis médical, pas l’ulipristal (lui aussi affaibli).
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Références bibliographiques
- RCP Lévonorgestrel 1,5 mg, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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