Répaglinide
L'essentiel
Antidiabétique oral de la famille des glinides, indiqué dans le diabète de type 2 quand le régime, l’exercice et la perte de poids ne suffisent pas, en monothérapie ou en association (souvent avec la metformine). Son intérêt : un insulinosécréteur à action rapide et brève, calé sur le repas, qui cible surtout les pics glycémiques postprandiaux. Une option utile chez les patients aux repas irréguliers, où une prise par repas est plus souple qu’un sulfamide à action prolongée. À réserver au diabète de type 2 : il est contre-indiqué dans le diabète de type 1 et l’acidocétose.
Posologie
- Adulte : initiation à faible dose, le plus souvent 0,5 mg avant chaque repas principal (1 mg en cas de relais d’un autre antidiabétique oral), puis adaptation progressive selon la glycémie. Dose maximale recommandée : 4 mg par prise, sans dépasser 16 mg par jour.
- Modalités de prise : une prise juste avant chaque repas, dans un délai court avant de manger (habituellement dans les 15 minutes, de 0 à 30 minutes avant). Un repas sauté = une prise sautée ; un repas ajouté = une prise ajoutée.
- Insuffisance hépatique : contre-indiqué en cas d’insuffisance hépatique sévère (l’élimination est surtout hépatique). En atteinte légère à modérée, prudence et adaptation selon le RCP, surveillance rapprochée.
- Insuffisance rénale : exposition peu modifiée et pas de contre-indication, mais prudence et adaptation prudente des doses, surtout chez l’insuffisant rénal sévère (sensibilité accrue à l’insuline, donc risque d’hypoglycémie).
- Sujet âgé ou dénutri : initiation prudente, le risque d’hypoglycémie est majoré.
Hypoglycémie : le répaglinide stimule l’insuline et se prend avant chaque repas. La règle d’or au comptoir : pas de repas, pas de comprimé. Si le patient saute un repas et prend quand même sa dose, il s’expose à une hypoglycémie. Vérifier qu’il sait reconnaître les signes (sueurs, tremblements, fringale, malaise) et resucrer.
Interactions
- Gemfibrozil : association contre-indiquée. Ce fibrate inhibe le métabolisme du répaglinide (CYP2C8) et fait grimper fortement ses concentrations, avec risque d’hypoglycémie sévère et prolongée. À repérer impérativement sur l’ordonnance.
- Clopidogrel : association à éviter. Le métabolite du clopidogrel inhibe le CYP2C8 et majore l’effet hypoglycémiant du répaglinide. Comme le clopidogrel est fréquent chez ces patients (terrain cardiovasculaire), c’est une vigilance à avoir ; si l’association est maintenue, surveillance glycémique renforcée et avis médical.
- Autres hypoglycémiants (insuline, sulfamides, analogues du GLP-1) : effet additif, surveillance glycémique renforcée.
- Inhibiteurs enzymatiques : certains médicaments (antifongiques azolés, clarithromycine, triméthoprime, ciclosporine) augmentent l’exposition au répaglinide et donc le risque d’hypoglycémie ; avis médical.
- Inducteurs enzymatiques : rifampicine, carbamazépine, millepertuis notamment peuvent réduire l’effet du répaglinide et déséquilibrer la glycémie ; avis médical.
- Bêtabloquants : peuvent masquer les signes d’alerte d’une hypoglycémie (tachycardie, tremblements), à signaler au patient.
- Alcool : majore et prolonge le risque d’hypoglycémie ; prudence, surtout à jeun.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : déconseillé, faute de données suffisantes. La prise en charge du diabète pendant la grossesse repose sur d’autres stratégies (l’insuline en référence). Devant un projet de grossesse ou une grossesse, orienter vers le médecin pour réévaluer le traitement.
- Allaitement : ne doit pas être prescrit pendant l’allaitement (données insuffisantes et risque d’hypoglycémie chez le nourrisson). Renvoyer au prescripteur pour le choix le mieux adapté.
Conseils de comptoir
- Caler chaque prise sur un repas : c’est tout l’esprit du glinide. Bien expliquer la souplesse (un repas en moins, une prise en moins) car c’est contre-intuitif pour qui a l’habitude d’un comprimé à heure fixe.
- Apprendre à reconnaître et corriger une hypoglycémie : resucrage rapide (morceaux de sucre, jus de fruit), puis collation. Avoir toujours de quoi se resucrer sur soi.
- Tolérance globalement bonne ; les hypoglycémies sont l’effet à surveiller en priorité, généralement plus brèves qu’avec un sulfamide du fait de la courte durée d’action.
- Ne pas doubler une prise oubliée : si le repas est déjà passé et bien avancé, mieux vaut sauter la dose que risquer une hypoglycémie. Au moindre doute, renvoyer vers le médecin.
- Le suivi repose sur l’autosurveillance glycémique et l’HbA1c : encourager le patient à tenir ses contrôles et ses rendez-vous.
Teste-toi
Mémo
Le répaglinide, c’est le médicament « un repas, un comprimé ». Pas de repas, pas de prise. Et deux noms à surveiller à côté sur l’ordonnance : gemfibrozil (contre-indiqué) et clopidogrel (à éviter), tous deux source d’hypoglycémies.
À voir aussi
Dans la même aire (Endocrino-diabéto) :
Références bibliographiques
- RCP Répaglinide, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- HAS, Stratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2 Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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