Dulaglutide
L'essentiel
Analogue du GLP-1 injectable une fois par semaine, indiqué dans le diabète de type 2 insuffisamment équilibré, le plus souvent en association à d’autres antidiabétiques (metformine, sulfamide, insuline). Il stimule la sécrétion d’insuline de façon dépendante du glucose, freine le glucagon, ralentit la vidange gastrique et favorise la satiété, d’où une baisse de l’HbA1c accompagnée d’une perte de poids. Comme d’autres molécules de la classe, il a un intérêt sur le plan cardiovasculaire chez certains patients à risque. Il s’utilise le plus souvent en association, mais l’AMM prévoit aussi la monothérapie quand la metformine est inadaptée (intolérance ou contre-indication). Ce n’est pas un produit minceur.
Posologie
- Adulte : une injection sous-cutanée par semaine, le même jour, à toute heure, pendant ou en dehors des repas. On commence à dose faible puis on augmente selon la tolérance et l’objectif glycémique, en restant dans les paliers prévus par le RCP.
- Sites et rotation : abdomen, cuisse ou bras, en alternant les points d’injection. Le stylo est prérempli et à usage unique.
- Oubli : si l’oubli est rattrapable dans le délai indiqué par le RCP, faire l’injection dès que possible, sinon sauter la dose et reprendre au jour habituel ; jamais deux doses rapprochées.
- Insuffisance rénale : pas d’adaptation de dose en insuffisance rénale légère à modérée. L’expérience est limitée en insuffisance rénale sévère ou terminale (DFG inférieur à 30 mL/min) où l’utilisation n’est pas recommandée ; prudence et surveillance en cas de troubles digestifs marqués (déshydratation). Se référer au RCP.
- Insuffisance hépatique : expérience clinique limitée, surtout en cas d’atteinte sévère ; ne pas instaurer sans avis et se référer au RCP.
- Conservation : au réfrigérateur (2 à 8 °C), à l’abri de la lumière ; possibilité de conservation à température ambiante sur une durée limitée précisée par la notice, ne pas congeler.
Devant une douleur abdominale intense et persistante, surtout si elle irradie dans le dos avec des vomissements, penser à la pancréatite aiguë : on conseille d’arrêter et d’avoir un avis médical rapide. C’est l’effet indésirable grave à connaître pour cette classe. Le RCP recommande par ailleurs la prudence en cas d’antécédent familial de cancer médullaire de la thyroïde ou de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEM 2).
Interactions
- Sulfamides hypoglycémiants et insuline : risque d’hypoglycémie majoré en association ; une baisse de la dose du sulfamide ou de l’insuline est souvent nécessaire. Le dulaglutide seul expose peu à l’hypoglycémie.
- Médicaments oraux à marge étroite : le ralentissement de la vidange gastrique peut modifier l’absorption de certains médicaments pris par voie orale ; en tenir compte au cas par cas (se référer au RCP).
- Autres analogues du GLP-1 ou incrétines : ne jamais associer deux molécules de la même famille (par exemple un autre GLP-1 ou un inhibiteur de la DPP-4).
Grossesse / allaitement
- Grossesse : non recommandé. Les données chez la femme enceinte sont limitées ; en cas de projet de grossesse ou de grossesse, le traitement du diabète est réévalué par le médecin, l’insuline restant la référence. Un arrêt anticipé avant la conception est généralement conseillé, à discuter avec le prescripteur.
- Allaitement : on ne dispose pas de données suffisantes ; le RCP déconseille l’utilisation pendant l’allaitement. Décision au cas par cas avec le médecin selon le bénéfice attendu.
Conseils de comptoir
- Bien expliquer la technique du stylo : sortir du frigo un moment avant pour limiter l’inconfort, choisir le site, déclencher et attendre la fin du signal sonore avant de retirer. Première mise sous traitement : proposer une démonstration.
- Les effets digestifs (nausées, parfois vomissements ou diarrhée) sont fréquents en début de traitement et lors des augmentations de dose ; ils s’atténuent souvent avec le temps. Conseiller des repas plus légers et fractionnés, et de signaler ce qui persiste.
- Rappeler que c’est un traitement du diabète, hebdomadaire : il ne remplace pas les règles hygiéno-diététiques ni la surveillance de la glycémie et de l’HbA1c.
- En cas de signes de déshydratation (vomissements ou diarrhée importants), boire et consulter, surtout chez le sujet âgé ou insuffisant rénal.
- Gestion de la chaîne du froid pour les stylos non entamés ; ne pas utiliser un stylo congelé. Éliminer aiguilles et stylos usagés dans un collecteur DASRI.
Teste-toi
Mémo
Les GLP-1 finissent en -glutide (dulaglutide, sémaglutide, liraglutide). Une injection par semaine, le glucose en moins, le poids en moins, mais le ventre qui râle au début et la pancréatite en sentinelle. Et toujours : c’est un médicament du diabète.
À voir aussi
Analogues du GLP-1 :
Et dans la même aire (Endocrino-diabéto) :
Références bibliographiques
- RCP Dulaglutide, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- HAS, Stratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2 Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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