Empagliflozine

Inhibiteur du SGLT2 (gliflozine) · Liste I · Voie orale
Délivrance
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L'essentiel

Antidiabétique oral qui fait baisser la glycémie en bloquant la réabsorption rénale du glucose : l’excès de sucre part dans les urines. Indiquée dans le diabète de type 2, le plus souvent en association à la metformine. Son intérêt déborde aujourd’hui largement le diabète : elle a aussi une place reconnue dans l’insuffisance cardiaque et la maladie rénale chronique, y compris chez des patients non diabétiques. Une molécule à connaître au-delà de sa case « antidiabétique ».

Posologie

  • Adulte (diabète de type 2) : généralement une prise par jour, en une seule fois, à dose initiale puis éventuellement augmentée selon la réponse et la tolérance.
  • Insuffisance cardiaque / maladie rénale chronique : posologie fixe selon l’indication validée, sans titration glycémique. Toujours se référer au RCP et à l’ordonnance.
  • Fonction rénale : l’efficacité sur la glycémie diminue quand la fonction rénale baisse ; il existe des seuils d’instauration et de poursuite, à vérifier au cas par cas.
  • Enfant et adolescent (à partir de 10 ans, diabète de type 2) : une indication pédiatrique existe, remboursée en France en seconde ligne après la metformine (avec ou sans insuline) ; posologie au RCP.
  • Modalités : prise indifférente par rapport aux repas, à heure régulière. Avaler le comprimé avec un verre d’eau.
Réflexe sécurité

Risque d’acidocétose diabétique, y compris à glycémie normale ou peu élevée (acidocétose euglycémique), ce qui la rend trompeuse. Devant des signes évocateurs (nausées, vomissements, douleurs abdominales, fatigue intense, soif, respiration rapide), c’est une urgence : arrêt de la molécule et avis médical immédiat, sans se rassurer sur un lecteur de glycémie « correct ».

Interactions

  • Diurétiques : majoration de la perte d’eau et de sel, risque de déshydratation et d’hypotension, surtout chez le sujet âgé. Surveillance renforcée.
  • Insuline et sulfamides hypoglycémiants : l’association augmente le risque d’hypoglycémie ; une baisse de dose de ces traitements est parfois nécessaire.
  • Situations à risque rénal (déshydratation, AINS, produits de contraste iodés, IEC/ARA II) : prudence, la fonction rénale peut se dégrader rapidement.
  • Règle des jours de maladie : en cas de fièvre, gastro, vomissements ou jeûne prolongé, l’arrêt temporaire est souvent recommandé pour limiter le risque d’acidocétose et de déshydratation. Avant une chirurgie programmée, l’arrêt en pratique au moins trois jours avant est recommandé, avec reprise après stabilisation.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : n’est pas recommandée. En cas de projet de grossesse ou de grossesse confirmée, le traitement du diabète est réévalué par le médecin, en règle générale au profit d’autres options. Renvoyer vers le prescripteur.
  • Allaitement : à éviter, par manque de données et par précaution sur le développement rénal du nourrisson. Décision médicale au cas par cas.

Conseils de comptoir

  • Boire suffisamment et signaler une fatigue inhabituelle, des vertiges en se levant ou une bouche très sèche : ce sont des signes de déshydratation.
  • Infections génitales (mycoses, démangeaisons), plus fréquentes du fait du sucre dans les urines : rappeler une hygiène intime douce et bien sécher la zone. Le plus souvent bénin et traitable, mais à signaler.
  • Infection urinaire : consulter si brûlures, envies fréquentes ou fièvre, sans banaliser.
  • Signal rare mais grave à connaître : devant une douleur, un gonflement ou une rougeur du périnée ou des organes génitaux, surtout avec de la fièvre ou un malaise, c’est une urgence (risque de gangrène de Fournier). On ne temporise pas, on oriente vers un avis médical immédiat.
  • Expliquer la règle des jours de maladie (gastro, fièvre, jeûne) : en parler avec le médecin pour savoir quand suspendre puis reprendre.
  • Ne pas être surpris par une perte de poids modérée et une légère baisse de tension : c’est un effet attendu de la molécule, pas un effet indésirable en soi.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente diabétique sous cette molécule depuis un mois te dit qu'elle a une mycose vaginale pour la deuxième fois. Elle se demande si elle doit tout arrêter. Tu réponds quoi ?
On la rassure d'abord : les infections génitales sont l'effet indésirable le plus fréquent de cette classe, parce que le sucre éliminé dans les urines favorise les levures. Ce n'est pas une raison d'arrêter le traitement de sa propre initiative. On conseille une hygiène intime douce, de bien sécher la zone, et on l'oriente vers une prise en charge de la mycose. Si les épisodes se répètent ou deviennent gênants, c'est au médecin d'en discuter avec elle, pas au comptoir de décider l'arrêt.

Mémo

Pour retenir

Une gliflozine, c’est du sucre dans les urines : d’où les trois conséquences à surveiller, mycoses et infections génitales, déshydratation (attention au duo avec les diurétiques), et le piège de l’acidocétose à glycémie normale. Et on n’oublie pas qu’elle protège aussi cœur et reins, diabétique ou non.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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