Dapagliflozine

Inhibiteur du SGLT2 (gliflozine) · Liste I · Voie orale
Délivrance
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L'essentiel

Antidiabétique oral qui agit au rein : il bloque le co-transporteur SGLT2 du tube proximal, ce qui fait éliminer du glucose dans les urines (effet indépendant de l’insuline). Indiqué dans le diabète de type 2, mais sa place a beaucoup évolué : la dapagliflozine est aujourd’hui aussi utilisée dans l’insuffisance cardiaque et la maladie rénale chronique, y compris chez des patients non diabétiques. Au comptoir, tu la verras donc arriver sur des profils variés, pas seulement chez le diabétique.

Posologie

  • Adulte : une prise par jour, dose usuelle 10 mg, en une seule fois, à heure régulière. Prise indifférente par rapport aux repas.
  • Insuffisance rénale : l’efficacité sur la glycémie diminue quand la fonction rénale baisse ; l’instauration et le maintien dépendent du DFG et de l’indication. Toujours se référer au RCP et aux recommandations en vigueur.
  • Personne âgée : pas d’adaptation systématique liée à l’âge seul, mais surveiller l’état d’hydratation et la tension.
  • Enfant : une indication existe dans le diabète de type 2 à partir de 10 ans (AMM européenne), mais elle n’est pas remboursée en France et l’usage pédiatrique y reste très limité ; se référer au RCP.
  • Ne pas doubler la dose en cas d’oubli : reprendre simplement la prise suivante.
Réflexe sécurité

Acidocétose possible même avec une glycémie peu élevée (acidocétose euglycémique), ce qui peut retarder le diagnostic. Devant des nausées, vomissements, douleurs abdominales, une respiration ample ou une fatigue inhabituelle, on évoque l’acidocétose et on oriente sans attendre une glycémie très haute. Règle des jours malades : en cas d’infection aiguë, de jeûne ou de déshydratation, le traitement peut devoir être suspendu. Avant une chirurgie programmée, l’arrêt est recommandé, en pratique au moins trois jours avant, avec reprise une fois le patient stabilisé et réalimenté.

Interactions

  • Diurétiques : effet déplétif additionné, risque de déshydratation et d’hypotension, surtout en début de traitement ou par forte chaleur.
  • Insuline et sulfamides hypoglycémiants : l’association majore le risque d’hypoglycémie ; une baisse de dose de l’insuline ou du sulfamide est souvent nécessaire.
  • Antihypertenseurs : l’effet de type diurétique de la gliflozine peut accentuer la baisse de tension, surveiller en début de traitement et chez la personne âgée.
  • Médicaments néphrotoxiques et situations de déshydratation : prudence sur la fonction rénale, à recroiser avec le terrain du patient.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : non recommandée. En cas de désir de grossesse ou de grossesse confirmée, le traitement est habituellement arrêté et le diabète repris en charge selon les recommandations obstétricales. Orienter vers le médecin.
  • Allaitement : à éviter, données insuffisantes et préoccupation sur le rein du nourrisson. Un autre traitement est préféré pendant l’allaitement.

Conseils de comptoir

  • Mycoses génitales et infections urinaires plus fréquentes : c’est lié au sucre éliminé dans les urines. Rappeler une bonne hygiène locale et signaler des brûlures urinaires ou des démangeaisons persistantes.
  • Boire suffisamment, surtout au démarrage, par forte chaleur ou en cas de gastro : le risque ici est la déshydratation, pas le manque d’eau habituel.
  • Expliquer la règle des jours malades : si le patient ne mange plus, vomit ou a une infection sévère, il ne poursuit pas en aveugle et demande conseil.
  • Signe rare mais grave à connaître : douleur, rougeur ou gonflement du périnée avec fièvre doit faire consulter en urgence (infection sévère des tissus mous de cette zone, la gangrène de Fournier).
  • La glycosurie n’est pas un signe que le diabète s’aggrave : c’est le mode d’action normal du médicament, à ne pas confondre avec un déséquilibre.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente diabétique sous dapagliflozine te dit qu'elle a une gastro depuis deux jours, qu'elle ne mange presque plus et qu'elle a des nausées. Elle continue son traitement « pour ne pas déséquilibrer son diabète ». Ton réflexe ?
C'est typiquement la situation à risque d'acidocétose euglycémique. Quand le patient ne s'alimente plus, vomit ou se déshydrate, la règle des jours malades s'applique : la gliflozine doit souvent être suspendue le temps de l'épisode. On ne se rassure pas sur une glycémie « pas si haute » : avec cette classe, l'acidocétose peut survenir avec une glycémie peu élevée. On l'invite à contacter son médecin, on insiste sur l'hydratation, et on guette nausées persistantes, douleurs abdominales et respiration ample, qui imposent un avis urgent.

Mémo

Pour retenir

Le piège de la gliflozine tient en deux idées : sucre dans les urines (mycoses, infections urinaires, hydratation) et acidocétose même sans hyperglycémie franche (règle des jours malades). Le suffixe -gliflozine signe la classe et son action au rein.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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