Carbamazépine

Antiépileptique (canaux sodiques) · Inducteur enzymatique · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Carbamazépine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Antiépileptique ancien et de référence dans certaines épilepsies (notamment crises partielles), aussi utilisé dans la névralgie du trijumeau, comme thymorégulateur dans le trouble bipolaire et dans certaines douleurs neuropathiques. C’est un inducteur enzymatique puissant qui accélère le métabolisme de nombreux médicaments associés, et qui induit aussi son propre métabolisme (la dose peut devoir être réévaluée dans les premières semaines). La dose est augmentée progressivement et la marge thérapeutique reste étroite : on a volontiers recours aux dosages plasmatiques au long cours.

Posologie

  • Adulte : instauration à faible dose puis augmentation progressive par paliers jusqu’à la dose d’entretien usuelle, le plus souvent répartie en 2 à 3 prises ; la dose exacte est individualisée et guidée par la clinique et les dosages plasmatiques (se référer au RCP).
  • Enfant : posologie rapportée au poids, titration lente également ; formes adaptées (suspension buvable, comprimés) selon l’âge.
  • Forme LP : les comprimés à libération prolongée lissent les concentrations et se prennent en général en 2 prises ; ne pas écraser ni croquer un comprimé LP.
  • Insuffisance hépatique : prudence et surveillance, le foie étant la voie principale de métabolisme.
  • Prise au cours des repas pour limiter la gêne digestive ; ne jamais arrêter brutalement un traitement antiépileptique (risque de recrudescence des crises).
Réflexe sécurité

Inducteur enzymatique puissant : la carbamazépine peut faire chuter l’efficacité de nombreux traitements, dont les contraceptifs hormonaux. Devant une femme en âge de procréer, le réflexe est de vérifier la contraception (une pilule peut ne plus suffire) et de rappeler le risque malformatif en cas de grossesse. On signale aussi sans attendre toute éruption cutanée précoce, surtout avec fièvre ou atteinte des muqueuses : elle peut annoncer une réaction grave (DRESS, syndrome de Stevens-Johnson).

Interactions

  • Contraceptifs hormonaux : l’induction enzymatique diminue leur efficacité, risque d’échec de contraception. Réévaluer la méthode avec le prescripteur.
  • Autres substrats métabolisés par le foie : nombreux antiépileptiques, antivitamines K, immunosuppresseurs, certains antiviraux et bien d’autres voient leurs concentrations baisser. Toute association mérite un contrôle du Thésaurus ANSM.
  • Inhibiteurs enzymatiques (ex. certains macrolides, antifongiques azolés, jus de pamplemousse) : peuvent au contraire augmenter la carbamazépinémie et exposer au surdosage.
  • Médicaments hyponatrémiants (diurétiques, certains antidépresseurs) : additionnent le risque d’hyponatrémie déjà propre à la molécule.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : molécule tératogène (risque accru d’anomalies de fermeture du tube neural et d’autres malformations). Une grossesse sous carbamazépine se prépare et se suit avec le spécialiste : on n’arrête jamais seul un antiépileptique, mais on n’initie pas non plus ce traitement à la légère chez une femme en âge de procréer sans contraception fiable. Renvoyer vers le prescripteur.
  • Allaitement : passage dans le lait maternel ; décision au cas par cas avec l’équipe soignante, en surveillant le nourrisson (somnolence, prise de poids, tolérance). Se référer aux recommandations en vigueur.

Conseils de comptoir

  • Ne jamais arrêter brutalement : un arrêt non encadré expose à une reprise des crises. Toute modification passe par le prescripteur.
  • Effets fréquents en début de traitement (somnolence, vertiges, vision trouble, troubles de l’équilibre) : prudence au volant et au travail tant que la titration n’est pas stabilisée. Ces effets s’atténuent souvent à mesure que l’organisme s’adapte.
  • Surveillance biologique au long cours : numération sanguine, bilan hépatique et natrémie sont contrôlés car la molécule peut retentir sur le sang, le foie et le sodium (hyponatrémie).
  • Signaler sans attendre une éruption cutanée, de la fièvre, des aphtes, un mal de gorge ou des ecchymoses inhabituelles : ces signes imposent un avis médical rapide.
  • Ne pas écraser les comprimés LP ; respecter l’observance, des oublis répétés déstabilisent l’équilibre du traitement.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente de 24 ans sous pilule vient chercher une primo-délivrance de carbamazépine. Que vérifies-tu en priorité ?
La contraception. La carbamazépine est un inducteur enzymatique puissant qui diminue l'efficacité des contraceptifs hormonaux : la pilule peut ne plus suffire, avec un vrai risque d'échec et donc de grossesse, alors même que la molécule est tératogène. Le bon réflexe : alerter la patiente, l'orienter vers le prescripteur pour réévaluer la méthode contraceptive, et tracer l'intervention. On ne se contente pas de servir la boîte.

Mémo

Pour retenir

Carbamazépine, c’est P.I.C. : Pilule (efficacité réduite, à réévaluer), Induction enzymatique (elle accélère le métabolisme de tout ce qui passe, le sien compris), Cutané et grossesse (éruption précoce à surveiller, molécule tératogène). Trois lettres pour ne rien oublier au comptoir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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