Bromazépam

Benzodiazépine anxiolytique · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Bromazépam, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Anxiolytique de la famille des benzodiazépines, indiqué dans le traitement symptomatique des manifestations anxieuses sévères ou invalidantes. Ce n’est pas un traitement de fond de l’anxiété : il soulage le symptôme, il ne traite pas la cause. Sa place est limitée dans le temps, en complément d’une prise en charge plus globale, et la question centrale au comptoir reste toujours la même, depuis quand le patient en prend et avec quel projet d’arrêt.

Posologie

  • Adulte : dose strictement individuelle, à la plus faible dose efficace ; on commence bas, on réévalue. Les comprimés quadrisécables permettent un ajustement fin et une décroissance progressive.
  • Durée : aussi courte que possible. Selon le RCP, la durée totale, sevrage compris, ne dépasse pas 8 à 12 semaines pour l’anxiété. Au-delà, on est dans le hors-cadre et la dépendance s’installe.
  • Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique : réduire la dose (souvent de moitié), risque accru de sédation, de confusion et de chutes.
  • Modalités de prise : répartir sur la journée, avec souvent une prise un peu plus importante le soir si la sédation gêne. Ne jamais associer à l’alcool.
  • Arrêt toujours progressif, jamais brutal, sur plusieurs semaines selon l’ancienneté du traitement.
Réflexe sécurité

Dépendance et sevrage. Au-delà de quelques semaines, l’arrêt brutal expose à un syndrome de sevrage (anxiété rebond, insomnie, tremblements, et dans les formes sévères confusion ou convulsions). On n’arrête jamais une benzodiazépine d’un coup : décroissance progressive et accompagnée. Vigilance majeure sur l’association aux opioïdes et à l’alcool (dépression respiratoire).

Interactions

  • Opioïdes (codéine, tramadol, morphiniques) : majoration de la dépression respiratoire, association à risque, parfois mortelle. Le cumul benzodiazépine + opioïde est un signal d’alerte au comptoir.
  • Alcool : potentialise la sédation et altère la vigilance ; à proscrire pendant le traitement.
  • Autres dépresseurs du système nerveux central : autres benzodiazépines, hypnotiques, certains antihistaminiques sédatifs, antalgiques centraux, antitussifs opioïdes : addition des effets sédatifs.
  • Conduite et machines : baisse de la vigilance, surtout en début de traitement et en cas de prise associée à d’autres sédatifs ; le pictogramme l’indique.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter, surtout en fin de grossesse. Une prise prolongée ou à doses élevées en fin de grossesse expose le nouveau-né à une hypotonie, des difficultés de succion et un syndrome de sevrage néonatal. En cas de traitement nécessaire, dose minimale et information de l’équipe obstétricale ; on renvoie au RCP et à l’avis médical.
  • Allaitement : déconseillé en pratique, passage dans le lait avec risque de sédation et de mauvaise prise des tétées chez le nourrisson. Si une benzodiazépine est indispensable, surveiller l’éveil et le tonus de l’enfant et privilégier les molécules de demi-vie courte sur avis médical.

Conseils de comptoir

  • Quelques terrains où la benzodiazépine n’a pas sa place et qui se vérifient au comptoir : insuffisance respiratoire sévère, syndrome d’apnée du sommeil, myasthénie, insuffisance hépatique sévère. Au moindre doute, on ne délivre pas sans en parler au prescripteur.
  • Le message clé à chaque délivrance : c’est un traitement court, pas un médicament du quotidien. Reformuler le projet d’arrêt avec le patient.
  • Somnolence, baisse de vigilance, troubles de la mémoire et de l’attention sont fréquents, surtout au début : prudence au volant et avec les machines.
  • Chez la personne âgée, le vrai danger c’est la chute et la confusion ; un proche qui signale des troubles de l’équilibre ou de la mémoire doit alerter.
  • Effet paradoxal possible (agitation, irritabilité, désinhibition, parfois plus marqué chez le sujet âgé) : si le patient décrit l’inverse de l’effet attendu, on en parle au médecin.
  • Ne jamais doubler une dose oubliée et ne jamais arrêter seul du jour au lendemain : la décroissance se prépare avec le prescripteur.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient renouvelle sa boîte tous les mois depuis plus d'un an et te dit : « de toute façon je ne peux plus m'endormir sans. » Tu fais quoi ?
On ne juge pas et on ne coupe pas le traitement au comptoir, mais c'est exactement le moment d'ouvrir le dialogue. Cette consommation au long cours dépasse le cadre recommandé (8 à 12 semaines) et la phrase trahit une dépendance installée. Le bon réflexe : valoriser une décroissance très progressive et accompagnée, jamais un arrêt brutal, et orienter vers une réévaluation avec le médecin. On trace l'échange. L'objectif n'est pas d'arracher le médicament, c'est d'amorcer un projet d'arrêt réaliste.

Mémo

Pour retenir

Une benzodiazépine, ça se prescrit court et ça se quitte doucement. La règle des 4 C au comptoir : Court dans le temps, Croissance lente, déCroissance progressive, jamais avec l’alCool (ni les opioïdes).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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