Alprazolam

Benzodiazépine anxiolytique · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Alprazolam, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
4 / 4 · très courant
Ta maîtriseSur cette molécule : à découvrir
Teste-toi sur la famille Neuro-psy (nouvel onglet)

L'essentiel

Benzodiazépine à demi-vie intermédiaire, indiquée dans le traitement symptomatique des manifestations anxieuses sévères ou invalidantes, et parfois dans l’anxiété associée à un trouble dépressif (jamais en monothérapie d’une dépression). Action rapide sur l’anxiété aiguë, mais place strictement limitée dans le temps : c’est un traitement d’appoint, pas un traitement de fond. Prescription encadrée (durée maximale réglementée, renouvellement non systématique), à inscrire dans une stratégie où la cause de l’anxiété est prise en charge par ailleurs.

Posologie

  • Adulte : on cherche la dose minimale efficace, le plus souvent répartie en plusieurs prises sur la journée ; débuter bas et augmenter progressivement si besoin. La posologie exacte dépend du patient et de l’indication, se référer à l’ordonnance et au RCP.
  • Sujet âgé, insuffisant rénal ou hépatique : dose réduite (sensibilité accrue, risque de chutes et de confusion). La prudence prime.
  • Durée : la plus courte possible, réévaluation régulière. La durée totale, sevrage compris, est plafonnée par la réglementation pour cette classe (anxiolytiques : douze semaines) ; pas de reconduction automatique.
  • Modalités : prise indifférente par rapport aux repas. Ne jamais arrêter brutalement après un usage prolongé : l’arrêt se fait par diminution progressive, sur prescription.
Réflexe sécurité

Association aux dépresseurs du système nerveux central, opioïdes en tête : la dépression respiratoire peut être majeure, voire fatale. Devant une ordonnance qui réunit alprazolam et un opioïde (codéine, tramadol, morphiniques), on lève le nez et on sécurise. Même vigilance avec l’alcool, qu’on déconseille formellement.

Interactions

  • Opioïdes (codéine, tramadol, morphine, méthadone) : sédation et dépression respiratoire additives, risque vital. À n’associer qu’en cas de nécessité, sous surveillance et à la dose minimale, en alertant le patient.
  • Alcool : potentialise la sédation et altère la vigilance ; déconseillé pendant tout le traitement.
  • Autres dépresseurs du SNC (autres benzodiazépines, certains antihistaminiques sédatifs, antipsychotiques, antidépresseurs sédatifs) : effet sédatif cumulé.
  • Inhibiteurs puissants du CYP3A4 (certains antifongiques azolés, certains antiviraux, jus de pamplemousse en grande quantité) : exposition à l’alprazolam augmentée, surdosage possible.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter, surtout au troisième trimestre et en fin de grossesse ; risque de syndrome de sevrage et d’hypotonie chez le nouveau-né (« bébé hypotonique »). Si une patiente enceinte ou en désir de grossesse se présente avec une ordonnance, orienter vers le prescripteur pour réévaluation.
  • Allaitement : passage dans le lait ; déconseillé, en particulier en usage répété, en raison du risque de sédation et de difficultés de succion chez le nourrisson. En discuter avec le prescripteur.

Conseils de comptoir

  • C’est un traitement de courte durée : on le présente comme une béquille passagère, jamais comme un médicament « à vie ». Le rappeler désamorce les demandes de reconduction.
  • Somnolence, baisse de vigilance et troubles de la mémoire (notamment en début de traitement) : prudence au volant et sur machines, surtout les premiers jours et chez la personne âgée (risque de chute).
  • Ne jamais arrêter seul du jour au lendemain après plusieurs semaines : l’arrêt brutal expose à un rebond d’anxiété, des insomnies, voire des manifestations de sevrage. La décroissance se fait progressivement, avec le médecin.
  • Tolérance et dépendance s’installent vite : la prescription est encadrée, le renouvellement n’est pas automatique. Repérer les délivrances trop rapprochées et en parler sans juger.
  • Garder en tête les terrains à risque qui imposent la prudence : insuffisance respiratoire sévère, syndrome d’apnées du sommeil, myasthénie, insuffisance hépatique sévère. Devant l’un d’eux, ne pas hésiter à interroger le prescripteur.
  • Déconseiller l’alcool et toute prise « pour dormir » non prévue par l’ordonnance ; signaler les autres traitements en cours, surtout les antidouleurs forts.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient présente le même jour une ordonnance d'alprazolam et une autre d'un sirop antitussif à la codéine. Tu fais quoi ?
C'est l'association à repérer : benzodiazépine plus opioïde, donc sédation et dépression respiratoire additives. On ne bloque pas par principe, mais on vérifie que les deux prescripteurs sont au courant, on s'assure que les doses sont les plus basses possibles, on alerte le patient sur la somnolence et le danger d'y ajouter de l'alcool, et on trace l'intervention. Si quelque chose cloche, on appelle le médecin.

Mémo

Pour retenir

Une benzo se résume en trois lettres : CDD. Courte durée (traitement d’appoint, jamais de fond), Dépendance (tolérance rapide, renouvellement non automatique), Dépresseurs à fuir (opioïdes et alcool, danger respiratoire). Si l’un des trois apparaît au comptoir, on lève le nez.

À voir aussi

Ta maîtriseMaintenant que tu as lu la fiche : à découvrir

Références bibliographiques

Consulter le RCP (nouvel onglet)
Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

Cette fiche t’a été utile ?

Retour anonyme, en un clic.