Lorazépam

Benzodiazépine anxiolytique · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Lorazépam, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Anxiolytique de la famille des benzodiazépines, indiqué dans l’anxiété sévère et invalidante en traitement de courte durée, ainsi que dans la prévention et le traitement du delirium tremens et des autres manifestations du sevrage alcoolique (traitement bref, de l’ordre de 8 à 10 jours). Sa demi-vie intermédiaire et l’absence de métabolite actif en font une molécule souvent privilégiée chez le sujet âgé ou l’insuffisant hépatique. Comme toute benzodiazépine, c’est un traitement symptomatique, ponctuel, qui ne règle pas la cause de l’anxiété.

Posologie

  • Adulte : posologie individualisée, à la dose minimale efficace, le plus souvent répartie dans la journée avec une part le soir. Toujours se référer à la prescription et au RCP pour la dose exacte.
  • Durée : la plus courte possible. Pour l’anxiété, la durée totale ne doit en règle pas dépasser 8 à 12 semaines, période de réduction progressive comprise.
  • Sujet âgé, insuffisant rénal ou hépatique : le RCP recommande de réduire la posologie, de moitié par exemple, puis d’augmenter prudemment ; le risque de sédation et de chute est majoré. L’insuffisance hépatique sévère est une contre-indication.
  • Modalités : prise indifférente par rapport aux repas ; éviter l’arrêt brutal après usage prolongé.
Réflexe sécurité

Dépression respiratoire majorée en cas d’association à un autre dépresseur du système nerveux central, surtout les opioïdes. L’association benzodiazépine + opioïde augmente le risque de sédation profonde et de détresse respiratoire, parfois fatale. Devant une ordonnance qui cumule les deux, on vérifie la cohérence et on alerte sur les signes de surdosage.

Interactions

  • Opioïdes : majoration de la dépression respiratoire et du risque de sédation ; association à n’utiliser qu’avec une vigilance renforcée.
  • Alcool : potentialise l’effet sédatif ; à déconseiller fermement pendant le traitement.
  • Autres dépresseurs du SNC (autres benzodiazépines, hypnotiques, certains antihistaminiques, antalgiques centraux) : effets sédatifs additifs.
  • Clozapine : risque de collapsus et de dépression respiratoire en cas d’association.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : déconseillé pendant toute la grossesse, quel que soit le terme. Au premier trimestre, certaines études évoquent une légère hausse du risque de fente labio-palatine ; en fin de grossesse, même à faible dose, le nouveau-né peut présenter des signes d’imprégnation (hypotonie, troubles de la succion) ou un syndrome de sevrage. Une femme en âge de procréer doit prévenir son médecin dès qu’une grossesse est envisagée ou débutée. Ne jamais arrêter brutalement une benzodiazépine chez une femme enceinte sans avis médical.
  • Allaitement : passage dans le lait ; déconseillé, surtout en prises répétées ou prolongées, en raison du risque de sédation et de difficultés de succion chez le nourrisson. Surveiller somnolence et prise de poids si l’exposition a lieu.

Conseils de comptoir

  • Sédation, somnolence et baisse de vigilance fréquentes en début de traitement : prudence au volant et sur les machines, surtout les premiers jours et chez la personne âgée (risque de chute).
  • Tolérance et dépendance possibles : c’est un traitement de courte durée, pas un médicament à renouveler indéfiniment ; on accompagne plutôt qu’on banalise.
  • Ne jamais arrêter brutalement après plusieurs semaines de prise : un arrêt progressif et encadré évite l’effet rebond (anxiété, insomnie) et le syndrome de sevrage.
  • Penser à un possible mésusage ou à une escalade de doses ; un renouvellement trop rapproché mérite une discussion, pas un jugement.
  • Rappeler de ne pas associer d’alcool et de signaler tout autre sédatif ou opioïde en cours.
  • Garder en tête les contre-indications : insuffisance respiratoire sévère, syndrome d’apnée du sommeil, insuffisance hépatique sévère, myasthénie et hypersensibilité connue.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente arrive avec, sur la même ordonnance, du lorazépam et un antalgique opioïde de palier 2. Tu délivres sans rien dire ?
Non. L'association benzodiazépine + opioïde additionne les effets dépresseurs respiratoires, c'est l'interaction à connaître par cœur. On ne bloque pas par principe si le prescripteur a fait ce choix en connaissance de cause, mais on vérifie la cohérence, on informe la patiente des signes d'alerte (somnolence excessive, respiration lente, confusion) et on conseille d'éviter l'alcool. En cas de doute sur la double prescription, on contacte le prescripteur et on trace l'intervention.

Mémo

Pour retenir

Les benzodiazépines en -zépam et -zolam partagent les mêmes garde-fous : courte durée, dose minimale, arrêt progressif, et jamais de cumul désinvolte avec un opioïde ou de l’alcool. Le lorazépam se distingue par l’absence de métabolite actif, d’où sa place chez la personne âgée.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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