Clarithromycine

Macrolide · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Clarithromycine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Macrolide utilisé dans plusieurs infections respiratoires et ORL courantes (pneumonies communautaires, exacerbations de bronchite chronique, sinusites, certaines angines), notamment chez le patient allergique aux bêta-lactamines. Il fait aussi partie des schémas d’éradication d’H. pylori, toujours en association. Spectre orienté vers les germes intracellulaires et atypiques. Son intérêt repose largement sur cette alternative aux pénicillines, mais c’est aussi une molécule à fort potentiel d’interactions, à manier avec attention.

Posologie

  • Adulte : le plus souvent de l’ordre de 500 mg à 1 g par jour en 2 prises selon l’indication et la forme. Se reporter au RCP, les schémas varient (forme à libération modifiée en une prise, durées propres à chaque indication).
  • Enfant : posologie rapportée au poids avec la suspension buvable, selon le RCP de la forme délivrée. Réserver à l’enfant en âge et en poids prévus par l’AMM.
  • Éradication d’H. pylori : uniquement dans le cadre d’une association validée (jamais en monothérapie), pour la durée prévue par le protocole.
  • Insuffisance rénale sévère : réduction de dose à prévoir selon la clairance ; vérifier le RCP. Prudence aussi en cas d’insuffisance hépatique.
  • Prise indifférente par rapport aux repas pour la forme classique ; suivre la notice de la forme dispensée.
Réflexe sécurité

Inhibiteur puissant du CYP3A4 et molécule allongeant l’intervalle QT : le premier réflexe est de cribler l’ordonnance et le dossier à la recherche d’associations contre-indiquées (simvastatine, colchicine, dérivés de l’ergot de seigle, pimozide, certains antiarythmiques et autres médicaments torsadogènes). Devant une association contre-indiquée, on ne délivre pas et on contacte le prescripteur.

Interactions

  • Simvastatine : association contre-indiquée. La clarithromycine bloque le métabolisme de la statine et expose à une myopathie, voire à une rhabdomyolyse. L’atorvastatine est déconseillée (dose à limiter, surveillance) ; la pravastatine et la rosuvastatine, peu métabolisées par le CYP3A4, sont moins concernées. Toujours vérifier au RCP.
  • Colchicine : association contre-indiquée, risque de surdosage colchicique grave voire mortel, d’autant plus chez l’insuffisant rénal ou hépatique.
  • Dérivés de l’ergot de seigle : association contre-indiquée, risque d’ergotisme.
  • Médicaments allongeant le QT (certains antiarythmiques, antipsychotiques, autres) : risque additif de troubles du rythme. À repérer systématiquement.
  • Digoxine et certains inhibiteurs calciques (vérapamil, diltiazem) : augmentation possible de leurs concentrations, risque de toxicité ou d’hypotension, surtout chez le sujet âgé. Surveillance renforcée.
  • Anticoagulants oraux : potentialisation possible, surveillance renforcée (INR pour les AVK).

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à n’utiliser que si nécessaire, d’autres macrolides étant souvent privilégiés pendant la grossesse. Se référer au RCP et aux ressources de référence sur le médicament et la grossesse pour chaque situation.
  • Allaitement : passage dans le lait ; l’utilisation se discute au cas par cas selon le bénéfice attendu. Surveiller le nourrisson (troubles digestifs) et s’appuyer sur les sources de référence.

Conseils de comptoir

  • Aller au bout du traitement même si l’amélioration arrive vite, pour le bon usage des antibiotiques.
  • Tolérance digestive : nausées, douleurs abdominales, diarrhée sont fréquentes ; un goût amer ou métallique est classique avec cette molécule, le signaler évite l’inquiétude.
  • Toujours vérifier les autres lignes de l’ordonnance et les traitements de fond du patient : c’est une molécule à interactions, l’analyse pharmaceutique est ici centrale.
  • Suspension buvable de l’enfant : bien agiter avant chaque prise, respecter la dose en kilogrammes et la durée de conservation après reconstitution indiquée sur la notice.
  • Inviter à signaler tout symptôme musculaire inhabituel (douleurs, faiblesse) chez un patient sous statine, ainsi que palpitations ou malaises.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous simvastatine au long cours apporte une ordonnance de clarithromycine pour une infection respiratoire. Quel est ton réflexe ?
C'est l'interaction à ne pas manquer : simvastatine plus clarithromycine, c'est une association contre-indiquée. La clarithromycine inhibe le CYP3A4 qui métabolise la simvastatine, les concentrations de statine grimpent, avec un vrai risque de myopathie voire de rhabdomyolyse. On ne délivre pas tel quel : on contacte le prescripteur pour envisager une suspension transitoire de la statine pendant l'antibiothérapie, un autre antibiotique ou une autre statine. On trace l'intervention et on explique au patient pourquoi sa statine est éventuellement mise en pause.

Mémo

Pour retenir

Clarithromycine = macrolide « alternative aux pénicillines », mais surtout frein du CYP3A4 et molécule qui allonge le QT. Le vrai travail est sur le reste de l’ordonnance : simvastatine, colchicine, ergot de seigle, antiarythmiques. Devant un macrolide, on relit toute la liste avant de servir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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