Pravastatine

Statine (inhibiteur de l'HMG-CoA réductase) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Pravastatine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Hypolipémiant qui fait baisser le LDL-cholestérol en bloquant sa synthèse hépatique. Elle s’utilise dans l’hypercholestérolémie et la prévention cardiovasculaire (prévention secondaire après un accident cardiaque ou un AVC, prévention primaire chez les patients à risque). La pravastatine est une statine considérée comme d’intensité plutôt modérée, hydrophile, avec un métabolisme peu dépendant du CYP3A4, ce qui lui donne un profil d’interactions plus simple que certaines de ses cousines. Elle s’inscrit toujours dans une prise en charge globale : règles hygiéno-diététiques, activité physique, gestion des autres facteurs de risque.

Posologie

  • Adulte : une prise par jour, dose usuelle le plus souvent comprise entre 10 et 40 mg/jour (40 mg/jour étant la dose maximale), ajustée selon l’objectif de LDL et la tolérance. Se reporter au RCP et à la prescription.
  • Moment de prise : traditionnellement le soir, la synthèse du cholestérol étant plus active la nuit. Prise indifférente par rapport aux repas.
  • Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique : prudence et adaptation possible de la dose ; débuter bas. Toujours vérifier le RCP.
  • Enfant : usage spécialisé et encadré (hypercholestérolémie familiale notamment) ; pas une situation de comptoir courante.
Réflexe sécurité

Toute douleur musculaire inexpliquée, sensibilité ou faiblesse musculaire, surtout si elle est diffuse et s’accompagne d’urines foncées, doit alerter : c’est le signal d’une atteinte musculaire (myalgies, plus rarement rhabdomyolyse). On invite le patient à consulter sans attendre et à signaler ce symptôme. Le risque augmente avec la dose et en cas d’association à d’autres molécules myotoxiques.

Interactions

  • Acide fusidique (voie orale ou injectable) : association contre-indiquée avec toutes les statines, risque majeur de rhabdomyolyse. En pratique, la statine est suspendue pendant la durée du traitement par acide fusidique. À avoir en tête au comptoir si les deux ordonnances se croisent.
  • Fibrates (surtout le gemfibrozil) : risque musculaire majoré, association déconseillée ; quand un fibrate est nécessaire, on préfère le fénofibrate, sous surveillance médicale.
  • Autres molécules à risque musculaire : colchicine, ciclosporine notamment ; précaution d’emploi, vigilance sur le cumul de myotoxicité (parfois adaptation de dose et surveillance).
  • Atout de la pravastatine : peu métabolisée par le CYP3A4, elle est moins exposée que la simvastatine ou l’atorvastatine aux interactions liées au pamplemousse et aux inhibiteurs enzymatiques. Cela ne dispense jamais de vérifier l’ordonnance.
  • AVK : comme souvent, une surveillance de l’INR est prudente lors de l’instauration ou de l’arrêt.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : les statines sont à éviter pendant la grossesse. Le cholestérol est nécessaire au développement du fœtus et le bénéfice du traitement n’est pas urgent sur cette période. En pratique, on arrête la statine en cas de grossesse ou de projet de grossesse, et on oriente vers le médecin.
  • Allaitement : déconseillé pendant l’allaitement. En cas de besoin d’un hypolipémiant chez une femme qui allaite, c’est une décision médicale. Renvoyer au prescripteur.

Conseils de comptoir

  • Le traitement se prend dans la durée : on ne ressent pas les effets d’un cholestérol élevé, mais le bénéfice est cardiovasculaire et silencieux. Décourager l’arrêt sur un coup de tête.
  • Rassurer sans banaliser : la grande majorité des patients tolère bien la pravastatine. Les douleurs musculaires existent mais ne sont pas systématiques ; il faut les signaler sans dramatiser.
  • La statine accompagne l’hygiène de vie, elle ne la remplace pas : alimentation, activité physique, arrêt du tabac restent au cœur de la prise en charge.
  • Un bilan biologique (lipides, parfois enzymes hépatiques et CPK selon le contexte) accompagne le suivi : c’est le médecin qui le pilote. Inviter à ne pas sauter les contrôles.
  • En cas de douleurs musculaires nouvelles et inhabituelles, ne pas attendre : orienter vers le médecin plutôt que de laisser le patient arrêter seul son traitement.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous pravastatine depuis trois semaines te dit qu'il a mal aux jambes et aux épaules, des courbatures qui ne passent pas. Tu réagis comment ?
Des myalgies diffuses et persistantes sous statine, ça se prend au sérieux sans paniquer. On précise : depuis quand, intensité, faiblesse musculaire, urines foncées ? On l'oriente vers son médecin pour évaluer la situation (parfois un dosage des CPK, un ajustement de dose ou de molécule). Message clé : on ne laisse pas le patient arrêter seul dans son coin, mais on ne minimise pas non plus un symptôme qui peut, rarement, annoncer une atteinte musculaire sérieuse.

Mémo

Pour retenir

Les molécules en -statine bloquent la fabrication du cholestérol par le foie. Le réflexe sécurité tient en un mot : muscle. Douleur musculaire inexpliquée sous statine, on lève le nez et on oriente. Le croisement à ne jamais manquer : acide fusidique, association contre-indiquée. Et la pravastatine reste la « statine sobre » côté interactions : hydrophile, peu CYP3A4, donc peu sensible au pamplemousse.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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