Kétoprofène

AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien), famille des propioniques · Liste I · Voie orale, locale ou injectable
Boîte illustrative de Kétoprofène, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Anti-inflammatoire non stéroïdien à visée antalgique et anti-inflammatoire, utilisé dans les douleurs aiguës et les poussées douloureuses d’affections rhumatologiques : arthrose, lombalgies, tendinites, traumatismes, douleurs dentaires ou post-opératoires, dysménorrhées. Existe en formes orales, injectable et locales (gel). Comme tout AINS, on cherche la dose minimale efficace sur la durée la plus courte possible.

Posologie

  • Adulte (voie orale) : selon la forme et l’indication, le plus souvent réparti en 1 à 3 prises par jour au cours des repas (les formes à libération prolongée se prennent en 1 à 2 prises). Se référer à la posologie de la spécialité délivrée et au RCP.
  • Durée : traitement le plus court possible ; en automédication ou douleur aiguë, ne pas prolonger sans avis médical.
  • Forme locale (gel) : application en massage léger sur la zone, mains lavées après usage ; ne pas exposer la zone traitée au soleil (photosensibilisation).
  • Sujet âgé, insuffisance rénale, insuffisance hépatique : prudence et réévaluation ; l’AINS peut être déconseillé selon le terrain.
  • Toujours au cours d’un repas pour limiter l’agression digestive.
Réflexe sécurité

Les contre-indications transversales des AINS s’appliquent : antécédent d’ulcère ou de saignement digestif, insuffisance rénale ou hépatique sévère, insuffisance cardiaque, et surtout grossesse à partir du début du 6e mois (24 SA), où tout AINS est formellement contre-indiqué. Vérifier l’absence d’un autre AINS (y compris l’aspirine antalgique) déjà en cours : on ne cumule jamais deux AINS.

Interactions

  • Autre AINS, aspirine à dose antalgique : jamais d’association, risque additif d’ulcère et de saignement.
  • Anticoagulants (AVK, AOD) et antiagrégants : majoration du risque hémorragique ; association à éviter ou à encadrer strictement.
  • IEC, sartans, diurétiques (le « triple whammy ») : risque d’insuffisance rénale aiguë, surtout chez le sujet âgé ou déshydraté.
  • Méthotrexate, lithium : l’AINS réduit leur élimination rénale et majore leur toxicité ; surveillance nécessaire.
  • Corticoïdes : risque digestif accru lors de l’association.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter pendant les cinq premiers mois ; contre-indication formelle à partir du début du 6e mois (24 SA), quelle que soit la voie, y compris le gel et une prise unique (risque de toxicité cardiaque et rénale pour le fœtus). Devant une demande d’AINS chez une femme enceinte, on oriente vers le paracétamol et on vérifie le terme.
  • Allaitement : en pratique, on préfère un autre antalgique (paracétamol). En cas de besoin ponctuel d’AINS, privilégier les molécules les mieux documentées sur de courtes durées et se référer aux recommandations en vigueur ; pas d’usage prolongé sans avis.

Conseils de comptoir

  • Toujours pendant le repas, avec un grand verre d’eau, pour ménager l’estomac.
  • Signaler des douleurs d’estomac, des selles noires ou des vomissements de sang : ce sont des signaux d’alerte digestifs qui imposent l’arrêt et un avis.
  • Tolérance : effets indésirables surtout digestifs (gastralgies, nausées) ; rappeler de bien s’hydrater, en particulier le sujet âgé, pour protéger le rein.
  • Avec le gel, prévenir le risque de photosensibilisation : pas de soleil ni d’UV sur la zone traitée pendant le traitement et environ deux semaines après l’arrêt.
  • Gel à n’appliquer que sur peau saine : il est contre-indiqué sur une peau lésée (eczéma, plaie, brûlure, lésion infectée, dermatose suintante). En cas de réaction cutanée pendant le traitement, on arrête tout de suite.
  • Penser à demander si la personne prend déjà un AINS en vente libre (ibuprofène, aspirine) : le cumul est fréquent et dangereux.
  • En automédication, la règle reste la dose minimale sur la durée la plus courte ; au-delà de quelques jours de douleur, on oriente vers le médecin.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une femme qui se dit enceinte de 7 mois demande un gel anti-inflammatoire pour une douleur au genou. Tu fais quoi ?
On ne délivre pas. À partir du début du 6e mois (24 SA), tous les AINS sont formellement contre-indiqués pendant la grossesse, et cela vaut aussi pour la forme locale, même en application unique : le risque de toxicité cardiaque et rénale pour le fœtus existe quelle que soit la voie. On explique, on oriente vers le paracétamol pour la douleur et vers son médecin ou sa sage-femme si la gêne persiste.

Mémo

Pour retenir

Le kétoprofène est un AINS, donc il coche toutes les cases de la classe : un seul AINS à la fois, au repas, dose minimale le moins longtemps possible, et le couperet de la grossesse : stop à 24 SA (début du 6e mois), toutes voies confondues.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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