Ibuprofène

AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien) · dérivé de l'acide propionique · Liste II (formes prescrites) ou exonéré (faibles dosages) · Voie orale ou cutanée
Boîte illustrative de Ibuprofène, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Anti-inflammatoire non stéroïdien parmi les plus dispensés au comptoir, utilisé comme antalgique et antipyrétique dans les douleurs courantes (céphalées, douleurs dentaires, dysménorrhées, douleurs musculo-articulaires) et la fièvre, et comme anti-inflammatoire à dose plus élevée. Disponible sans ordonnance aux faibles dosages, mais placé derrière le comptoir (plus en libre accès depuis 2020) et ce n’est pas un médicament anodin : son rapport bénéfice/risque dépend du terrain et de la durée d’utilisation. Le réflexe de comptoir, c’est de privilégier la dose efficace la plus faible, sur la durée la plus courte.

Posologie

  • Adulte : en automédication, le plus souvent 200 à 400 mg par prise, à renouveler si besoin en respectant un intervalle d’au moins 6 heures, sans dépasser la dose maximale indiquée sur la notice du produit délivré. Les schémas anti-inflammatoires sur prescription montent plus haut et relèvent du médecin.
  • Enfant : réservé à partir d’un certain poids/âge selon la spécialité ; dose rapportée au poids (de l’ordre de 20 à 30 mg/kg/jour en plusieurs prises selon le RCP). Toujours raisonner en kilogrammes, jamais en âge.
  • Sujet âgé, insuffisance rénale, insuffisance hépatique : prudence renforcée, voire contre-indication ; se référer au RCP et au prescripteur.
  • Modalités de prise : au cours d’un repas pour limiter la gêne digestive, avec un grand verre d’eau. En automédication, ne pas poursuivre au-delà de quelques jours sans avis médical (repère usuel : 3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur).
Réflexe sécurité

L’ibuprofène est déconseillé voire contre-indiqué dans plusieurs situations à repérer au comptoir : antécédent d’ulcère ou de saignement digestif, insuffisance rénale ou cardiaque sévère, et surtout grossesse à partir du début du 6e mois (contre-indication formelle, risque fœtal grave). En cas de varicelle ou d’infection en cours, prudence : un AINS peut aggraver certaines infections. Devant une fièvre ou une douleur qui dure, on oriente vers le médecin plutôt que de prolonger l’automédication.

Interactions

  • Autres AINS et aspirine à dose anti-inflammatoire : jamais deux AINS ensemble, le risque digestif et rénal s’additionne sans bénéfice.
  • Anticoagulants (AVK, AOD) et antiagrégants : majoration du risque hémorragique, association à éviter ou à encadrer.
  • IEC, sartans et diurétiques (le « trio néphrotoxique ») : risque d’insuffisance rénale aiguë, surtout chez le sujet âgé ou déshydraté ; l’AINS tend aussi à diminuer l’effet de ces antihypertenseurs.
  • Aspirine à faible dose (cardioprotectrice) : l’ibuprofène peut réduire son effet antiagrégant selon le moment des prises ; en cas d’usage régulier, en parler au médecin.
  • Lithium et méthotrexate : l’AINS réduit leur élimination rénale et majore leur toxicité.
  • Corticoïdes : addition du risque d’ulcère et de saignement digestif.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter pendant les 5 premiers mois et formellement contre-indiqué à partir du début du 6e mois (24 semaines d’aménorrhée), où même une prise ponctuelle expose à des atteintes fœtales graves (rein, canal artériel). Devant une femme enceinte, l’ibuprofène n’est pas le bon réflexe : on oriente vers le paracétamol et vers le médecin.
  • Allaitement : passage dans le lait très faible ; l’ibuprofène est généralement considéré comme utilisable en cure courte chez la femme qui allaite, en privilégiant la dose efficace la plus basse. En cas de doute ou de traitement prolongé, renvoyer au RCP et au médecin.

Conseils de comptoir

  • Toujours au cours d’un repas, avec un grand verre d’eau : c’est le geste qui limite la gêne gastrique.
  • Dose efficace la plus faible, durée la plus courte : c’est la règle d’or de l’AINS, à rappeler systématiquement en délivrance directe.
  • Signes qui doivent faire reconsulter : douleurs d’estomac, selles noires, vomissements de sang (signes d’ulcère), gonflement, baisse des urines (signe rénal), éruption ou gêne respiratoire (allergie).
  • Bien vérifier qu’il n’y a pas déjà un AINS ou de l’aspirine dans le panier ou dans le traitement habituel, pour éviter le doublon involontaire.
  • En cas de fièvre, rappeler les mesures simples (hydratation, ne pas trop couvrir) et orienter vers le médecin si la fièvre dépasse 3 jours ou s’accompagne de signes inquiétants.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une femme enceinte de 7 mois te demande de l'ibuprofène pour un mal de dos. Tu fais quoi ?
On ne délivre pas : à partir du début du 6e mois de grossesse, l'ibuprofène est formellement contre-indiqué, même en prise unique, car il expose le fœtus à des atteintes rénales et cardiaques (fermeture du canal artériel) potentiellement graves. On explique calmement la raison, on oriente vers le paracétamol comme antalgique de référence pendant la grossesse, et on invite à voir le médecin si la douleur persiste. C'est l'un des réflexes de sécurité les plus importants du comptoir.

Mémo

Pour retenir

Avant de tendre la boîte, on coche les contre-indications avec GRACE : Grossesse (6e mois et au-delà), Rein (et trio IEC/sartan + diurétique), Antécédent d’ulcère, Cardio (insuffisance, anticoagulants), Enfant et varicelle. Si l’un d’eux s’allume, on lève le nez du comptoir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 13 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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