Diclofénac

AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien), dérivé de l'acide acétique · Liste II (formes orales) · Voie orale, locale (gel, emplâtre) ou injectable
Boîte illustrative de Diclofénac, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
4 / 4 · très courant
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L'essentiel

AINS très utilisé contre la douleur et l’inflammation : poussées d’arthrose, lombalgies, tendinites, crises de goutte, douleurs dentaires ou post-traumatiques, dysménorrhées. Existe par voie orale (comprimés, formes à libération prolongée), par voie locale (gel, emplâtre sur les douleurs articulaires ou tendineuses ciblées) et en injectable. Parmi les AINS courants, c’est celui dont le profil cardiovasculaire est le plus surveillé : à doser au plus juste, le temps le plus court possible.

Posologie

  • Adulte (voie orale) : le plus souvent 75 à 150 mg/jour répartis en 2 à 3 prises, sans dépasser la dose maximale de la forme délivrée. On vise toujours la dose minimale efficace, sur la durée la plus courte.
  • Voie locale (gel, emplâtre) : application sur la zone douloureuse, en respectant le nombre d’applications de la notice ; passage systémique faible, mais ce n’est pas anodin (cf. interactions et terrain).
  • Sujet âgé : prudence renforcée (risque digestif, rénal et cardiovasculaire accru) ; privilégier les doses basses et les durées courtes.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : usage prudent, à éviter dans les formes sévères ; se référer au RCP.
  • Modalités de prise : au cours ou en fin de repas pour limiter l’agression digestive ; ne jamais croquer les formes à libération prolongée.
Réflexe sécurité

Le diclofénac est l’AINS courant au risque cardiovasculaire le plus marqué : il est contre-indiqué en cas d’insuffisance cardiaque, de cardiopathie ischémique, d’artériopathie ou d’antécédent d’AVC. Devant un terrain cardiovasculaire connu, on ne délivre pas sans avis : un autre antalgique est souvent plus adapté.

Interactions

  • Autres AINS et aspirine (y compris faible dose) : jamais deux AINS ensemble, addition des risques digestif et rénal, sans gain d’efficacité.
  • Anticoagulants (AVK, AOD) et antiagrégants : majoration nette du risque hémorragique, association à éviter.
  • IEC, sartans et diurétiques (le « trio néphrotoxique ») : risque d’insuffisance rénale aiguë, surtout chez le sujet âgé ou déshydraté.
  • Méthotrexate, lithium : le diclofénac réduit leur élimination rénale, risque de surdosage et de toxicité.
  • Corticoïdes : risque digestif (ulcère, hémorragie) majoré.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : contre-indiqué à partir du début du 6e mois (24 SA), même en prise ponctuelle ou en application locale : toxicité cardiaque et rénale pour le fœtus. Avant ce terme, à éviter et réservé aux situations où il n’y a pas d’alternative, sur avis médical.
  • Allaitement : en cure courte, le paracétamol ou l’ibuprofène sont préférés ; pour une prise ponctuelle de diclofénac, demander un avis. Éviter l’usage prolongé.

Conseils de comptoir

  • Règle d’or des AINS : dose minimale efficace, durée la plus courte. Au comptoir, on rappelle de ne pas prolonger de soi-même au-delà de ce qui est prescrit.
  • Toujours demander si la personne prend déjà un AINS ou de l’aspirine (automédication, ordonnance d’un autre prescripteur) : le doublon est fréquent et dangereux.
  • Signes digestifs à ne pas négliger : douleurs d’estomac, selles noires, vomissements de sang. On oriente sans attendre.
  • Prendre au milieu du repas, avec un grand verre d’eau ; signaler tout antécédent d’ulcère ou de reflux.
  • Même en gel ou en emplâtre, le diclofénac passe un peu dans le sang : les contre-indications de terrain (grossesse avancée, allergie aux AINS) restent valables. Ne pas appliquer sur une peau lésée et se laver les mains après.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un homme de 68 ans, stent coronarien posé l'an dernier, vient avec une ordonnance de diclofénac pour une lombalgie. Tu fais quoi ?
Drapeau rouge : la cardiopathie ischémique est une contre-indication du diclofénac, l'AINS au risque cardiovasculaire le plus marqué. On ne délivre pas en l'état : on appelle le prescripteur pour proposer une alternative (paracétamol, voire un autre antalgique selon le contexte), et on trace l'intervention. Ce n'est pas un blocage tatillon, c'est exactement le rôle de l'analyse pharmaceutique.

Mémo

Pour retenir

Le diclofénac, c’est l’AINS « cœur fragile » : c’est celui qui pèse le plus sur le risque cardiovasculaire. Réflexe CŒUR avant de délivrer : Cardiopathie ou artériopathie ? Œdèmes/insuffisance cardiaque ? Ulcère ou autre AINS déjà pris ? Rein (IEC ou sartan + diurétique) ? Un oui, on lève le nez du comptoir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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