Étoricoxib

AINS coxib (inhibiteur sélectif de la COX-2) · Liste I · Voie orale
Délivrance
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L'essentiel

Anti-inflammatoire non stéroïdien à action sélective sur la COX-2, utilisé pour soulager la douleur et l’inflammation de l’arthrose, de la polyarthrite rhumatoïde et de la spondylarthrite ankylosante, ainsi que dans la crise de goutte aiguë. L’intérêt des coxibs est une meilleure tolérance digestive haute que les AINS classiques, mais cet avantage se paie sur le versant cardiovasculaire : on les réserve à des situations où le bénéfice est clair, à la dose la plus faible et le plus brièvement possible.

Posologie

  • Réservé à l’adulte (à partir de 16 ans) : contre-indiqué chez l’enfant et l’adolescent de moins de 16 ans. Une seule prise par jour, dose adaptée à l’indication. Repères usuels : arthrose autour de 30 à 60 mg/jour, polyarthrite rhumatoïde et spondylarthrite plutôt 60 à 90 mg/jour.
  • Crise de goutte aiguë : dose la plus élevée (120 mg/jour) réservée à la phase aiguë et limitée dans le temps (quelques jours), pas en traitement de fond.
  • Modalités de prise : avaler le comprimé avec un verre d’eau, avec ou sans aliment. L’effet peut être plus rapide à jeun.
  • Terrain rénal et hépatique : contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale sévère ou d’atteinte hépatique sévère ; dose à réduire en cas d’atteinte hépatique modérée. Toujours viser la dose minimale efficace sur la durée la plus courte. Se référer au RCP pour les chiffres exacts par indication.
Réflexe sécurité

Le risque numéro un est cardiovasculaire. L’étoricoxib est contre-indiqué en cas d’hypertension non contrôlée, de cardiopathie ischémique, d’artériopathie périphérique, d’antécédent d’AVC et d’insuffisance cardiaque. Devant un terrain cardiovasculaire chargé ou une tension élevée connue, on ne délivre pas sans réinterroger le prescripteur. L’effet hypertenseur est dose-dépendant : plus la dose est forte, plus la vigilance s’impose.

Interactions

  • Autres AINS et aspirine à dose anti-inflammatoire : pas de cumul, le risque digestif et rénal s’additionne sans bénéfice. Penser aussi à l’automédication (ibuprofène, kétoprofène en libre accès).
  • Anticoagulants oraux (AVK, AOD) et antiagrégants : majoration du risque hémorragique, surveillance renforcée ; avec un AVK, contrôler l’INR.
  • IEC, sartans et diurétiques (la fameuse « triple peine » rénale) : chute de la fonction rénale possible, surtout chez la personne âgée ou déshydratée. Penser à bien s’hydrater.
  • Lithium et méthotrexate : les AINS réduisent leur élimination et augmentent leur toxicité ; surveillance des concentrations.
  • Corticoïdes : risque digestif majoré en association.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : contre-indiqué pendant toute la grossesse, quel que soit le terme (et pas seulement à partir du 6e mois comme la règle générale des AINS). En cas de grossesse découverte sous traitement, on arrête. Le réflexe au comptoir : un coxib et une grossesse, on ne délivre pas et on oriente vers le médecin.
  • Allaitement : données insuffisantes sur le passage dans le lait ; à éviter, on privilégie une alternative mieux documentée.

Conseils de comptoir

  • La sélectivité COX-2 protège surtout l’estomac, mais ne supprime pas le risque rénal ni l’effet sur la tension : ce n’est pas un AINS « sans danger ». Comme tout AINS, il reste contre-indiqué en cas d’ulcère digestif évolutif ou de saignement gastro-intestinal.
  • Inviter à surveiller la tension artérielle, surtout en début de traitement, chez les patients hypertendus ou âgés.
  • Signaler ce qui doit faire reconsulter : œdèmes des chevilles, prise de poids rapide, essoufflement, douleur thoracique, selles noires ou douleurs abdominales.
  • Rester sur la durée la plus courte possible : un coxib se pense en traitement ponctuel des poussées, pas en confort au long cours sans réévaluation.
  • Comme avec tout AINS, de rares réactions cutanées sévères et des réactions d’hypersensibilité sont possibles : une éruption qui s’étend ou des cloques imposent l’arrêt et un avis médical.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un homme de 68 ans, hypertendu, vient chercher de l'étoricoxib 90 mg prescrit pour une poussée d'arthrose. Il te dit que sa tension « monte un peu en ce moment ». Quel est ton réflexe ?
Le terrain est exactement celui qui appelle la prudence : âge, hypertension, et un coxib qui élève la tension de façon dose-dépendante. On ne bloque pas par principe, mais une hypertension non contrôlée est une contre-indication. Le bon réflexe : vérifier que le prescripteur a connaissance de la tension actuelle, conseiller une surveillance tensionnelle rapprochée, et rester général en orientant vers un contrôle. Si la tension est franchement non maîtrisée, on rappelle le médecin avant de délivrer. À noter aussi : 90 mg est la dose des indications inflammatoires (PR, spondylarthrite), au-dessus du repère usuel de l'arthrose, ce qui mérite un coup d'œil au regard de l'indication.

Mémo

Pour retenir

Un coxib protège l’estomac mais fatigue le cœur et les reins : pense « COX-2 = Cœur à surveiller ». Avant de délivrer, balaye le terrain cardiovasculaire (tension, antécédents) et le trio IEC + diurétique + AINS. Et l’étoricoxib chez une femme enceinte, c’est non quel que soit le terme : la règle des AINS au 6e mois ne le rend pas plus permissif, il est contre-indiqué toute la grossesse.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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