Ofloxacine

Fluoroquinolone · Liste I · Voie orale (comprimé) ou injectable
Boîte illustrative de Ofloxacine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
Ta maîtriseSur cette molécule : à découvrir
Teste-toi sur la famille Infectio (nouvel onglet)

L'essentiel

Antibiotique à large spectre, actif notamment sur de nombreux bacilles à Gram négatif. Réservé à des situations précises (certaines pyélonéphrites et prostatites, certaines infections urinaires compliquées, infections respiratoires ou ORL sévères, certaines infections digestives ou cutanées) quand une alternative mieux tolérée n’est pas adaptée. Les fluoroquinolones ne sont pas des antibiotiques de confort : leur usage est restreint en raison d’effets indésirables rares mais parfois graves et durables. Au comptoir, une ordonnance d’ofloxacine doit toujours correspondre à une indication réfléchie, jamais à une angine, une bronchite ou une cystite simple de première intention.

Posologie

  • Adulte : selon l’indication et le germe, le plus souvent de l’ordre de 200 à 400 mg/jour en 1 à 2 prises ; la durée dépend du site infecté. Toujours se référer à l’ordonnance et au RCP.
  • Insuffisance rénale : adaptation de la dose nécessaire selon la clairance ; l’ofloxacine est éliminée par voie rénale.
  • Enfant et adolescent en croissance : usage non retenu en pratique courante (atteinte possible du cartilage de croissance) ; réservé à de rares situations spécialisées.
  • Modalités de prise : avaler le comprimé avec un grand verre d’eau, à distance des sels de fer, calcium, magnésium, zinc et des pansements gastriques (au moins 2 heures d’écart), qui réduisent fortement l’absorption.
Réflexe sécurité

Risque de tendinopathie et de rupture tendineuse (tendon d’Achille surtout), pouvant survenir dès les premiers jours et même après l’arrêt. Risque majoré après 60 ans, sous corticoïde et chez le sportif. Toute douleur ou gonflement d’un tendon impose l’arrêt immédiat, la mise au repos et un avis médical. Au comptoir : on prévient systématiquement le patient.

Interactions

  • Cations divalents et trivalents (fer, calcium, magnésium, zinc, aluminium) : pansements gastriques, sels minéraux et certains compléments chélatent l’ofloxacine et effondrent son absorption. Décaler d’au moins 2 heures.
  • Corticoïdes : majorent le risque de tendinopathie et de rupture tendineuse. Association à signaler et à surveiller.
  • AINS : peuvent majorer le risque convulsif des fluoroquinolones, surtout chez un patient à risque (antécédent de convulsions). Association à repérer.
  • Médicaments allongeant le QT (certains antiarythmiques, neuroleptiques, etc.) : risque additif de troubles du rythme. Vigilance accrue en cas d’hypokaliémie associée.
  • AVK : possible majoration de l’effet anticoagulant, renforcer la surveillance de l’INR comme avec beaucoup d’antibiotiques.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter ; on privilégie un antibiotique mieux documenté pendant la grossesse. Si une ordonnance arrive chez une patiente enceinte, on s’assure que le prescripteur a connaissance de la grossesse avant de délivrer.
  • Allaitement : passage dans le lait ; en règle générale déconseillé. Demander l’avis du prescripteur pour choisir entre suspendre l’allaitement ou opter pour une autre molécule.

Conseils de comptoir

  • Prévenir d’emblée du signal tendineux : au moindre tendon douloureux, on arrête et on appelle. Ce réflexe doit être donné à chaque délivrance.
  • Repérer les terrains à risque : un antécédent de convulsions ou d’épilepsie, une myasthénie, un anévrisme de l’aorte ou un terrain à risque aortique sont des situations où la classe est à éviter. Dans le doute, on en réfère au prescripteur.
  • Photosensibilité : éviter l’exposition au soleil et aux UV pendant le traitement et quelques jours après, se protéger même par temps couvert.
  • Possibles effets neuro et psy (vertiges, troubles du sommeil, sensations anormales, humeur ou anxiété nouvelles, plus rarement idées noires) : prudence au volant tant qu’on ne connaît pas sa tolérance ; signaler tout symptôme inhabituel.
  • Bien respecter l’écart de 2 heures avec le fer, le calcium, le magnésium et les pansements gastriques, sinon l’antibiotique ne fait pas son travail.
  • Aller au bout du traitement et signaler toute diarrhée sévère ou prolongée (perturbation du microbiote).

Teste-toi

Question 1 / 3
Une dame de 68 ans, qui prend un corticoïde au long cours, présente une ordonnance d'ofloxacine. Que fais-tu ?
Le terrain cumule deux facteurs de risque tendineux : l'âge et le corticoïde. On ne bloque pas la délivrance, mais on alerte clairement la patiente sur le signal d'alarme : toute douleur ou gonflement d'un tendon (talon, mollet) impose l'arrêt immédiat et un appel. On lui conseille d'éviter les efforts intenses pendant le traitement et un moment après, et on trace le conseil. C'est exactement le rôle du comptoir.

Mémo

Pour retenir

Une fluoroquinolone n’est jamais un antibiotique de confort. Le réflexe tient en trois mots : tendons, soleil, chélation. Tendon qui tire, on arrête ; peau au soleil, on protège ; fer ou pansement, on décale de 2 heures.

À voir aussi

Ta maîtriseMaintenant que tu as lu la fiche : à découvrir

Références bibliographiques

Consulter le RCP (nouvel onglet)
Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

Cette fiche t’a été utile ?

Retour anonyme, en un clic.