Céliprolol

Bêtabloquant cardiosélectif (bêta-1), avec effet vasodilatateur périphérique · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Céliprolol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Bêtabloquant prescrit dans l’hypertension artérielle et l’angor d’effort. C’est un bêtabloquant cardiosélectif (à dominante bêta-1) doté d’un effet vasodilatateur périphérique. Comme tous les -olol, il ralentit le cœur et abaisse la pression artérielle : il s’inscrit dans un traitement de fond, à prendre tous les jours, jamais à la demande.

Posologie

  • Adulte : le plus souvent 200 mg en une prise par jour, augmentation possible après quelques semaines (jusqu’à 400, voire 600 mg/jour) selon la réponse, sur décision du prescripteur.
  • Modalités de prise : de préférence le matin, avant le repas (le RCP indique « avant le petit-déjeuner »). Avaler le comprimé avec un verre d’eau, toujours au même moment de la journée.
  • Insuffisance rénale : le céliprolol est éliminé en grande partie sous forme inchangée, surtout par voie fécale et pour une part plus faible par voie rénale. Pas d’adaptation chiffrée systématique de la dose, mais surveillance renforcée (fréquence cardiaque) en cas d’insuffisance rénale, surtout sévère ; se référer au RCP.
  • Sujet âgé : instauration prudente, surveillance de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle.
Réflexe sécurité

Ne jamais arrêter brutalement un bêtabloquant. L’arrêt soudain expose à un effet rebond (poussée tensionnelle, aggravation d’un angor, troubles du rythme), surtout chez le patient coronarien. L’arrêt se fait toujours progressivement et sur décision médicale. Au comptoir, repérer une rupture de traitement et alerter.

Interactions

  • Inhibiteurs calciques bradycardisants (vérapamil, diltiazem) : association déconseillée, risque additif de bradycardie, de troubles de la conduction et de défaillance cardiaque.
  • Autres bradycardisants (amiodarone, digoxine, autre bêtabloquant) : majoration du ralentissement cardiaque et des troubles de conduction, surveillance nécessaire.
  • Antidiabétiques (insuline, sulfamides) : les bêtabloquants peuvent masquer certains signes d’hypoglycémie, notamment les palpitations et la tachycardie ; la sueur reste un signe d’alerte.
  • Clonidine : ne pas arrêter la clonidine brutalement sous bêtabloquant, risque de poussée hypertensive de rebond.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter par précaution, mais utilisable si le bénéfice le justifie et sous suivi spécialisé. En cas de traitement en fin de grossesse, surveillance du nouveau-né pendant quelques jours (bradycardie, hypoglycémie, gêne respiratoire). Ne jamais laisser une patiente enceinte arrêter seule son traitement antihypertenseur.
  • Allaitement : passage dans le lait maternel. Une évaluation médicale du rapport bénéfice/risque est nécessaire ; orienter vers le prescripteur ou le médecin plutôt que de trancher au comptoir.

Conseils de comptoir

  • Traitement de fond : insister sur la régularité et le même horaire chaque jour. Rappeler la prise plutôt le matin avant le repas, comme l’indique le RCP.
  • Ne jamais interrompre de soi-même, même si la tension est revenue à la normale ou en cas de lassitude : l’arrêt se discute avec le médecin et se fait en douceur.
  • Tolérance habituelle des bêtabloquants : fatigue, refroidissement des extrémités, parfois ralentissement du pouls ou vertiges en début de traitement ; signaler un pouls très lent, un essoufflement inhabituel ou des malaises.
  • Terrain respiratoire (asthme, BPCO) : faire remonter tout antécédent. Un asthme reste une contre-indication et les bêtabloquants demandent de la prudence sur ce terrain, même quand ils sont cardiosélectifs.
  • Diabétique : rappeler que les signes d’hypoglycémie peuvent être atténués, surveiller davantage la glycémie en début de traitement.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous céliprolol depuis deux ans te dit qu'il a arrêté seul la semaine dernière parce que « ça allait mieux ». Tu réagis comment ?
On ne dramatise pas, mais on explique clairement le risque : un bêtabloquant ne s'arrête jamais d'un coup. L'arrêt brutal peut provoquer un effet rebond, poussée de tension, réveil d'un angor, troubles du rythme, surtout sur un cœur fragile. Le bon réflexe : l'inviter à reprendre contact rapidement avec son médecin, qui décidera soit de reprendre, soit d'organiser une diminution progressive. On trace l'échange.

Mémo

Pour retenir

Trois réflexes pour un bêtabloquant au comptoir : jamais d’arrêt brutal, prise le matin avant le repas, terrain à interroger (asthme, diabète, cœur lent). Le suffixe -olol signe la classe.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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