Donépézil

Anticholinestérasique (inhibiteur de l'acétylcholinestérase) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Donépézil, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer dans ses formes légères à modérément sévères. Le donépézil ne guérit pas et ne stoppe pas l’évolution : il freine la dégradation de l’acétylcholine pour soutenir un temps les fonctions cognitives (mémoire, attention, repères du quotidien). Son bénéfice est modeste et doit être réévalué régulièrement. La prescription initiale annuelle est réservée à certains spécialistes (neurologue, gériatre, psychiatre, ou médecin titulaire de la capacité de gérontologie) ; le renouvellement peut ensuite être fait par tout médecin.

Posologie

  • Adulte : instauration à la dose la plus faible, puis augmentation par paliers après plusieurs semaines selon la tolérance, sans dépasser la dose maximale autorisée. On ne monte jamais d’emblée au palier supérieur.
  • Modalités de prise : une prise par jour, le soir avant le coucher. Forme classique à avaler avec un verre d’eau ; il existe aussi un comprimé orodispersible utile en cas de troubles de la déglutition.
  • Sujet âgé / comorbidités : terrain habituel du traitement ; la titration prudente et la surveillance de la tolérance priment sur la vitesse d’augmentation.
  • Réévaluation : bénéfice à apprécier régulièrement ; à l’arrêt, ne pas interrompre brutalement sans avis médical. Pour toute adaptation, se référer au RCP et au prescripteur.
Réflexe sécurité

Risque cardiaque cholinergique : le donépézil ralentit le cœur (bradycardie, troubles de la conduction) et peut allonger l’intervalle QT, avec un risque rare de torsades de pointes. Vigilance accrue en cas de pathologie cardiaque, de trouble du rythme ou de la conduction, et surtout en association à un médicament qui ralentit le rythme ou qui allonge le QT. Tout malaise, vertige, palpitation ou syncope doit faire reconsulter : c’est le signal à ne pas laisser passer au comptoir.

Interactions

  • Autres ralentisseurs du rythme (bêtabloquants, digoxine, certains antiarythmiques) : majoration du risque de bradycardie, addition d’effets sur la conduction.
  • Médicaments allongeant l’intervalle QT : risque additif d’allongement du QT et de trouble du rythme ; repérer les associations à risque (certains antiarythmiques, neuroleptiques, certains antibiotiques) et tenir compte d’une hypokaliémie éventuelle.
  • Médicaments anticholinergiques : ils s’opposent à l’action du donépézil ; l’association est contre-productive et brouille l’évaluation du bénéfice.
  • Curares et anesthésie : signaler le traitement avant tout geste chirurgical (interférence avec certains myorelaxants).
  • AINS et terrain ulcéreux : l’effet cholinergique augmente la sécrétion gastrique acide ; prudence accrue sur estomac fragile ou antécédent d’ulcère.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : situation très théorique au vu de l’indication (sujet âgé). Données limitées ; ne pas utiliser sauf nécessité clairement établie et avis médical.
  • Allaitement : non concerné en pratique courante ; en l’absence de données suffisantes, l’usage n’est pas recommandé pendant l’allaitement.

Conseils de comptoir

  • Prise le soir : si le patient signale des cauchemars ou un sommeil très perturbé, le prescripteur peut envisager un passage le matin. On en parle, on ne change pas seul.
  • Effets digestifs en début de traitement ou après une hausse de dose (nausées, diarrhée, perte d’appétit) : souvent transitoires. Les introduire progressivement et prendre le comprimé en mangeant peut aider ; signaler si cela persiste ou s’accompagne d’un amaigrissement.
  • Rappeler à l’entourage que le bénéfice est modeste et lent à juger : ce n’est pas un traitement qui rend la mémoire, mais qui tente de ralentir la pente. Gérer les attentes évite l’abandon.
  • Repérer les signaux d’alerte à ramener au médecin : malaise, chute, ralentissement marqué du pouls, palpitations, douleurs d’estomac. Ne jamais arrêter brutalement de soi-même.
  • Comprimé orodispersible : le poser sur la langue, le laisser fondre, puis avaler avec un peu d’eau, utile quand avaler devient difficile.
  • Bon à savoir au comptoir : depuis 2018, les médicaments dits anti-Alzheimer (dont le donépézil) ne sont plus remboursés en France. Cela peut surprendre le patient ou l’aidant ; mieux vaut l’avoir en tête pour expliquer le reste à charge sans le découvrir à la caisse.

Teste-toi

Question 1 / 3
La fille d'une patiente te dit : « Maman prend ce médicament depuis trois mois et je ne vois aucune amélioration, ça ne sert à rien. » Tu réponds quoi ?
On accueille la déception sans la balayer. Le donépézil est un traitement symptomatique : il ne restaure pas la mémoire, il cherche à ralentir le déclin. L'objectif réaliste, c'est parfois simplement que les choses se dégradent moins vite qu'elles ne l'auraient fait. Le bénéfice se juge dans la durée et lors des consultations de réévaluation, pas à l'œil au quotidien. On invite à en reparler au prescripteur plutôt qu'à arrêter seul, car un arrêt brutal n'est pas anodin.

Mémo

Pour retenir

Le donépézil relance la choline pour soutenir la mémoire, mais il fatigue le cœur et réveille l’estomac. Trois mots au comptoir : cœur (bradycardie, allongement du QT), ventre (nausées, ulcère), patience (bénéfice modeste, à juger dans le temps).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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