Rivastigmine

Anticholinestérasique · Liste I · Voie orale (gélules, solution buvable) ou transdermique (dispositif)
Boîte illustrative de Rivastigmine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Inhibiteur des cholinestérases indiqué dans les formes légères à modérément sévères de la maladie d’Alzheimer et dans la démence associée à la maladie de Parkinson. Le principe : freiner la dégradation de l’acétylcholine pour soutenir un temps les fonctions cognitives. Traitement symptomatique, qui ne modifie pas l’évolution de la maladie. Souvent dispensé sous forme de dispositif transdermique, mieux toléré sur le plan digestif que la voie orale.

Posologie

  • Voie orale : instauration progressive (titration), en général à partir de 1,5 mg deux fois par jour, augmentée par paliers d’au moins deux semaines selon la tolérance, jusqu’à une dose d’entretien usuelle de 3 à 6 mg deux fois par jour. Prendre au cours des repas pour limiter les troubles digestifs.
  • Dispositif transdermique : un dispositif par jour, instauré au plus faible dosage (4,6 mg/24 h) puis augmenté par paliers (dose d’entretien usuelle 9,5 mg/24 h) selon la tolérance. Appliquer sur peau saine, sèche, sans poils (haut du dos, bras, thorax), en changeant de zone chaque jour.
  • Reprise après interruption : si le traitement est arrêté plusieurs jours, on ne reprend pas à la dose atteinte mais on recommence la titration depuis le début (risque de mauvaise tolérance).
  • Insuffisance rénale ou hépatique : adaptation et surveillance renforcée, se référer au RCP et au prescripteur.
Réflexe sécurité

Avec le dispositif transdermique : retirer l’ancien avant d’en poser un nouveau. Cumuler les dispositifs (oubli de retrait, double pose) expose à un surdosage cholinergique grave (vomissements, bradycardie, malaise). Un seul dispositif à la fois, jamais coupé.

Interactions

  • Bêtabloquants et autres bradycardisants : majoration du risque de bradycardie ; prudence chez les patients ayant des troubles de conduction cardiaque.
  • Anticholinergiques : antagonisme pharmacologique, ils s’opposent à l’effet recherché (et inversement, la rivastigmine peut contrer un traitement anticholinergique).
  • Myorelaxants de type succinylcholine (anesthésie) : effet potentialisé ; signaler le traitement avant toute intervention.
  • Autres cholinergiques : addition d’effets, risque de syndrome cholinergique.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : situation hors du cadre d’usage habituel (pathologie du sujet âgé). Les données sont limitées ; l’emploi n’est pas recommandé sauf nécessité, à évaluer avec le prescripteur.
  • Allaitement : le passage dans le lait n’est pas documenté chez la femme ; l’allaitement est déconseillé pendant le traitement. Là encore, contexte clinique très rare en pratique.

Conseils de comptoir

  • Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs (nausées, vomissements, perte d’appétit, diarrhée), surtout en début de traitement et à chaque augmentation de dose. C’est la raison de la titration lente : on rassure l’aidant, ces troubles s’atténuent souvent avec le temps.
  • Chez le patient parkinsonien, rester attentif à une aggravation des signes moteurs (tremblement, raideur, lenteur, troubles de la marche) : la rivastigmine, par son effet cholinergique, peut majorer ces symptômes, surtout lors des augmentations de dose. Le signaler au médecin, qui pourra réduire la dose.
  • Une perte de poids est à surveiller chez ces patients âgés : peser régulièrement et alerter en cas d’amaigrissement marqué.
  • Dispositif transdermique : alterner les zones d’application pour limiter les rougeurs, ne jamais le couper, et bien le faire adhérer (presser 30 secondes). Un antécédent de réaction allergique cutanée au dispositif contre-indique cette forme. En cas de rougeur intense, de cloques ou d’extension de la réaction cutanée, signaler au médecin.
  • Faire le point avec l’aidant sur le bénéfice ressenti : c’est un traitement symptomatique, le réévaluer régulièrement fait partie du bon usage.
  • Penser à informer tout soignant (urgences, anesthésie, dentiste) de la prise du traitement, notamment avant une anesthésie.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une aidante revient en disant que sa mère a deux dispositifs collés dans le dos : elle a oublié de retirer celui de la veille. Que fais-tu ?
C'est la situation à risque par excellence. On fait retirer immédiatement les deux dispositifs et on surveille les signes de surdosage cholinergique : nausées et vomissements importants, salivation, sueurs, ralentissement du pouls, malaise. Devant ces signes, on oriente sans attendre vers un avis médical (centre 15 si tableau marqué). Pour la suite, on réexplique la règle : on retire toujours l'ancien dispositif avant d'en poser un nouveau, et on peut conseiller de noter l'application sur un calendrier ou d'inscrire la date directement sur le dispositif.

Mémo

Pour retenir

Rivastigmine, on freine l’horloge mais on ne l’arrête pas : traitement symptomatique de la mémoire. Et la règle d’or du dispositif : un retiré, un posé. Jamais deux à la fois.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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