Venlafaxine
L'essentiel
Antidépresseur inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSNa). Indiquée dans les épisodes dépressifs majeurs et dans plusieurs troubles anxieux (anxiété généralisée, trouble panique, anxiété sociale). Existe en forme à libération immédiate et en forme à libération prolongée (une prise par jour). À faible dose, le profil ressemble à celui d’un ISRS ; la composante noradrénergique monte avec la dose. Comme pour tout antidépresseur, l’effet sur l’humeur s’installe en 2 à 4 semaines : c’est un message clé à passer au comptoir.
Posologie
- Adulte : une dose quotidienne, le plus souvent dans une fourchette de 75 à 225 mg/jour selon l’indication et la réponse ; l’initiation et la titration relèvent du prescripteur. La forme à libération prolongée se prend en une seule prise par jour.
- Forme LP : gélule à avaler entière de préférence, sans la croquer ni l’écraser (cela détruirait la libération prolongée). Prise au cours d’un repas, à heure régulière. En cas de difficulté à avaler, en parler au prescripteur ou se référer à la notice plutôt que de modifier la gélule de sa propre initiative.
- Insuffisance rénale ou hépatique : réduction de dose nécessaire selon le degré d’atteinte ; toujours se fier à la posologie de l’ordonnance.
- Sujet âgé : prudence, notamment sur la tension et le risque d’hyponatrémie. Arrêt toujours progressif, jamais brutal.
Trois vigilances qui distinguent la venlafaxine d’un ISRS. 1) Tension artérielle : élévation dose-dépendante, une surveillance de la pression est recommandée, surtout aux doses élevées et chez l’hypertendu. 2) Syndrome d’arrêt marqué : l’arrêt brutal expose à des sensations vertigineuses, des troubles sensoriels (impressions de décharges), nausées, irritabilité, troubles du sommeil ; la décroissance est toujours progressive, sur prescription. 3) Risque suicidaire majoré en début de traitement et lors des changements de dose, surtout chez l’adolescent et le jeune adulte : surveiller l’apparition ou l’aggravation d’idées noires les premières semaines.
Interactions
- IMAO : association contre-indiquée (risque de syndrome sérotoninergique grave) ; respecter les délais d’arrêt avant et après. Vigilance aussi avec le linézolide et le bleu de méthylène.
- Autres sérotoninergiques (tramadol, triptans, autres antidépresseurs, millepertuis) : risque de syndrome sérotoninergique (agitation, sueurs, tremblements, fièvre, tachycardie). Le millepertuis en automédication et le tramadol pour une douleur sont les pièges classiques du comptoir.
- AINS, antiagrégants, anticoagulants : majoration du risque hémorragique (notamment digestif), comme avec les ISRS.
- Médicaments allongeant le QT et autres produits agissant sur la tension : additions de risque sur le rythme et la pression à garder en tête.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : ne pas interrompre un traitement équilibré sans avis médical (un déséquilibre maternel a aussi un coût). Réévaluation au cas par cas ; en fin de grossesse, surveiller le nouveau-né (signes d’imprégnation ou de sevrage). Orienter vers le prescripteur, et au besoin vers les ressources de référence sur le médicament et la grossesse.
- Allaitement : passage dans le lait (de la venlafaxine et de son métabolite actif) ; décision au cas par cas avec le médecin. Si l’allaitement est poursuivi, surveiller le nourrisson (somnolence, prise alimentaire, comportement).
Conseils de comptoir
- Expliquer le délai d’action : l’effet sur l’humeur s’installe en 2 à 4 semaines. Ne pas arrêter en se croyant « sans effet » au bout de quelques jours.
- Jamais d’arrêt brutal : le syndrome de sevrage de la venlafaxine est réputé marqué (vertiges, impressions de décharges électriques, irritabilité). La diminution se fait par paliers, sur prescription. Anticiper le renouvellement pour éviter toute rupture de prise.
- Les premiers jours peuvent s’accompagner de nausées, de céphalées, de bouche sèche, de sueurs, d’une majoration transitoire de l’anxiété ou de troubles du sommeil : souvent passager, à signaler si cela persiste ou inquiète.
- Forme LP : gélule à avaler entière, jamais croquée ni écrasée. En cas de troubles de déglutition, en parler au prescripteur (ou vérifier la notice) plutôt que de modifier la gélule soi-même.
- Au comptoir, écarter l’automédication par le millepertuis, orienter toute douleur vers le paracétamol plutôt que le tramadol, et rester attentif aux signes d’alerte de l’humeur en début de traitement.
Teste-toi
Mémo
La venlafaxine, c’est un ISRS « avec un cran de plus » : la composante noradrénergique monte avec la dose, d’où la tension à surveiller. Et c’est l’antidépresseur dont le syndrome d’arrêt est le plus redouté, jamais d’arrêt brutal, toujours par paliers.
À voir aussi
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Et dans la même aire (Neuro-psy) :
Références bibliographiques
- RCP Venlafaxine, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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