Timolol

Bêtabloquant non sélectif · Collyre · Liste I
Boîte illustrative de Timolol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Bêtabloquant non sélectif en collyre, utilisé au long cours dans le glaucome à angle ouvert et l’hypertonie intraoculaire. Il abaisse la pression intraoculaire en réduisant la sécrétion d’humeur aqueuse. Longtemps traitement de référence, il reste très présent, seul ou en association fixe (avec un analogue de prostaglandine, un inhibiteur de l’anhydrase carbonique ou un alpha-2 agoniste). Important à retenir : même appliqué dans l’œil, il passe dans la circulation générale et peut donner des effets bêtabloquants systémiques.

Posologie

  • Adulte : usuellement 1 goutte dans l’œil (ou les yeux) atteint(s) 2 fois par jour pour les formes en solution à 0,25 % ou 0,50 %. Les formes en gel à libération prolongée s’instillent en général 1 fois par jour.
  • Forme et concentration : la concentration est choisie par l’ophtalmologiste selon la pression ; ne pas dépasser la posologie prescrite, l’augmenter n’améliore pas forcément le contrôle pressionnel.
  • Modalités d’instillation : bien se laver les mains, ne pas toucher l’œil avec l’embout, attendre au moins 15 minutes entre deux collyres différents.
  • Personne âgée : pas d’adaptation systématique, mais vigilance accrue sur la tolérance cardiaque et respiratoire.
Réflexe sécurité

Le timolol en collyre se comporte comme un vrai bêtabloquant : l’asthme est une contre-indication (quelle que soit la sévérité), de même qu’une BPCO sévère, une bradycardie, un bloc auriculo-ventriculaire de haut degré ou une insuffisance cardiaque non contrôlée. Au comptoir, on pense à interroger sur l’asthme et le cœur, même pour un simple collyre.

Interactions

  • Bêtabloquants par voie générale ou en collyre : addition des effets, surveillance de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle ; l’association de deux collyres bêtabloquants est déconseillée, et la même molécule en collyre et en comprimé, c’est un cumul.
  • Inhibiteurs calciques bradycardisants (vérapamil, diltiazem), antiarythmiques (amiodarone), digoxine : risque de bradycardie et de troubles de la conduction.
  • Antidiabétiques : les bêtabloquants peuvent masquer les signes d’hypoglycémie (tachycardie, tremblements) ; en prévenir le patient diabétique.
  • Geste pratique anti-interaction : l’occlusion du point lacrymal (appuyer 1 à 2 minutes au coin interne de l’œil après l’instillation) réduit le passage systémique et donc le risque d’effets généraux.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à n’utiliser que si nécessaire et après avis médical ; un bêtabloquant administré en fin de grossesse peut retentir sur le nouveau-né (bradycardie, hypoglycémie). L’occlusion lacrymale limite l’exposition. Se référer au RCP et aux données de référence en vigueur.
  • Allaitement : les bêtabloquants passent dans le lait ; l’usage d’un collyre au timolol pendant l’allaitement demande un avis médical et une surveillance du nourrisson.

Conseils de comptoir

  • Insister sur l’observance : le glaucome est silencieux, on ne sent pas que la pression est haute, mais arrêter le collyre fait remonter la pression et menace le nerf optique.
  • Apprendre le geste : occlusion du point lacrymal 1 à 2 minutes après la goutte, cela améliore l’efficacité locale et diminue les effets sur le cœur et les bronches.
  • Tolérance locale fréquente : picotements, sensation de brûlure ou yeux secs à l’instillation, généralement transitoires ; les formes sans conservateur conviennent mieux aux yeux sensibles ou aux porteurs de lentilles.
  • Signes généraux à ne pas négliger : fatigue inhabituelle, essoufflement, pouls lent, vertiges, jambes gonflées ; inviter à consulter, c’est peut-être le collyre.
  • Ne jamais arrêter brutalement sans avis médical, et signaler ce traitement à tout autre soignant (cardiologue, anesthésiste, médecin traitant).

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente asthmatique vient chercher un collyre au timolol prescrit pour une tension dans l'œil. Tu fais quoi ?
On ne délivre pas sans alerter : le timolol est un bêtabloquant non sélectif, et l'asthme est une contre-indication (quelle que soit sa sévérité) car le passage systémique peut déclencher un bronchospasme, même par un collyre. Le bon réflexe : contacter le prescripteur pour signaler l'asthme et discuter d'une alternative (par exemple un analogue de prostaglandine ou un inhibiteur de l'anhydrase carbonique), puis tracer l'intervention.

Mémo

Pour retenir

Une goutte dans l’œil, un bêtabloquant dans le sang. Avant de délivrer un collyre au timolol, le réflexe tient en deux questions : asthme ? et cœur ? Si l’un des deux est là, on lève le nez du comptoir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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