Bimatoprost

Analogue de prostaglandine · Liste I · Collyre (voie ophtalmique)
Boîte illustrative de Bimatoprost, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Collyre abaissant la pression intraoculaire, prescrit dans le glaucome à angle ouvert et l’hypertonie oculaire. Comme les autres analogues de prostaglandine (latanoprost, travoprost), il agit en favorisant l’écoulement de l’humeur aqueuse. C’est souvent un traitement de fond de première intention : une instillation par jour, au long cours, pour préserver le nerf optique. Existe seul ou en association fixe avec un bêtabloquant.

Posologie

  • Adulte : 1 goutte dans l’œil (ou les yeux) à traiter, une fois par jour, de préférence le soir. Ne jamais dépasser 1 instillation quotidienne : une fréquence plus élevée diminue l’effet hypotenseur.
  • Modalités de prise : retirer les lentilles souples avant l’instillation, les remettre 15 minutes après. En cas de plusieurs collyres, espacer chaque produit d’au moins 5 minutes.
  • Astuce d’observance : presser le coin interne de l’œil (occlusion du point lacrymal) 1 à 2 minutes après la goutte, pour limiter le passage systémique et les effets locaux.
  • Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique : pas d’adaptation posologique particulière pour la forme collyre ; se référer au RCP.
Réflexe sécurité

Prévenir le patient des modifications visibles et parfois définitives : brunissement progressif de l’iris (surtout sur les yeux clairs ou de couleur mixte), assombrissement de la peau des paupières, allongement et épaississement des cils. La pigmentation de l’iris ne régresse pas à l’arrêt. En cas de traitement d’un seul œil, l’asymétrie peut devenir permanente : information indispensable avant la première délivrance.

Interactions

  • Autres collyres : respecter un intervalle d’au moins 5 minutes entre chaque instillation, pour éviter le rinçage d’un produit par le suivant.
  • Analogues de prostaglandine entre eux : ne pas associer ni cumuler (latanoprost, travoprost, bimatoprost) ; au-delà d’une instillation par jour, l’effet sur la pression diminue paradoxalement.
  • Conservateur (chlorure de benzalkonium) : présent dans certaines présentations, il peut majorer l’irritation et se déposer sur les lentilles souples ; privilégier une forme sans conservateur en cas d’œil sec ou de port de lentilles.
  • Interactions systémiques : très limitées par la voie locale, mais l’occlusion du point lacrymal reste recommandée pour réduire le passage dans la circulation.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : par prudence, l’utilisation n’est pas recommandée pendant la grossesse, sauf nécessité clairement justifiée. Les analogues de prostaglandine ont une activité théorique sur l’utérus ; orienter vers le prescripteur pour réévaluer la prise en charge.
  • Allaitement : le passage du bimatoprost dans le lait maternel n’est pas établi ; l’utilisation pendant l’allaitement est généralement déconseillée. Décision au cas par cas avec le médecin, en pesant le bénéfice du traitement.

Conseils de comptoir

  • Insister sur l’observance : le glaucome est silencieux, le patient ne ressent rien, mais chaque oubli laisse la pression remonter et le nerf optique s’abîmer. C’est un traitement à vie tant qu’il est prescrit.
  • Tolérance locale fréquente : rougeur de l’œil (hyperhémie conjonctivale), sensation de picotement, démangeaison, parfois sécheresse. C’est souvent transitoire ; signaler une gêne intense ou une baisse de vision.
  • Bien rappeler l’instillation unique du soir et la technique : tête en arrière, tirer la paupière inférieure, une seule goutte, sans toucher l’œil avec l’embout (risque de contamination du flacon).
  • Essuyer aussitôt le surplus qui coule sur la joue : limite la pigmentation cutanée et la pousse de poils péri-oculaires.
  • Vigilance si le patient signale une chirurgie oculaire récente (cataracte par exemple), un cristallin absent ou une inflammation de l’œil : les analogues de prostaglandine demandent une prudence particulière dans ces situations ; en cas de doute, renvoyer vers l’ophtalmologiste.
  • Après ouverture, respecter le délai de conservation du flacon multidose indiqué sur la notice (souvent 28 jours) ; les unidoses sont à usage immédiat.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente aux yeux bleus repart avec un collyre de bimatoprost pour la première fois. Que lui dis-tu avant qu'elle parte ?
C'est exactement le moment clé. On explique que ce collyre peut, avec le temps, faire brunir l'iris, foncer la peau des paupières et allonger les cils, et que le changement de couleur de l'œil ne revient pas à l'arrêt. Les yeux clairs ou bicolores y sont plus sensibles. On rassure : c'est un effet connu et sans danger pour la vue, mais elle a le droit de le savoir avant de commencer. On précise aussi : une goutte le soir, et on essuie ce qui coule sur la joue.

Mémo

Pour retenir

Le bimatoprost se résume en trois mots qui commencent par P : Pression (il l’abaisse), Pigmentation (iris, paupières, cils, parfois définitive) et une fois Par jour le soir, jamais plus. Trois P, une goutte.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
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