Dorzolamide
L'essentiel
Collyre destiné à faire baisser la pression intraoculaire dans le glaucome à angle ouvert et l’hypertension oculaire. Il agit localement en réduisant la production d’humeur aqueuse. On le voit souvent en deuxième intention ou en complément, quand un analogue de prostaglandine ou un bêtabloquant ne suffit pas, et fréquemment sous forme d’association fixe (notamment avec le timolol). Traitement de fond, au long cours, qui ne se ressent pas : l’observance est tout l’enjeu.
Posologie
- Adulte (dorzolamide seul) : 1 goutte dans l’oeil atteint 3 fois par jour ; en association à un autre hypotonisant ophtalmique, 1 goutte 2 fois par jour. Respecter la prescription, qui dépend des collyres associés.
- Formes en association (avec timolol) : habituellement 1 goutte 2 fois par jour ; on suit alors la posologie de l’association.
- Espacement des collyres : si plusieurs collyres sont prescrits, le RCP du dorzolamide demande d’attendre au moins 10 minutes entre chacun, pour que le premier ne soit pas chassé par le suivant.
- Technique : 1 seule goutte suffit, l’oeil n’en retient pas davantage ; comprimer doucement l’angle interne de l’oeil 1 à 2 minutes après l’instillation pour limiter le passage général.
- Insuffisance rénale ou hépatique : le dorzolamide est contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale sévère (clairance basse) et demande de la prudence en cas d’atteinte hépatique ; on s’en tient à la prescription et au RCP.
Le dorzolamide est un dérivé sulfamide : un antécédent de réaction grave à un sulfamide est un point de vigilance à signaler, même par voie locale, des réactions générales restant décrites. À écarter aussi en cas d’insuffisance rénale sévère. Et le réflexe lentilles : retirer les lentilles souples avant l’instillation (conservateur), les remettre 15 minutes après.
Interactions
- Autres inhibiteurs de l’anhydrase carbonique (acétazolamide par voie orale) : association non recommandée, on additionne les effets et les risques sans bénéfice démontré.
- Bêtabloquants (formes associées au timolol) : tenir compte du passage systémique du timolol, avec ses propres contre-indications (asthme, bradycardie, troubles de conduction). Le dorzolamide seul n’a pas ce profil.
- Fortes doses de salicylés : le RCP mentionne une vigilance théorique liée à la parenté avec les sulfamides ; cas rare au comptoir mais bon à connaître.
- Multiplicité des collyres : le vrai piège quotidien est l’ordre et l’espacement des instillations, plus que l’interaction pharmacologique au sens strict.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : à éviter sauf nécessité ; les données sont limitées et l’usage relève d’une décision médicale. Toujours renvoyer au prescripteur plutôt que de trancher au comptoir.
- Allaitement : déconseillé en l’absence de données suffisantes sur le passage dans le lait ; avis médical requis si le traitement est jugé indispensable.
Conseils de comptoir
- Insister sur l’observance : le glaucome ne fait pas mal et ne se voit pas, mais la perte de vision, elle, est irréversible. On instille même quand tout va bien.
- Goût amer dans la bouche juste après l’instillation : c’est fréquent et bénin, le collyre passe par le canal lacrymal vers la gorge. Comprimer l’angle interne de l’oeil limite ce désagrément.
- Brûlure, picotement ou larmoiement transitoires à l’instillation sont courants ; une rougeur persistante, une douleur, une baisse de vision ou une gêne oculaire qui dure doivent faire reconsulter.
- Lentilles de contact souples : les retirer avant, les remettre 15 minutes après (le conservateur peut se fixer dessus).
- Plusieurs collyres le même jour : les espacer d’au moins 10 minutes et garder le même ordre, pour que chacun ait le temps d’agir.
- Conservation : vérifier la durée d’utilisation après ouverture indiquée sur le flacon, et ne pas toucher l’embout pour éviter de le contaminer.
- Ne jamais arrêter seul ni partager le flacon ; un suivi ophtalmologique régulier (pression, champ visuel) accompagne le traitement.
Teste-toi
Mémo
Le dorzolamide ferme le robinet : il réduit la production d’humeur aqueuse (l’anhydrase carbonique). Deux réflexes à garder en tête, le S de Sulfamide (parenté allergique) et le goût amer qui passe par les larmes. Et toujours : 1 goutte, 10 minutes entre deux collyres.
À voir aussi
Dans la même aire (Ophtalmo) :
Références bibliographiques
- RCP Dorzolamide, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- HAS, Diagnostic et prise en charge de l'hypertonie oculaire et du glaucome primitif à angle ouvert Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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