Tacrolimus (topique)
L'essentiel
Pommade immunomodulatrice de deuxième intention dans la dermatite atopique modérée à sévère, quand les dermocorticoïdes sont insuffisants, mal tolérés ou peu adaptés. Sa place principale : les zones où l’on hésite à corticoïder longtemps (visage, paupières, cou, plis), car contrairement aux corticoïdes locaux elle n’entraîne pas d’atrophie cutanée. Deux dosages : 0,1 % chez l’adulte, 0,03 % chez l’adulte et l’enfant à partir de 2 ans. C’est un traitement de poussée et d’entretien encadré, pas une crème de confort à appliquer au long cours sans réévaluation.
Posologie
- Adulte : en poussée, application en couche fine sur les lésions deux fois par jour jusqu’à amélioration nette, puis espacement. La forme la plus concentrée (0,1 %) peut être utilisée d’abord, avec relais possible par la 0,03 %. La durée et le schéma exact suivent la prescription et le RCP.
- Enfant (à partir de 2 ans) : uniquement le dosage 0,03 %, deux fois par jour en traitement d’attaque puis réduction. Pas d’usage avant 2 ans.
- Entretien proactif : dans les formes récidivantes, application deux fois par semaine sur les zones habituellement atteintes, sur prescription, pour espacer les poussées.
- Modalités : sur peau propre et sèche, couche fine, se laver les mains après application (sauf si ce sont les mains qui sont traitées). Ne pas appliquer sous pansement occlusif sauf indication médicale, ni sur une peau infectée.
Médicament de deuxième intention et de durée encadrée. Ne jamais l’appliquer sur des lésions infectées (une poussée d’eczéma surinfectée se traite d’abord), ni en cas d’immunodépression. Photoprotection impérative : on évite le soleil et les UV pendant le traitement, et on ne l’associe pas à une photothérapie. Si l’eczéma ne s’améliore pas en quelques semaines, retour vers le prescripteur plutôt que poursuite à l’aveugle.
Interactions
- Alcool : bouffées vasomotrices et rougeur du visage possibles après ingestion d’alcool pendant le traitement. Le signaler : c’est gênant mais bénin.
- Soleil et UV (cabines, photothérapie) : à éviter pendant le traitement ; protéger les zones traitées et privilégier des vêtements couvrants.
- Vaccins, autres immunosuppresseurs : données limitées sur l’application étendue ; en cas de terrain immunodéprimé ou de traitement immunosuppresseur, l’avis du prescripteur prime.
- Autres topiques sur la même zone : espacer les applications et ne pas superposer émollient et pommade au même moment, pour ne pas diluer ni gêner l’absorption.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : par prudence, on évite et on ne l’initie pas sans avis médical. Le passage systémique après application cutanée est faible, mais les données sont limitées : devant une demande chez une femme enceinte, on oriente vers le prescripteur.
- Allaitement : ne pas appliquer sur les seins ou le mamelon pour éviter tout contact avec la bouche du nourrisson. Pour le reste, décision au cas par cas avec le prescripteur ; renvoyer au RCP et à la recommandation en vigueur.
Conseils de comptoir
- Prévenir d’emblée de la sensation de brûlure ou de picotement les premiers jours d’application : c’est très fréquent, transitoire, et cela s’atténue à mesure que la peau cicatrise. Bien expliqué, le patient ne stoppe pas son traitement de panique.
- Couche fine : on ne tartine pas. Une noisette de pommade couvre une large surface ; en mettre plus n’améliore rien et augmente l’inconfort.
- Photoprotection pendant toute la durée du traitement : pas d’UV, pas de bronzage, protection solaire sur les zones traitées exposées.
- Émollients oui, mais à distance de l’application de la pommade (laisser passer un peu de temps), pour ne pas la diluer. La routine émolliente de fond reste la base de la dermatite atopique.
- Garder l’objectif en tête : c’est un traitement de poussée ou d’entretien encadré, réévalué régulièrement par le prescripteur, pas une crème à utiliser indéfiniment sans contrôle.
Teste-toi
Mémo
Le tacrolimus topique, c’est le recours quand le corticoïde ne convient pas : deuxième intention, idéal sur le visage et les paupières (pas d’atrophie), ça brûle au début (transitoire, on rassure), 0,03 % chez l’enfant dès 2 ans, 0,1 % réservé à l’adulte, et on fuit le soleil pendant le traitement.
À voir aussi
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Références bibliographiques
- RCP Tacrolimus pommade, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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