Tacrolimus (topique)

Immunomodulateur local (inhibiteur de la calcineurine) · Liste I · Voie cutanée (pommade)
Boîte illustrative de Tacrolimus (topique), médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
1 / 4 · délivré ponctuellement
Ta maîtriseSur cette molécule : à découvrir
Teste-toi sur la famille Dermato (nouvel onglet)

L'essentiel

Pommade immunomodulatrice de deuxième intention dans la dermatite atopique modérée à sévère, quand les dermocorticoïdes sont insuffisants, mal tolérés ou peu adaptés. Sa place principale : les zones où l’on hésite à corticoïder longtemps (visage, paupières, cou, plis), car contrairement aux corticoïdes locaux elle n’entraîne pas d’atrophie cutanée. Deux dosages : 0,1 % chez l’adulte, 0,03 % chez l’adulte et l’enfant à partir de 2 ans. C’est un traitement de poussée et d’entretien encadré, pas une crème de confort à appliquer au long cours sans réévaluation.

Posologie

  • Adulte : en poussée, application en couche fine sur les lésions deux fois par jour jusqu’à amélioration nette, puis espacement. La forme la plus concentrée (0,1 %) peut être utilisée d’abord, avec relais possible par la 0,03 %. La durée et le schéma exact suivent la prescription et le RCP.
  • Enfant (à partir de 2 ans) : uniquement le dosage 0,03 %, deux fois par jour en traitement d’attaque puis réduction. Pas d’usage avant 2 ans.
  • Entretien proactif : dans les formes récidivantes, application deux fois par semaine sur les zones habituellement atteintes, sur prescription, pour espacer les poussées.
  • Modalités : sur peau propre et sèche, couche fine, se laver les mains après application (sauf si ce sont les mains qui sont traitées). Ne pas appliquer sous pansement occlusif sauf indication médicale, ni sur une peau infectée.
Réflexe sécurité

Médicament de deuxième intention et de durée encadrée. Ne jamais l’appliquer sur des lésions infectées (une poussée d’eczéma surinfectée se traite d’abord), ni en cas d’immunodépression. Photoprotection impérative : on évite le soleil et les UV pendant le traitement, et on ne l’associe pas à une photothérapie. Si l’eczéma ne s’améliore pas en quelques semaines, retour vers le prescripteur plutôt que poursuite à l’aveugle.

Interactions

  • Alcool : bouffées vasomotrices et rougeur du visage possibles après ingestion d’alcool pendant le traitement. Le signaler : c’est gênant mais bénin.
  • Soleil et UV (cabines, photothérapie) : à éviter pendant le traitement ; protéger les zones traitées et privilégier des vêtements couvrants.
  • Vaccins, autres immunosuppresseurs : données limitées sur l’application étendue ; en cas de terrain immunodéprimé ou de traitement immunosuppresseur, l’avis du prescripteur prime.
  • Autres topiques sur la même zone : espacer les applications et ne pas superposer émollient et pommade au même moment, pour ne pas diluer ni gêner l’absorption.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : par prudence, on évite et on ne l’initie pas sans avis médical. Le passage systémique après application cutanée est faible, mais les données sont limitées : devant une demande chez une femme enceinte, on oriente vers le prescripteur.
  • Allaitement : ne pas appliquer sur les seins ou le mamelon pour éviter tout contact avec la bouche du nourrisson. Pour le reste, décision au cas par cas avec le prescripteur ; renvoyer au RCP et à la recommandation en vigueur.

Conseils de comptoir

  • Prévenir d’emblée de la sensation de brûlure ou de picotement les premiers jours d’application : c’est très fréquent, transitoire, et cela s’atténue à mesure que la peau cicatrise. Bien expliqué, le patient ne stoppe pas son traitement de panique.
  • Couche fine : on ne tartine pas. Une noisette de pommade couvre une large surface ; en mettre plus n’améliore rien et augmente l’inconfort.
  • Photoprotection pendant toute la durée du traitement : pas d’UV, pas de bronzage, protection solaire sur les zones traitées exposées.
  • Émollients oui, mais à distance de l’application de la pommade (laisser passer un peu de temps), pour ne pas la diluer. La routine émolliente de fond reste la base de la dermatite atopique.
  • Garder l’objectif en tête : c’est un traitement de poussée ou d’entretien encadré, réévalué régulièrement par le prescripteur, pas une crème à utiliser indéfiniment sans contrôle.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient revient en colère : « Votre pommade, ça brûle dès que je la mets, j'ai arrêté au bout de deux jours. » Tu lui réponds quoi ?
C'est l'effet le plus fréquent du tacrolimus topique, et la première cause d'arrêt prématuré. La sensation de brûlure ou de picotement à l'application est typique des premiers jours et s'estompe en général en moins d'une semaine, à mesure que la peau cicatrise. On rassure, on explique que ce n'est pas une allergie, on conseille la couche fine et, si besoin, de garder la pommade quelques minutes au réfrigérateur avant application pour atténuer la sensation. L'essentiel : ne pas abandonner le traitement sur ce seul motif. Si la gêne est vraiment intolérable ou s'accompagne de signes inhabituels, on oriente vers le prescripteur.

Mémo

Pour retenir

Le tacrolimus topique, c’est le recours quand le corticoïde ne convient pas : deuxième intention, idéal sur le visage et les paupières (pas d’atrophie), ça brûle au début (transitoire, on rassure), 0,03 % chez l’enfant dès 2 ans, 0,1 % réservé à l’adulte, et on fuit le soleil pendant le traitement.

À voir aussi

Ta maîtriseMaintenant que tu as lu la fiche : à découvrir

Références bibliographiques

Consulter le RCP (nouvel onglet)
Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

Cette fiche t’a été utile ?

Retour anonyme, en un clic.