Aténolol

Bêtabloquant cardiosélectif (bêta-1) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Aténolol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Bêtabloquant cardiosélectif (bêta-1) utilisé surtout dans l’hypertension artérielle, l’angor d’effort et certains troubles du rythme, parfois en post-infarctus. Il ralentit le coeur et réduit le travail cardiaque. Hydrophile et largement éliminé par le rein, il passe peu la barrière hémato-encéphalique, ce qui le distingue d’un bêtabloquant lipophile comme le propranolol.

Posologie

  • Adulte (HTA, angor) : en général 50 à 100 mg/jour en une prise, à adapter à la réponse clinique et à la fréquence cardiaque.
  • Prise : une fois par jour, à heure régulière ; avalé avec un verre d’eau, indifféremment par rapport aux repas.
  • Insuffisance rénale : molécule à élimination rénale, espacement des prises ou réduction de dose selon la clairance ; prudence et adaptation chez la personne âgée.
  • Arrêt : jamais brutal ; toute interruption se fait de façon progressive, sur décision médicale.
Réflexe sécurité

Ne jamais arrêter un bêtabloquant d’un coup. Un arrêt brutal expose à un effet rebond (poussée tensionnelle, aggravation d’un angor, troubles du rythme), surtout chez le coronarien. Si un patient parle d’arrêter parce qu’il se sent mieux ou à cause d’effets indésirables, on temporise et on oriente vers le médecin pour une décroissance encadrée.

Interactions

  • Inhibiteurs calciques bradycardisants (vérapamil, diltiazem) : risque de bradycardie sévère et de troubles de la conduction ; association à surveiller, voire déconseillée. L’administration par voie injectable de vérapamil ou diltiazem chez un patient sous aténolol est contre-indiquée hors soins intensifs.
  • Autres bradycardisants (digoxine, antiarythmiques, certains antihypertenseurs centraux) : majoration du risque de bradycardie et de troubles de la conduction ; surveillance clinique. La digoxine est un digitalique, pas un antiarythmique, mais elle ralentit elle aussi le coeur.
  • Antidiabétiques (insuline, sulfamides) : les bêtabloquants peuvent masquer les signes d’hypoglycémie (tremblements, tachycardie), sauf la sueur. À expliquer au patient diabétique.
  • AINS : diminution possible de l’effet antihypertenseur (rétention hydrosodée).
  • Asthme et BPCO sévère : prudence majeure ; même cardiosélectif, l’aténolol peut majorer un bronchospasme. Terrain à signaler au prescripteur.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : un traitement antihypertenseur peut être nécessaire pendant la grossesse, mais l’aténolol n’est pas le bêtabloquant privilégié (risque de retentissement foetal, dont un retard de croissance) ; le choix et la surveillance relèvent du médecin. Ne jamais arrêter de soi-même un traitement cardiologique chez une femme enceinte.
  • Allaitement : passage dans le lait non négligeable pour l’aténolol, avec un risque d’accumulation chez le nourrisson (surtout nouveau-né ou prématuré) ; surveillance du nourrisson (bradycardie, somnolence, difficultés de tétée) et avis médical, d’autres bêtabloquants étant souvent préférés pendant l’allaitement.

Conseils de comptoir

  • Rappeler la règle d’or : on ne stoppe jamais seul un bêtabloquant, on en parle au médecin pour une diminution progressive.
  • Effets fréquents en début de traitement : fatigue, extrémités froides, ralentissement du pouls, parfois étourdissements ; ils s’atténuent souvent, à signaler s’ils gênent ou persistent.
  • Prendre le comprimé chaque jour à la même heure aide à ne pas l’oublier ; en cas d’oubli, ne pas doubler la dose suivante.
  • Chez le patient diabétique, prévenir que les signes d’hypoglycémie peuvent être atténués : surveiller davantage sa glycémie.
  • Devant un pouls très lent, une grande fatigue inhabituelle ou un essoufflement nouveau, orienter vers le médecin.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient hypertendu te dit qu'il a arrêté son aténolol il y a trois jours parce que sa tension était "redevenue normale". Tu fais quoi ?
On explique calmement qu'une tension normalisée veut justement dire que le traitement marche, pas qu'il devient inutile, et qu'un arrêt brutal d'un bêtabloquant peut provoquer un effet rebond (remontée de tension, palpitations, voire aggravation d'un angor chez le coronarien). On l'invite à reprendre contact avec son médecin sans tarder pour décider de la suite ; on ne réinitie rien nous-mêmes, mais on désamorce l'idée fausse et on trace le conseil.

Mémo

Pour retenir

Aténolol, le bêtabloquant en -olol qui passe par le rein (hydrophile) : dose à adapter quand le rein faiblit, et jamais d’arrêt brutal. Trois terrains où on lève le nez : asthme, diabète, bradycardie.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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