Acide acétylsalicylique

Antiagrégant plaquettaire (acide acétylsalicylique à faible dose) · Voie orale
Boîte illustrative de Acide acétylsalicylique, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
4 / 4 · très courant
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L'essentiel

Cette fiche traite l’aspirine dans son usage cardiovasculaire. À faible dose (le plus souvent 75 à 160 mg/jour), l’acide acétylsalicylique agit comme antiagrégant plaquettaire : c’est la pierre angulaire de la prévention cardiovasculaire après un infarctus, un AVC ischémique ou la pose d’un stent, en prise quotidienne au long cours. C’est de loin l’usage le plus fréquent au comptoir. L’« aspirine » du langage courant, c’est la même DCI : acide acétylsalicylique. L’usage antalgique et antipyrétique (forte dose, devenu marginal) fait l’objet d’une fiche distincte.

Posologie

  • Antiagrégant (adulte) : usuellement 75 à 160 mg une fois par jour, en continu. La dose ne fait pas l’effet « plus protecteur » : monter ne sert à rien et augmente le risque hémorragique.
  • Usage antalgique / antipyrétique : il correspond à des doses bien plus élevées et ponctuelles (usage devenu rare) et est traité dans la fiche « aspirine antalgique ». Ne pas le confondre avec la faible dose cardio.
  • Enfant et adolescent : à éviter en automédication, en particulier en contexte de fièvre virale (risque de syndrome de Reye). Réservé à des indications spécialisées encadrées.
  • Modalités de prise : avaler de préférence au cours d’un repas pour limiter l’inconfort digestif ; les formes en sachet se prennent dans un verre d’eau.
Réflexe sécurité

Risque hémorragique permanent. L’effet antiagrégant dure toute la vie de la plaquette (plusieurs jours), même après l’arrêt. Avant une extraction dentaire, une chirurgie ou un geste invasif, ne jamais conseiller d’arrêter de soi-même un traitement cardio : la décision revient au médecin. Vigilance accrue si association à un autre antithrombotique.

Interactions

  • Autres antithrombotiques (anticoagulants, autre antiagrégant) : majoration nette du risque de saignement. Une bithérapie peut être volontaire et justifiée, mais elle se surveille.
  • AINS (ibuprofène et autres) : addition du risque digestif et hémorragique ; l’ibuprofène peut en plus gêner l’effet antiagrégant de l’aspirine à faible dose. Décaler les prises si une coprescription existe, et limiter l’automédication AINS.
  • Méthotrexate : diminution de son élimination, toxicité majorée, surtout aux doses anti-inflammatoires.
  • Corticoïdes : risque accru d’ulcère et de saignement digestif en association.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : contre-indiquée à dose anti-inflammatoire à partir du début du 6e mois (24 semaines d’aménorrhée), risque cardiopulmonaire et rénal fœtal, comme tous les AINS. Une faible dose peut être prescrite et suivie dans des indications obstétricales précises : ne jamais trancher seul au comptoir, renvoyer au prescripteur.
  • Allaitement : à éviter en prises répétées ou à forte dose ; passage dans le lait. Pour un usage ponctuel ou une faible dose, vérifier au cas par cas et orienter vers un avis médical.

Conseils de comptoir

  • Bien faire la différence entre la version cardio (faible dose quotidienne, à vie) et la version antidouleur (forte dose, ponctuelle) : ce n’est pas le même réflexe. Les formes et les dosages ne sont pas interchangeables ; on vérifie toujours le dosage exact de la spécialité présentée (selon le cas sachet de poudre, comprimé ou comprimé gastro-résistant).
  • Signaler tout signe de saignement inhabituel : selles noires, sang dans les urines, hématomes faciles, saignements de nez qui ne s’arrêtent pas. Ce sont les signaux d’alerte à connaître.
  • Tolérance digestive : l’aspirine fragilise la muqueuse de l’estomac. Prise au cours du repas, et on écoute toute douleur épigastrique ou remontée acide persistante ; un antécédent d’ulcère ou de saignement digestif est un vrai point de vigilance.
  • Antécédent d’asthme ou de réaction à un AINS (urticaire, œdème, gêne respiratoire) : à signaler, l’aspirine peut déclencher le même type de réaction. Dans le doute, on n’engage pas une automédication et on oriente.
  • Ne pas conseiller d’AINS en automédication par-dessus une aspirine cardio, et rappeler que l’arrêt avant un soin se décide avec le médecin, jamais sur un coup de tête.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous aspirine cardio 75 mg vient chercher de l'ibuprofène pour un mal de dos. Tu fais quoi ?
On lève le nez. Empiler un AINS sur l'aspirine, c'est cumuler le risque digestif et hémorragique, et l'ibuprofène peut en plus contrarier l'effet antiagrégant attendu. On oriente plutôt vers le paracétamol pour la douleur, on questionne d'éventuels antécédents d'ulcère, et si un AINS reste vraiment nécessaire, on renvoie vers le médecin. L'automédication AINS par-dessus une aspirine cardio n'est pas anodine.

Mémo

Pour retenir

Une molécule, deux doses, deux métiers : petite dose = le sang qui coule moins facilement (antiagrégant, à vie), grosse dose = la douleur et la fièvre (AINS, ponctuel). Et le fil rouge dans les deux cas : ça saigne. Avant tout geste, c’est le médecin qui décide d’arrêter, jamais le comptoir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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