Prasugrel
L'essentiel
Antiagrégant plaquettaire puissant réservé au syndrome coronarien aigu (angor instable, infarctus) pris en charge par angioplastie, toujours en association à l’aspirine (bithérapie antiagrégante). Il appartient à la même famille que le clopidogrel mais agit plus vite et de façon plus prévisible. C’est un traitement initié à l’hôpital après la pose d’un stent : au comptoir, tu le vois surtout en relais de l’ordonnance de sortie.
Posologie
- Adulte : dose de charge unique de 60 mg, puis entretien de 10 mg une fois par jour, en association avec l’aspirine.
- Poids inférieur à 60 kg : entretien réduit à 5 mg/jour ; la dose de 10 mg n’est pas recommandée chez ces patients.
- Âge 75 ans et plus : utilisation généralement déconseillée ; si elle est retenue après évaluation du bénéfice/risque, l’entretien est de 5 mg/jour.
- Modalités : une prise par jour, avec ou sans aliments, à heure régulière. Ne jamais arrêter la bithérapie sans avis cardiologique : risque de thrombose du stent.
Un antécédent d’AVC ou d’AIT est une contre-indication absolue au prasugrel : le risque d’hémorragie, notamment intracrânienne, devient majeur. Devant une ordonnance de prasugrel, le réflexe est de rester attentif au terrain hémorragique et de vérifier l’absence d’antécédent neurovasculaire.
Interactions
- Aspirine : association voulue et indissociable (bithérapie), mais le risque hémorragique des deux molécules s’additionne.
- Anticoagulants (AVK, AOD, héparines) : majoration franche du risque de saignement ; toute association doit être encadrée par le prescripteur.
- Autres antiagrégants et AINS : risque hémorragique accru ; rester vigilant sur l’automédication antalgique au comptoir.
- Chirurgie ou geste invasif : l’arrêt se discute toujours avec le cardiologue, jamais à l’initiative du patient.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : données cliniques insuffisantes ; utilisation envisagée seulement si le bénéfice maternel l’emporte sur le risque pour le fœtus. En pratique, situation très rare vu l’indication. Toujours s’en remettre au RCP et à l’avis spécialisé.
- Allaitement : données insuffisantes, passage dans le lait non documenté de façon fiable ; l’utilisation n’est pas recommandée pendant l’allaitement.
Conseils de comptoir
- Ne jamais interrompre le traitement de soi-même : l’arrêt prématuré de la bithérapie expose à la thrombose du stent, un événement grave. Tout arrêt passe par le cardiologue.
- Surveiller les signes de saignement et les signaler : ecchymoses inhabituelles, saignements de nez ou de gencives prolongés, sang dans les urines ou les selles, selles noires.
- Avant tout soin dentaire ou chirurgie, prévenir le praticien que le patient est sous prasugrel ; un arrêt d’au moins 7 jours est nécessaire si l’effet antiagrégant doit être levé, et il se décide avec le cardiologue.
- Pour la douleur, orienter vers le paracétamol plutôt que vers un AINS ou l’aspirine d’automédication, qui aggravent le risque hémorragique.
- Rappeler de garder sur soi l’information du traitement (carte ou mention) en cas d’urgence ou d’accident.
Teste-toi
Mémo
Prasugrel = antiagrégant puissant du stent, toujours avec l’aspirine. Trois garde-fous tiennent en une phrase : jamais d’AVC/AIT dans les antécédents (contre-indication absolue), dose réduite à 5 mg si poids < 60 kg ou âge ≥ 75 ans, et arrêt 7 jours avant la chirurgie, sur décision du cardiologue.
À voir aussi
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Références bibliographiques
- RCP Prasugrel, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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