Zopiclone
L'essentiel
Hypnotique apparenté aux benzodiazépines (famille des « Z-drugs », comme le zolpidem), indiqué dans le traitement de courte durée de l’insomnie occasionnelle ou transitoire de l’adulte. Il agit sur les mêmes récepteurs que les benzodiazépines, d’où des effets et des précautions très proches. Ce n’est pas un traitement de fond du sommeil : la prescription est limitée dans le temps, l’objectif est de passer un cap, pas d’installer une habitude.
Posologie
- Adulte : dose usuelle de l’ordre de 7,5 mg en une prise unique, juste avant le coucher. La posologie et la décision de traiter relèvent du prescripteur.
- Sujet âgé, insuffisance hépatique ou respiratoire modérée : dose réduite (de l’ordre de 3,75 mg, soit la moitié) pour limiter le risque de chute et d’accumulation ; toujours se fier à la posologie de l’ordonnance.
- Durée : traitement le plus court possible, sevrage inclus, sans dépasser 4 semaines. La prescription des hypnotiques apparentés est encadrée et la durée est limitée par la réglementation.
- Prise au moment du coucher, en réservant ensuite un temps de sommeil suffisant (de l’ordre de 7 à 8 heures) avant toute activité demandant de la vigilance.
Comme toutes les « Z-drugs », la zopiclone expose à un risque de dépendance, de tolérance et de sevrage, d’autant plus marqué que le traitement se prolonge ou que les doses augmentent. Le réflexe numéro un au comptoir : repérer les renouvellements qui s’éternisent au-delà de la durée prévue, les demandes rapprochées ou les associations à risque. L’arrêt après plusieurs semaines doit être progressif, jamais brutal (risque d’insomnie rebond et de syndrome de sevrage). Vigilance particulière chez le sujet âgé : somnolence, confusion et chutes.
Interactions
- Alcool : association déconseillée. L’alcool majore la sédation et l’altération de la vigilance, et augmente le risque de comportements complexes pendant le sommeil (déambulation, conduite automatique sans souvenir).
- Opioïdes (antalgiques, traitements de substitution, antitussifs) : addition de dépression du système nerveux central et respiratoire, avec risque vital en cas de cumul. Association à n’utiliser qu’avec prudence et sous contrôle médical.
- Autres dépresseurs du SNC (benzodiazépines, autres hypnotiques, sédatifs, certains antihistaminiques, antalgiques centraux) : majoration de la sédation et de la somnolence diurne.
- Inhibiteurs et inducteurs enzymatiques (certains antifongiques azolés, macrolides, antirétroviraux, millepertuis) : modification des concentrations de zopiclone, donc de son effet.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : à éviter, surtout en fin de grossesse. Un usage prolongé ou une prise proche de l’accouchement expose le nouveau-né à une sédation, une hypotonie et des signes de sevrage. Toute situation se discute avec le prescripteur ; orienter au besoin vers les ressources de référence sur le médicament et la grossesse.
- Allaitement : passage dans le lait. L’allaitement est déconseillé pendant le traitement ; si une prise est jugée nécessaire, surveiller chez le nourrisson la somnolence et la prise alimentaire, et en discuter avec le médecin.
Conseils de comptoir
- Rappeler que c’est un traitement de dépannage, pour passer un cap : on l’utilise sur la durée la plus courte possible et on prépare l’arrêt dès le départ.
- Garder en tête les situations où la zopiclone n’a pas sa place : insuffisance respiratoire sévère, syndrome d’apnée du sommeil et myasthénie sont des contre-indications. En cas de doute sur le terrain, on vérifie et on échange avec le prescripteur.
- Prévenir de l’effet sur la vigilance le lendemain matin (somnolence résiduelle) : prudence pour conduire ou utiliser des machines, surtout en début de traitement et chez le sujet âgé.
- Le goût amer ou métallique dans la bouche est un effet très fréquent et sans gravité : prévenir évite l’inquiétude et l’arrêt injustifié. Une bouche sèche est aussi possible.
- Pas d’alcool pendant le traitement, et signaler tout comportement nocturne inhabituel rapporté par l’entourage (déambulation, prise d’aliments sans souvenir).
- Soigner l’hygiène de sommeil en parallèle (horaires réguliers, écrans, caféine, environnement) : c’est ce qui permet de se passer du médicament. Chez la personne âgée, rester attentif au risque de chute nocturne.
Teste-toi
Mémo
Les deux « Z » de l’insomnie, à ne pas mélanger : zolpidem et zopiclone, deux hypnotiques apparentés. Et pour la sécurité de la classe, on pense « court et décroissant » : courte durée (4 semaines maximum, sevrage inclus), arrêt progressif, méfiance sur l’alcool et les opioïdes, et chez la personne âgée on surveille les chutes.
À voir aussi
Hypnotiques apparentés (Z-drugs) :
Et dans la même aire (Neuro-psy) :
Références bibliographiques
- RCP Zopiclone, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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