Vildagliptine
L'essentiel
Antidiabétique oral du diabète de type 2, prescrit le plus souvent en deuxième intention, en association à la metformine quand celle-ci ne suffit plus, ou en monothérapie si la metformine n’est pas tolérée. La vildagliptine inhibe la DPP-4, prolonge l’action des incrétines (GLP-1, GIP) et stimule la sécrétion d’insuline de façon glucose-dépendante, ce qui explique un faible risque d’hypoglycémie quand elle est utilisée seule. Effet neutre sur le poids. On la retrouve souvent en association fixe avec la metformine sur la même ordonnance.
Posologie
- Adulte : usuellement 50 mg deux fois par jour (matin et soir), soit 100 mg/jour, en association à la metformine ou en monothérapie.
- Avec un sulfamide hypoglycémiant : la vildagliptine se prend à 50 mg une fois par jour (le matin) ; au-delà, aucun bénéfice supplémentaire dans cette association.
- Insuffisance rénale modérée, sévère ou terminale : dose réduite à 50 mg une fois par jour ; à utiliser selon le RCP.
- Modalités de prise : avalée indifféremment par rapport aux repas, à heures régulières.
Surveillance hépatique. Un bilan des transaminases est recommandé avant l’instauration, puis tous les trois mois la première année et régulièrement ensuite. Devant des signes évocateurs d’atteinte hépatique (fatigue inhabituelle, ictère, urines foncées, nausées persistantes), orienter vers le médecin sans attendre. La vildagliptine ne doit pas être utilisée en cas d’insuffisance hépatique ou de transaminases élevées au départ.
Interactions
- Sulfamides hypoglycémiants (gliclazide, glimépiride…) : majoration du risque d’hypoglycémie ; dans cette association, la vildagliptine se prend à 50 mg une fois par jour et la dose du sulfamide peut elle-même être réduite.
- Insuline : en association, surveillance glycémique renforcée, le risque d’hypoglycémie augmente.
- IEC : signalements d’un risque accru d’angio-œdème lors de l’association ; rester attentif aux gonflements du visage ou de la gorge.
- Globalement peu d’interactions pharmacocinétiques : la vildagliptine n’est pas un substrat ni un inhibiteur notable des cytochromes, ce qui limite les croisements, mais ne dispense jamais de l’analyse d’ordonnance.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : non recommandée. Les données chez la femme enceinte sont insuffisantes ; en cas de projet de grossesse ou de grossesse découverte, le traitement du diabète est réévalué par le médecin (l’insuline reste la référence pendant la grossesse).
- Allaitement : à éviter. Le passage dans le lait n’est pas documenté de façon rassurante ; on oriente vers le médecin pour une alternative.
Conseils de comptoir
- Bien rappeler que ce n’est pas un coupe-faim ni un médicament pour maigrir : c’est un antidiabétique, l’effet sur le poids est neutre.
- Seule, la vildagliptine fait peu d’hypoglycémies ; le risque grimpe dès qu’un sulfamide ou de l’insuline s’ajoute. Vérifier que le patient sait reconnaître et resucrer une hypo dans ce cas.
- Tolérance digestive globalement bonne ; des nausées, des céphalées ou des sensations vertigineuses peuvent survenir au début et s’estompent souvent.
- Comme avec toute la classe des gliptines, de rares cas de pancréatite aiguë ont été rapportés : une douleur abdominale intense et persistante, surtout si elle irradie dans le dos, doit faire consulter.
- Ne pas arrêter de soi-même : l’équilibre du diabète repose sur la régularité ; tout changement passe par le médecin.
Teste-toi
Mémo
Le suffixe -gliptine signe la classe des inhibiteurs de la DPP-4. Deux réflexes à garder en tête : le foie (surveillance des transaminases) et le sulfamide (qui fait passer à une seule prise par jour et réveille le risque d’hypoglycémie).
À voir aussi
Inhibiteurs de la DPP-4 (gliptines) :
Et dans la même aire (Endocrino-diabéto) :
Références bibliographiques
- RCP Vildagliptine, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- HAS, Stratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2 Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
Cette fiche t’a été utile ?
Retour anonyme, en un clic.
Merci pour ton retour !
Tu as déjà donné ton retour sur cette page. Merci !
L’envoi n’a pas abouti. Réessaie dans un moment.