Telmisartan

Sartan (antagoniste des récepteurs de l'angiotensine II, ARA II) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Telmisartan, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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Teste-toi sur la famille Cardio (nouvel onglet)

L'essentiel

Antihypertenseur de la famille des sartans, indiqué dans l’hypertension artérielle essentielle et la réduction du risque cardiovasculaire chez certains patients à haut risque. Il bloque les récepteurs de l’angiotensine II : même finalité que les IEC (les molécules en -pril), mais sans la toux sèche, ce qui en fait souvent l’alternative quand un IEC n’est pas toléré. Sa demi-vie longue permet une seule prise par jour.

Posologie

  • Adulte (HTA) : le plus souvent 40 mg en une prise par jour, ajustable dans une fourchette usuelle de 20 à 80 mg/jour selon la réponse tensionnelle.
  • Prise : une fois par jour, à heure régulière, avec ou sans aliments. La pleine efficacité tensionnelle s’installe progressivement sur quelques semaines.
  • Insuffisance hépatique : prudence et doses basses ; contre-indiqué en cas d’atteinte hépatique sévère ou d’obstruction biliaire (élimination essentiellement biliaire).
  • Insuffisance rénale, sujet âgé : surveillance de la fonction rénale et du potassium ; pas d’adaptation systématique mais vigilance accrue. Se reporter au RCP pour les modalités précises.
Réflexe sécurité

Contre-indiqué pendant la grossesse, surtout aux 2e et 3e trimestres (toxicité fœtale et néonatale : atteinte rénale, oligoamnios). Chez une femme en âge de procréer, on s’assure du moyen de contraception et on alerte si un projet ou un doute de grossesse apparaît : le traitement doit alors être réévalué sans délai par le médecin.

Interactions

  • Autres bloqueurs du système rénine-angiotensine (IEC, aliskiren) : la double, voire triple, association expose à l’hyperkaliémie, à l’hypotension et à l’insuffisance rénale, sans bénéfice démontré. L’association à l’aliskiren est contre-indiquée chez le diabétique et l’insuffisant rénal, et déconseillée sinon. Un sartan et un IEC sur la même ordonnance doivent faire réagir.
  • Diurétiques épargneurs de potassium, sels de potassium : risque d’hyperkaliémie additive, surtout chez l’insuffisant rénal.
  • AINS : la fameuse triade « sartan + diurétique + AINS » majore le risque d’insuffisance rénale aiguë, en particulier chez le sujet âgé ou déshydraté. À repérer même avec un AINS pris en automédication.
  • Lithium : risque de surdosage en lithium (réduction de son élimination) ; surveillance de la lithémie si l’association est maintenue.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : contre-indiqué, particulièrement aux 2e et 3e trimestres. En cas de désir de grossesse ou de grossesse découverte sous traitement, le médecin remplace le sartan par un antihypertenseur compatible. Ne jamais laisser une patiente l’arrêter ou le poursuivre seule.
  • Allaitement : déconseillé faute de données suffisantes ; d’autres antihypertenseurs mieux documentés sont privilégiés pendant l’allaitement. Orienter vers le médecin pour le choix.

Conseils de comptoir

  • Rappeler que l’effet sur la tension est progressif : ce n’est pas un médicament « qui se sent », d’où l’importance de ne pas l’arrêter parce qu’on se sent bien.
  • Globalement bien toléré ; les effets parfois rapportés sont des vertiges ou une sensation de tête légère, surtout en début de traitement ou lors d’un changement de position (lever en douceur).
  • Sensibiliser au piège de l’automédication par AINS et au risque de déshydratation (forte chaleur, gastro, fièvre) : en cas d’épisode aigu, conseiller de boire et d’en parler au médecin, car la fonction rénale peut décrocher.
  • En cas de prise concomitante de potassium ou de sel de régime « allégé en sodium » (souvent enrichi en potassium), le signaler : cela compte dans le risque d’hyperkaliémie.
  • Oubli d’une prise : prendre dès que possible dans la journée, mais ne jamais doubler la dose le lendemain.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente sous telmisartan depuis deux ans t'annonce, ravie, qu'elle est enceinte de quelques semaines. Tu fais quoi ?
On ne dramatise pas, mais c'est une vraie alerte : les sartans sont contre-indiqués pendant la grossesse, surtout aux 2e et 3e trimestres. Le bon réflexe : ne pas lui dire d'arrêter brutalement seule, mais l'inviter à contacter son médecin très rapidement pour remplacer le telmisartan par un antihypertenseur compatible avec la grossesse. On tracera le conseil et on reste disponible.

Mémo

Pour retenir

Le suffixe -sartan signe la classe des ARA II : ils font le travail des IEC (les -pril) mais sans la toux. Et le réflexe qui sauve : un -sartan et la grossesse ne vont pas ensemble.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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