Olmésartan

Sartan (antagoniste des récepteurs de l'angiotensine II, ARA II) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Olmésartan, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
Ta maîtriseSur cette molécule : à découvrir
Teste-toi sur la famille Cardio (nouvel onglet)

L'essentiel

Antihypertenseur de la famille des sartans (ARA II), prescrit dans l’hypertension artérielle essentielle de l’adulte. Il bloque l’action de l’angiotensine II sur ses récepteurs, ce qui entraîne une vasodilatation et une baisse de la pression artérielle. Même logique d’action qu’un IEC (suffixe en -pril), mais sans la toux sèche caractéristique : c’est souvent l’alternative proposée quand un IEC est mal toléré. Se rencontre en monothérapie ou en association fixe (avec un diurétique thiazidique ou un inhibiteur calcique).

Posologie

  • Adulte : une prise par jour, le plus souvent 10 à 40 mg/jour selon la réponse tensionnelle. On débute en général à la dose la plus basse, puis on adapte à distance (l’effet plein s’installe en quelques semaines).
  • Sujet âgé : initiation prudente, surveillance de la tension et de la fonction rénale ; pas d’adaptation systématique mais on reste vigilant.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : prudence, dose maximale réduite dans les atteintes modérées ; se référer au RCP, contre-indiqué dans certaines situations sévères.
  • Modalités de prise : à heure fixe, avec ou sans aliments ; reprendre simplement à l’heure habituelle en cas d’oubli, sans doubler la dose.
Réflexe sécurité

Grossesse : les sartans sont contre-indiqués aux 2e et 3e trimestres (fœtotoxicité) et déconseillés au 1er trimestre. Concrètement, chez une femme en âge de procréer, on garde l’œil ouvert : si une grossesse débute ou est envisagée, on n’arrête pas le traitement de soi-même mais on oriente vers le médecin pour le remplacer par un antihypertenseur compatible. On trace l’intervention.

Interactions

  • Autres bloqueurs du système rénine-angiotensine (IEC, aliskiren) : la double association est déconseillée, voire contre-indiquée (avec l’aliskiren chez le diabétique ou l’insuffisant rénal) : risque d’hyperkaliémie, d’hypotension, d’atteinte rénale.
  • Diurétiques épargneurs de potassium, sels de régime, suppléments de potassium : risque d’hyperkaliémie, surveillance de la kaliémie.
  • AINS : trio à risque rénal (le fameux « triple whammy » sartan + diurétique + AINS), surtout chez le sujet âgé ou déshydraté ; baisse de l’effet antihypertenseur et risque d’insuffisance rénale aiguë.
  • Lithium : risque de surdosage en lithium, surveillance de la lithémie.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : contre-indiqué aux 2e et 3e trimestres, déconseillé au 1er. Toxicité fœtale et néonatale démontrée aux 2e et 3e trimestres (atteinte rénale, oligoamnios, troubles de l’ossification). En cas de désir de grossesse ou de grossesse découverte, le traitement doit être réévalué et remplacé par le médecin.
  • Allaitement : déconseillé faute de données suffisantes ; d’autres antihypertenseurs mieux documentés sont privilégiés pendant cette période. Renvoyer au médecin pour le choix.

Conseils de comptoir

  • Bien expliquer que c’est un traitement de fond : la tension ne se « sent » pas, on ne l’arrête pas parce qu’on va bien. La régularité fait tout l’effet.
  • Les premiers jours, possible sensation de vertige ou d’étourdissement (baisse de tension), surtout en se levant : se lever doucement, prévenir si ça persiste.
  • Rappeler de surveiller la tension à domicile si un appareil est disponible, et de ne pas interrompre seul même en cas de tension « normale ».
  • L’olmésartan est globalement bien toléré ; rares troubles digestifs. Signaler toute diarrhée sévère et chronique avec perte de poids (entéropathie rare décrite spécifiquement avec cette molécule, qui doit faire reconsulter).
  • Attention aux situations de déshydratation (forte chaleur, gastro, diarrhée) : associé à un diurétique et/ou un AINS, le risque rénal augmente. En cas de mésusage suspecté, orienter vers le médecin.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente sous olmésartan t'annonce au comptoir qu'elle est enceinte de quelques semaines. Tu fais quoi ?
C'est une situation à prendre au sérieux : les sartans sont contre-indiqués aux 2e et 3e trimestres et déconseillés au 1er, avec une toxicité fœtale réelle. On ne dramatise pas mais on n'attend pas non plus : on lui explique que ce traitement doit être réévalué rapidement, on l'oriente vers son médecin (ou sa sage-femme) pour un changement d'antihypertenseur compatible, et on l'invite à ne pas arrêter brutalement de son côté sans avis. On trace l'intervention.

Mémo

Pour retenir

Les DCI en -sartan = les ARA II, cousins des -pril (IEC) mais sans la toux. Le réflexe numéro un reste le même que pour tous les bloqueurs du système rénine-angiotensine : jamais pendant la grossesse, et attention au trio rénal sartan + diurétique + AINS.

À voir aussi

Ta maîtriseMaintenant que tu as lu la fiche : à découvrir

Références bibliographiques

Consulter le RCP (nouvel onglet)
Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

Cette fiche t’a été utile ?

Retour anonyme, en un clic.