Sertraline
L'essentiel
Antidépresseur de première intention dans l’épisode dépressif caractérisé et plusieurs troubles anxieux : trouble panique, anxiété sociale, trouble obsessionnel compulsif, état de stress post-traumatique. Bonne tolérance d’ensemble et profil d’interactions plutôt favorable au sein des ISRS (faible effet inhibiteur enzymatique aux doses usuelles), ce qui en fait souvent un choix de référence, y compris chez le sujet âgé ou avec comorbidités. Comme tous les antidépresseurs, l’effet sur l’humeur s’installe progressivement, sur deux à quatre semaines.
Posologie
- Adulte : instauration à faible dose puis augmentation progressive selon la réponse, le plus souvent dans une fourchette de 50 à 200 mg/jour en une prise. Se conformer à la titration prévue par le prescripteur.
- Sujet âgé : mêmes fourchettes que l’adulte, mais prudence et titration plus lente.
- Enfant et adolescent : usage restreint, réservé à des indications précises et à une prescription spécialisée ; pas une initiation de comptoir.
- Insuffisance hépatique : doses réduites et espacées, la sertraline étant largement métabolisée par le foie.
- Modalités de prise : une fois par jour, à heure fixe, au cours ou en dehors des repas ; plutôt le matin si elle stimule, le soir si elle endort, selon le ressenti.
Jamais d’arrêt brutal : l’interruption soudaine expose à un syndrome de sevrage (vertiges, sensations de décharge électrique, irritabilité, troubles du sommeil). L’arrêt se fait toujours par diminution progressive, encadrée par le prescripteur. Et en début de traitement, surveiller un éventuel creusement de l’humeur ou des idées noires, surtout chez le sujet jeune lors des premières semaines.
Interactions
- Autres sérotoninergiques (IMAO, triptans, tramadol, lithium, millepertuis, autres antidépresseurs) : risque de syndrome sérotoninergique (agitation, sueurs, tremblements, fièvre). Association avec un IMAO contre-indiquée, avec un délai de fenêtre à respecter dans les deux sens.
- Anticoagulants et antiagrégants (AVK, AOD, aspirine, AINS) : majoration du risque hémorragique, en particulier digestif ; vigilance accrue si plusieurs sont associés.
- Médicaments allongeant le QT : prudence, surtout chez le sujet âgé ou polymédiqué.
- Millepertuis (automédication, phytothérapie) : à rechercher activement, il s’ajoute à l’effet sérotoninergique et peut passer inaperçu à l’interrogatoire.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : la sertraline fait partie des ISRS les mieux documentés et peut être poursuivie si elle est nécessaire à l’équilibre maternel, après évaluation du rapport bénéfice/risque par le médecin. Ne jamais arrêter de soi-même : se référer au prescripteur et, au besoin, au CRAT.
- Allaitement : passage faible dans le lait ; la sertraline est l’un des ISRS considérés comme compatibles. Surveiller le nourrisson (sommeil, prise alimentaire, comportement) et orienter vers le médecin en cas de doute.
Conseils de comptoir
- Rassurer sur le délai d’action : l’effet sur l’humeur met deux à quatre semaines à s’installer, il ne faut pas conclure trop vite à un échec ni arrêter de son propre chef.
- Effets des premiers jours souvent transitoires : nausées, maux de tête, troubles du sommeil, parfois une nervosité passagère ; ils s’atténuent généralement et justifient rarement l’arrêt.
- Prévenir que l’alcool est déconseillé et qu’il peut majorer la somnolence et masquer l’effet du traitement.
- Encourager à ne pas interrompre seul, même en cas d’amélioration : l’arrêt se planifie avec le médecin, par paliers.
- Orienter sans dramatiser mais sans attendre vers le prescripteur ou le médecin en cas d’aggravation de l’humeur, d’idées noires ou de comportement inhabituel, surtout en début de traitement.
Teste-toi
Mémo
Trois réflexes sertraline : on attend (l’effet vient en 2 à 4 semaines), on ne stoppe pas net (sevrage : diminution progressive), on traque le sérotoninergique caché (tramadol, triptans, millepertuis) et le risque de saignement avec AINS/aspirine.
À voir aussi
Antidépresseurs ISRS et apparentés :
Références bibliographiques
- RCP Sertraline, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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