Ramipril

Inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Ramipril, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
4 / 4 · très courant
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L'essentiel

IEC très utilisé au comptoir, indiqué dans l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque, après un infarctus du myocarde et en prévention cardiovasculaire chez les patients à haut risque. Il bloque la formation d’angiotensine II : baisse de la pression artérielle et protection rénale et cardiaque au long cours. Le suffixe -pril signe la classe des IEC.

Posologie

  • Adulte : dose initiale faible (souvent autour de 1,25 à 2,5 mg/jour) puis augmentation progressive par paliers selon la tolérance et l’indication ; dose d’entretien usuelle de quelques milligrammes par jour, en une prise. Se référer au RCP pour chaque situation.
  • Initiation et titration : on commence bas et on monte par paliers, surtout chez le sujet âgé, l’insuffisant cardiaque ou le patient déjà sous diurétique (risque d’hypotension de première dose).
  • Insuffisance rénale : adaptation de la dose selon la fonction rénale ; surveillance de la créatinine et de la kaliémie.
  • Modalités de prise : une prise par jour, à heure régulière, avec ou sans aliments. Comprimé à avaler avec un verre d’eau.
Réflexe sécurité

Toux sèche persistante et risque d’angioœdème : ce sont les signatures des IEC. Devant un gonflement du visage, des lèvres, de la langue ou de la gorge, c’est une urgence, arrêt immédiat et orientation. Contre-indication absolue pendant la grossesse (2e et 3e trimestres surtout) et antécédent d’angioœdème sous IEC.

Interactions

  • Diurétiques épargneurs de potassium, sels de potassium, sartans : risque d’hyperkaliémie, surveillance de la kaliémie.
  • AINS : baisse de l’effet antihypertenseur et risque d’insuffisance rénale aiguë, surtout chez le sujet âgé ou déshydraté (la fameuse triade IEC + diurétique + AINS).
  • Diurétiques : risque d’hypotension à l’instauration ; débuter à faible dose.
  • Lithium : augmentation de la lithémie, surveillance nécessaire.
  • Sacubitril/valsartan : association contre-indiquée, risque majoré d’angioœdème ; un délai d’au moins 36 heures est requis entre l’arrêt de l’IEC et le relais.
  • Gliptines (antidiabétiques) : majoration du risque d’angioœdème bradykinique en association avec un IEC, à prendre en compte (signal ANSM). Penser aussi à la majoration de l’effet hypoglycémiant des antidiabétiques sous IEC.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : contre-indiqué, en particulier aux 2e et 3e trimestres (toxicité fœtale et néonatale : atteinte rénale, oligoamnios) ; déconseillé dès le 1er trimestre, à arrêter dès qu’une grossesse est connue. Chez une patiente en âge de procréer, sensibiliser à la contraception et signaler tout projet ou retard de règles pour réévaluer le traitement.
  • Allaitement : déconseillé, surtout chez le nouveau-né et le prématuré ; d’autres antihypertenseurs mieux documentés sont préférés. Renvoyer au prescripteur si la situation se présente.

Conseils de comptoir

  • Toux sèche tenace sans fièvre sous IEC : ce n’est pas un rhume, c’est un effet de classe possible. Inviter à en parler au médecin plutôt qu’à enchaîner les antitussifs.
  • Sensations de vertige ou de tête qui tourne en début de traitement ou après augmentation de dose : se lever doucement, surtout le sujet âgé ; rassurer, cela s’estompe souvent.
  • Rappeler de ne pas associer spontanément des AINS (automédication anti-inflammatoire) ni des sels de régime riches en potassium : deux pièges fréquents au comptoir.
  • Insister sur l’observance : un antihypertenseur se prend tous les jours, même quand on se sent bien ; ne pas l’arrêter seul.
  • Prise de tension et bilan biologique (rein, potassium) font partie du suivi : encourager à honorer les contrôles prescrits.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous ramipril depuis trois semaines te dit qu'il a une petite toux sèche qui ne le lâche pas, surtout la nuit, et te demande un sirop. Tu fais quoi ?
Avant de proposer un antitussif, on pense à l'effet de classe des IEC : la toux sèche, sans expectoration ni fièvre, est un effet indésirable classique du ramipril, qui peut apparaître après quelques jours à quelques semaines. On ne change rien soi-même, mais on explique le lien possible et on invite le patient à en parler à son médecin, qui pourra envisager un relais par un sartan si la toux est gênante. Un sirop ne réglera pas une toux d'origine médicamenteuse.

Mémo

Pour retenir

Tous les -pril sont des IEC. Et les deux ennuis à guetter tiennent en deux mots qui commencent par A : Angioœdème (urgence) et… la toux qui fait dire « Ahem ». À quoi s’ajoutent les deux contre-indications réflexes : grossesse et antécédent d’angioœdème.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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